Ibid., col
4. D'Aubais, Pièces fugit., t. IT, p. 64. Ce dénombrement avait été fait à l’occasion de la décime prélevée sur les revenus des biens nobles, pour la rançon des enfants de François ler, Chaque diocèse devait avoir le sien. Il serait fort intéressant de retrouver des pièces de ce genre, que rien ne peut remplacer. — . Voici quelques autres chiffres, tirés de la même source : le baron de Mercœur a
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issu d’une famille de marchands, le président de Bernoy, était évaluée vers 1562 à 800,000 livres, chiffre qui suppose environ 65,000 livres de rentes.
Dès la fin du xv° siècle, le « pauvre peuple », comme il s'intitule volontiers quand il s’agit de payer l'impôt, a capté toutes les sources de la fortune. Au produit de l’industrie, du commerce, si prospères en ce pays, des offices, qu’il accapare, il ajoute la richesse que l’on estime et que l’on recherche le plus, celle qui se fonde sur la possession du sol. C’est en acquérant la terre qu’il a conquis par degrés l’indépendance à l'égard des autres classes, la prépondérance sur elles. Dans ce progrès, deux étapes principales. La première aboutit à l'établissement du régime emphytéotique : les devoirs de l’emphytéote sont fixes, invariables; il dispose de son bien; c’est un quasi-propriétaire, sujet du seigneur, il est vrai, mais dont la sujétion se manifeste plutôt par le
paiement de redevances que par l’obéissance politique; en
effet l’autorité, dans l’espace de trois siècles, s’est reportée du possesseur du domaine éminent à la commune et au roi. La seconde étape conduit au démembrement des fiefs et alleux nobles, surtout par la transformation de la tenure emphytéotique en franc alleu roturier. Il semble que le nombre de ces alleux ait augmenté constamment?. L’alleutier, 1,400 livres de rente, le seigneur de Florac 1,040, le baron de Cénaret et le sire de Calvisson chacun 1,000. Ce sont là des sommes assez importantes ; d’ailleurs les nobles avaient d’autres revenus; la plupart possédaient aussi des biens ruraux,
Mais, pour quelques seigneurs relativement riches, il y en avait beaucoup de pauvres, n’ayant pas plus de 30 ou 40 1. de rentes. — Comme point de comparaison,
il est bon de savoir que les recettes de la ville du Puy en 1515-1516 s’élevaient à
6,165 1. 13 s. 8 d., dont 4,477 1. 17 s. 9 d. payables au roi. On y appelait (ditiores et potentiores » ceux qui possédaient plus de 3,000 1. en biens meubles et immeubles, « divites » ceux qui avaient de 3,000 à 1,500 1., etc. (Médicis, Chroniques,
+. II, pp. 135; 280.)
1. Z. L.,t. XI, p. 390. — Sur cette famille, cf. Arch. de l'Hérault, Doléances, t. II, p. 254; cah. de nov. 1548, art. 15.
2. Déjà, en 1331, les commissaires des francs fiefs, entrant dans la sénéchaussée de Beaucaire, ne voulaient pas procéder avant d'en avoir référé à la Chambre des comptes, tant la besogne leur semblait difficile, « propter pluralitatem seu
Libre de devoirs féodaux, n’a d'autre maître que le roi ; 1l est propriétaire et sujet comme on peut l’être de nos jours.
La société languedocienne est féodale encore et pourtant moderne par certains traits particuliers, qui lui prêtent une physionomie originale. Le domaine royal est si étendu, si grande la puissance des villes, des bourgeois, Pétat des biens et des personnes est si favorable au Tiers, qu'entre le peuple et le roi la noblesse et le clergé paraissent des quantités politiquement négligeables. C’est en ce sens qu’il faut interpréter la déclaration du « commun état », de 1484 : « Les habitants dudit pays ou la pluspart sont, dit-il, nuement et sans moyen sujets du roy, et non à autre!. »
multitudinem alodiorum que dicuntur esse in dicta senescallia, cum pro majori parte dicantur possessiones esse allodiales que non sunt censuales seu emphyteotice ». (Bibl. Nat., lat. 9174, fo 101.) — Cf. Ord. t. IT, p. 22; 27 mai 1304. Sénéchaussée de Carcassonne.