Rossignol, Monogr. commun. du Tarn, t. IV, pp
3. Affre, Lettres sur l’hist, de l'arr. d’Espalion, t. I, p. 90. Enquête de 1558. Long récit des exactions commises par les seigneurs : ils prennent tout sans # * payer, contraignent les gens à travailler pour eux sans jamais leur allouer de
salaire, forcent leurs sujets à leur octroyer des subsides, à leur prêter de l’argent, à faire guet et garde au château.
barons l’emportent : ils changent en tenanciers les propriétaires d’alleux, abolissent l’emphytéose et décuplent les censives !.
Mais il en est tout autrement dans le pays des trois séné chaussées, Toulouse, Carcassonne et Nimes, où les villes ont prospéré, où la bourgeoisie gouverne. Ici la noblesse, à part un petit nombre de maisons, arrive au milieu du xvi* siècle pauvre, impuissante, aigrie. Dans les villes, on la « méprise communément »; sur ses propres terres, de riches bourgeois, marchands ou gens de robe, se donnent créneaux, garennes, viviers et moulins, vont avec elle « de pair et compagnon », « mutinent » ses paysans, l’accablent de procès. Comme elle a gardé son penchant aux extorsions et aux violences, elle s’est attiré l'hostilité permanente des juges présidiaux, pour la plupart roturiers. Peu s’en faut que de leur fait elle ne soit « sous les pieds de ses propres sujets et vassaux ? ».
A cette époque un gentilhomme est des plus riches quand il possède 4,000 livres de rentes ; de cette sorte il n’y en a guère plus de 60 sur les 2,000 gentilshommes de Languedoc3. Un dénombrement de 1530 montre qu’en biens nobles les seigneurs du Gévaudan, au nombre de 121, se partageaient un revenu total de 21,400 livres; le baron d’Apchier en avait 3,000, le sire de Peyre 2,000, les autres beaucoup moins #. Or la fortune d’un bourgeois toulousain,