CAPITAL NOMINAL
en francs.
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Ces chiffres ont encore plus de signification, quand on les compare aux diverses dettes en 1847 et en 1861.
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166 L£$ INSTITUTIONS R£PRÉ$£NIATiY£S
Le budget de Tempire d'Autriche, voté par les chambres pour 1863, est établi de la ma* nière suivante :
Dépenses volées . . . 367,087,748 fl.
Receues prévues . . • 304,585,094
En i 862, les recettes encaissées ont dépassé de 20 millions de florins les prévisions du gouvernement : il est probable qu il en sera de même cette année. Pour combler le déficit, les impôts ont été légèrement majorés pour (rois ans seutemmt, tellement on a peur de surcharger le contribuable. Et cependant, en éle* vantrimpôt de 25 p. c, chaque citoyen de Tempire ne payerait que 26 francs, et TÉtat se trouverait en présence d'un excédant. Dans ce cas, le contribuable autrichien se trouverait encore dans une position plus favorable que les contribuables français ou belges.
Dans le rapport présenté au Reichsratfa par le Ministre des Finances, M. de Plener, le 17 juillet 4865, le budget de 18G4 est indiqué de la manière suivante ;
BN AIITRICHB.
Dépenses ordinaires du 1« novembre I8d3 (1) an 31 décembre 1864 fl. $13,S0O,7{6
Dépenses extraordiaaires 11. 103,112,701
luial . . . fl. 614,613,417
Dans ce total sont compris S2,16i ,000 fl., qui seront employés à ramortissement de ia dette publique.
L'ensemble des recettes ordinaires et extraordinaires pour ia même période n*est évalué qua 581,073,571 fl. Il y aurait donc un déficit apparent de 33,S59,8i6 fl. le dis afh parent, puisque les dépenses comprendront S2 millons de florins, employés à l'amortissement de la délie.
Le récent accord de TÉtat avec la Banque, qu'a approuvé le Parlement, peraieitra de reprendre les payements en espèces le i""' jan-* vier 1867, au plus tard.
La valeur du florin, aux diverses époques critiques que Tempire a traversées depuis quinze ans, donnera une idée sinon tout à fait
(1) Les compies étaient fermés autrefois an 31 octobre* Dorénamt ils le seront an 31 décembre. C'est pour ce moUf que le budget est plus élevé pour rexercice 1864. ,
ifiS LES INSTimiOW ItKFRtaBNTATlVBS
ei(act6t au moins fort curieuse de la situation politique actuelle.
▲u 31 décembre 1846 |e florin vilait» fr. 2.43
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An l*** octobre
Les fonds publics et toutes les valeurs autriohieiines ont subi depuis l'année passée une hausse nioyenae de plus de iO p. c. L'emprunt émis à Londres, immédiatement avant la campagne de 1859, au cours de SU, et tombé depuis à 60, a repris son cours d'émission. Ce mouvement remarquable de hausse s est accéléré surtout depuis la cléture de la première session du Reichsrath. Tels ont été pour TAu-
tricbe les premiers fruits du régime nouveau.
II a suflS (1 une comptabilité, clairement, pu-^ bliquement établie, d'un budget des voies et moyens, discuté et consenti par les députés
fiSi AUTAlCUfi. 169
des diverses provinces de la monarchie, pour ramener la eonfiance et inspirer la conviction
qu un meilleur avenir est proche (1).
(f) La dernière série du dernier emprunt national à primes a été adjugée, il y a quelques mois, à MM. de Rothschild, à i03.i$0, s 1/9 p. 0, au-dessus dm pair l
170 LES INSTirniOHS RBPRfiSBNTATlVES
Espérons que tous les peuples de l'Europe profiteront de cette solennelle leçon, et que TAutriche elle-même, qui Fa donnée, saui â en tirer les conclusions dernières. Pour cela, il faut qu'elle continue à marcher d*un pâ6 lenne et sûr dans la grande voie qu'elle a ouverte. Il importe qu'elle développe les libertés octroyées à ses peuples; il importe surtout qu'elle laisse ces peuples user de leurs libertés comme ils l'entendent, qu'elle ne les force pas à être libres de telle ou telle manière. Dans cet ordre d'idées, il ne lui sera pas impossible de satis-
faire les Hongrois, les Croates et les Lombards- Vénitiens, rien qu'en appliquant avec pi uJence et modération les principes du diplôme du 20 octobre, complété par la loi du 26 février. La politique n'est en définitive qu'une perpé* tuellc transaction sur les faits, sous l'égide de principes préexistants. Les difficultés constitutionnelles soulevéeii dans les pays hongrois ne sont donc pas insolubles ; elles seront écartées bientôl, puisque des deux parts on discute dans le calme avec la modération qui convient à des causes justes.
