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SUR LA DESTITUTION DE L'ÉVÊQUE DE LAON

de toute l’administration et gouvernement de nosdictes finances en nosdits pays et duchié ». Ainsi s'exprime Charles VII dans un mandement destiné à faire rendre aux habitants de Cordes entière et définitive justice (du 4 novembre 1441). C'est donc en août 1440 que le général des finances a dû être frappé de destitution.

On peut, à l’aide d’autres sources, corroborer l’assertion qui précède, la préciser davantage et montrer dans quelles circonstances la destitution fut prononcée.

Il y à un rapport évident entre les troubles de la Praguerie et cet acte de vigueur plusieurs fois différé. De la fin de juin au 45 juillet, le roi a reçu en grâce le duc d'Alençon, le dauphin et plusieurs autres conjurés. Il reste maître du terrain.

Dès le 5 juillet, il a nommé lieutenant général en Languedoc et en Guyenne Charles d'Anjou, comte du Maine, son beau-frère, qui avait sa confiance et qui la méritait (4. L., t. X, pr. no 876). Le 43 août, à Saint-Pourçain, se présentent devant lui les députés de Languedoc, qui depuis plus de six mois attendaient audience. En compagnie de Charles d'Anjou et d’autres grands personnages, il écoute leurs doléances, exposées en latin par Bernard de Rosergue. L'orateur a pris soin d'y glisser un éloge de l’évèque de Laon, qui a, dit-il, délivré des routiers la sénéchaussée de Carcassonne, à grands frais, avec beaucoup de peine, « comme votre bon et fidèle serviteur » (Thomas, Le Midi et les États généraux sous Charles VII, dans les Annales du Midi, ann. 1892, p. 22). Ces quelques mots sont signi-

ficatifs ; ils prouvent que les intentions du roi à l'égard de l’évêque avaient transpiré, mais que rien de définitif n’était encore fait. Charles VII répond en prenant des engagements qui malheureusement ne nous sont pas connus, sauf un seul concernant l’abolition

des réformateurs. En revanche, nous pouvons énumérer une série de

mesures qui ont été prises à la suite de cette entrevue.

Le 15 août, le comte du Maïne nomme Tanguy du Châtel son lieutenant en Languedoc et lui donne la charge de défendre les habitants du pays contre les Anglais et gens de compagnie (Bibl. Nat., Collect. de Languedoc, 89, fo 227). Cest alors, ou peu de jours après, que

l’évêque est remplacé dans les fonctions de général des finances par

le même Tanguy du Châtel et par l’évêque de Maillezais, conseiller du comte du Maine. Des lettres du 15 décembre 1440 montrent qu'alors tous deux les remplissaient « puis aucun temps en ça », en vertu d’autres lettres patentes, « et pour les causes contenues en * icelles » (Bibl. Nat., fr. 25710, no 134. — Cf. 20594, fo 84). Or, ils

étaient en Languedoc, sans doute au même titre, avant le 7 novembre (Ibid., Collect. de Languedoc, 89, fo 232), et ce sont eux évidemment qui s’intitulent généraux des finances dans des lettres du 30 septembre 4440 données à l'occasion des États de Montpellier (4. L., t. X, pr. n° 87). Ils sont venus du Berry; ils ont assisté à l’assemblée. Tant en voyage qu’en session, ils ont dû passer plus d’un mois, ce qui reporte à la seconde quinzaine d'août la date de leur nomination et, par conséquent, celle de la destitution de Guillaume de Champeaux.

En même temps est révoqué Macé Héron, qui était encore, au 5 juillet, trésorier et receveur général des finances en Languedoc et Guyenne (A. L.,t. X, no 876). Il a pour successeur Étienne Petit, que des lettres du 10 avril 1441 (Bibl. Nat., Pièces orig., 2248 ; dossier 50962 : Perir) qualifient de « nagaires (c’est-à-dire depuis peu) commis à la recette générale de toutes finances » en Languedoc et en Guyenne. Petit était déjà en fonctions le 15 décembre 1440 (7bid., fr. 25709, no 134); tout fait croire qu’il y est entré lorsque Tanguy du Chastel et l’évêque de Maillezais sont devenus généraux des finances. Il a reçu l’aide octroyée à Montpellier, en septembre 1440 (Zbid., fr. 25968, n° 695). S'il est qualifié simplement de « commis », c’est qu'il ne peut, dit le roi, « distribuer les deniers de sa recette, sinon par les descharges de nostre amé et feal Jehan de Xaincoins, receveur general de toutes nos finances tant en Languedoil comme en Languedoc. »

C’est un indice entre beaucoup d’autres que, dans le remaniement complet que la haute administration de Languedoc a éprouvé en août

1440, les changements de fond ont été plus importants encore que.

ceux des personnes.

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