Quand Tédiûce constitutionnel sera ainsi complété, il restera au gouvernement impérial une dernière tâche à accomplir, diiiicile, mais glorieuse. Il aura à féconder cette œuvre de liberté par la seule liberté : le commerce à affranchir; Tindustrie à développer et Tagriculture à protéger, par la conservation de la paix, la multiplication des voies de communia cation et la modération dans les dépenses pu* bliques ; F Allemagne à pacifier; TOrient à civiliser, offrent un champ immense à sa légitime ambition. Quand sur le versant des Alpes, à Vérone, à Parenzo, à Zara, à Czernovitz et à
172 LES INSTITLTIONS RBPRÊ5£NTAT1V£S
Hermanstadl;^ l'Europe aura été habituée à eo*tendre les discussions libres et fécondés que nous avons lues dernièrement dans le compte rendu des Diètes; quand les Alpes seront traversées par des chemins de fer nombreux^ qui feront de l'Allemagne le marché le plus lucratif de ritalie; quand Tempire, recueilli dans un calme plein de force» n'aura, pour ainsi dire^ à invoquer pour sa défense que le prestige du droit Bouteiiu par des institutions populaires» FAutriche aura, sans frais et sans effusiou de sang» réalisé pour sa sécurité» sa gloire et son avenir, plus que toutes les gigantesques batailles du siècle dernier et du siècle présent Viri* bus unitis! Telle est la devise adoptée par * Fempereor Françoi»Joseph. Que son gouvernement rapplique sincèrement : il sera tort par runion avec les peuples de la monarchie» mille fois plus fort que par fauilé artificielle d*un Ëtat centralisé. L'unité sera la conséquence nécessaire de Funion.
L'Autriche se doit à elle-même, comme elle
doit aux intérêts de ses confédérés, de surveiller avec une vigilante sollicitude le mouvement germanique et d'être toujours prête à défendre
EN AUTRICHB. i7S
le rang qui lui appartient en Allemagne. Mais éiie doit se garder de sacrifier pour la conquête de Tempire d'Allemagne, qui n'existe point» les intérêts de Ferapire d'Autriche, qui existe. L'unité de l'Allemagne n'est possible qu'avec la maison de Habsbourg-Lorraine.
Rien n'empêchera donc un jour la monarchie autrichienne de reprendre en AUemagoe son rôle historique, quand les divers peuples de cette vaste contrée l'y inviteront; mais les devoirs qui lui incombent aetuellemeni sont trop réels pour qu'elle les néglige pour un but peut-être chimérique.
Les savants rêves de quelques professeurs ne doivent pas la fiiire renoncer à la politique pratique et entreprendre des guerres pour une idée, une conquête. Si elle le veut, elle conquerra les rives de la mer Noire» sans brûler une amorce.
Qu'en donnant et garantissant à tous les citoyens la plus large liberté civile des cultes» elle ne cesse de proclamer sa volonté» non pas d'être un gouvernement catholique» mais de rester une confédération de mlions catholiques. C'est ce caractère auguste qui lui ouvre
174 LES INSTiTUTiON» BmfiSBNTATlVES
le cbemia de rOrient et qui la maîoUeat forte et redoutée en Allemagne et dans le inonde.
Que TAutricbe le perde^ et son rôle en Alle^ magne deviendra inutile.
La guerre de trente ans» les terribles luttes soutenues pendant des siècles contre les Turcs, la guerre de Sept ans, Tbistoire du passé comme les événements du présent « indiquent d'une manière certaine quelles sont les causes de la force morale de la monarchie. Il ne manque pas cependant à Vienne d'bommes d*État ét de publicistes disposés à m faire bon marcbé! Nous ne pouvons qu^ las plain* dre«
Si TAutriche a tant de partisans fidèles en Allemagne, si on la déteste ou craint dans le nord et le nord-est, si elle a tant framis ou ^ de défenseurs dans le sud et dans Touest de l'Europe, c'est parce qu'on la considère comme une force conservatrice et religieuse.
Le jour où il serait prouvé qu elle a abdiqué cette royauté morale, non<*seulement elle conserverait ses ennemis actuels, mais elle perdrait même ses antiques amis.
Il ne faut pas qu'on l'oublie à Vienne :
Bff AUTRICHE
ce n'est pas la monarchie de Joseph II, mais
celle de Marie-Thérèse, qui ëst populaire en Europe.