CHAPITRE II
DES CHARBUES.
L'histoire des charrnes serait fort intéressante pour la littérature agricole, si je puis me servir de cette expression^ mais elle serait liors-d'œuvre dans un ouvrage pratiifue tel <pie celui-ci. Depuis un assez grand nombre d'années les sociétés savantes on d'encouragement ont mis beaucoup de zèle à perfectionner cet instrument, le plus utile de tous ; les plus habiles necaniciens, les cultivateurs les plus intelligens s'en sont occupes, et oëanmoiosy à en juger froidement, la charrue, depuis im siècle et davantage, n'a éprouvé que peu de changemens d'un avantage incontestable. Gela vient sans doute de ce que l'on est toujours parti du même point , ou, si l'on aime mieux, du même modèle, du crochet,que l'on n'a pas essayé de changer, mais seulement de perfectionner»
Un simple garçon de ferme , Grange, est le dernier qui vient de modifier la charrue, d'une manière ingénieuse , il est vrai , mais qui est bien foin d'avoir l'importance qu'on lui a donnée dans les journaux politiques et littéraires, qui sont sortis de leur sphère ordinaire pour rcpéter ce que Ton a dit de cet instrument.
Nous avons décrit un grand nombre de charrues, et cependant si nous avions voulu en faire une monographie complète, ou seulement publier tous les dessins et descriptions qui nous sont paiTenus, le nombre en eût étébeaucoup plus considérable. Nous avons du choisir, pour les figurer, toutes celles qui forment type , et dont l'utilité a été généralement reconnue. Celles qui leur ressemblent, et dont toute la différence gît dans quelques détails, soit en plus, soit en moins, n'ont pas dû prendre place ici , lorsque ces légères modifications n'apportaient aucun changement dans les résultats, ou, à plus forte raison, quand ces résultats étaient désavantageux. C'est ainsi que l'on ne doit pas chercher dans notre ouvrage la description des charrues misérables et impaifaites dont on s'obstine encore à se servir dans plusieurs de nos départemens, où manque l'exemple des grandes exploitations.
Parmi les charrues étrangères, j'ai du faire un choix, et je crois y avoir mis autant d'attention et de bonne foi qu'il est possible.
Je prévois qu'on me demandera pourquoi je n'ai pas indiqué quelle est la meilleure charrue? Voici ma réponse : Toutes sont bonnes, mais chacune dans sa localité, et il n'y a que Texpérience du terrain, des hommes et de l'espèce d'animal d'attelage, qui doive déterminer le cultivateur à donner la préférence à tel ou tel instrument. Nous nous bornerons donc ici à nommer celles qui sont généralement prâérées par les propriétaires des environs de Paris, àts départemens Toisins, et par les grands culûvateiirs 4tt reste de la France. Nous établirons cette citation sur un iait positif, sur les demandes qui sont le plus ordinairement iàites à M. Gambray, et autres mécaniciens de la capi^e.
i^ Charrue de Dombasle, perfectionnée par M. Gambray, pi. 3d, fig. a. — !2* Charrue de Dombasle, pi. â5, fig. i . — 3® Charme de M. Cambray. pi. 34» %• '• — 4^ Charrue raolard, pi. a3, fig. i. — 5« Araire de Guillaume, pi. 36, fig. i. — 6** Charrue américaine, pi. 18, fig. I. ^ 7** Petite charrue anglaise, pi. 19, fig. i. — 8<* Charme écossaise ,• pi. 17, fig. i. — 9<* Charrue de Small, pi. 16, fig. i. -— lo** Charme tourne-oreille, pi. a4> fig* 2, etc. Nous ne citons pas ici la charnie-Grangé, planche 27, fig. 1, parce qu'une expérience assez longue n'a pas encore déterminé sa place d'une manière définitive.
Nous répétons ici ce que nous ayons déjà dit ailleurs. U esl d'un si haut intérêt pour l'agriculture de donner la plus grande publicité à tous les perfectionnemens apportés dans les instmmens aratoires ^ quels qu'ils soient, que nous engageons de tout notre pouvoir les personnes qui auraient fait quelque découyerte de ce genre , de nous en adresser la notice avec un dessin détaillé, à l'adresse de M"^ Leneveux, éditeur, rue du Cimetière-Saint-André-des-Arts, n. 18. Nous nous empresserons 4e les publier dans nos supplémens^ qui paraîtront régulièrement de six mois en six mois.
n.ii.
Charrues»
t . Charrue-taupe. Voici ud des iostrumeDs les plus singulier; qui soient résultés du génie inventif des Anglais. Un âge b porte en ayant un régulateur a, composé d'une petite roue c, que Ton hausse et baisse à volonté, et que l'on fixe au point déterminé par le moyen d'une cbeville en fer qui traverse l'âge et passe dans un des trous du régulateur, {j'autrc extrémité se termine en J, par deux manches établis dans les mêmes principes que ceux d'une charrue ordinaire.
Un montant e traverse l'âge, et peut se hausser ou baisser à volontÂ, de la même manière que le régulateur. Il sert de coutrc, et sa partie antcrieurc /doit être tranchante. Il porte à son extrémité inférieure une pièce de bois cylindrique g , ayant un peu moins de diamètre vers le devant , qui est taillé en biseau et armé en h d'une lame de fer tranchante et pointue.
Devant le coutre est une roulette ou molette en fer i, acérée et tranchante sur SCS bords. Elle est destinée à faciliter le passage du conxxef, en coupant les racines qui pourraient lui ofirir de la résistance.
On se sert de cet instrument pour assainir les terrains trop humides^ mais cependant ai^ileux et compactes, capables par leur solidité de conserver quelque temps les rigoles souterraines, par exemple des prairies, des luzernes, et même d'autres, champs.
La pièce de bois g trace sous terre, à la profondeur que l'on a fixée au moyen du coutre et du régulateur, un boyau à la manière de celui des taupes, dans kquel les eaux se rendent et s'écoulent selon la direction in< dinée du terrain. Nous n'avons pas besoin de dire que l'ouvrier doit se diriger dans le sens de cette inclinaison en traçant les rigoles.
Un crochet placé en avant de l'âge sert à fixer l'attelage, et quelquefois on ajoute un avant-train.
a. Çuldyateur à socs et à coutres. La figure 3 le représente de profil, et b figure 2-A en plan. Il se compose de deux pièces de bois a, fr, dont l'extrémité se recourbe et forme les manches c, d.
A la pointe de l'angle formé par l'instrument est un fort coutie e, à la
|)arlie supérieure duquel est attache' le crocliet serrant à placer le palon* nier. Derrière le coutre se trouve un soc présentant un angle droit, comme nous le montrons dans les figures B, C.
Le bras b porte en outre, ainsi que le bras mobile a, quatre coutres droits dy dy d, dy un cinquième courbé e^ puis un socy*. Gelui-<î présente un angle plus aigu, fig. D, £, et se place de manière à ce que le côté extérieur du triangle g soit parallèle à la ligne du tirage.
Le bras a , fig. 2-A , est mobile en manière de charnière au moyen d'une cheville i, dont l'extrémité se prolonge en coutre. Les tenons mobiles /, m, R, qui servent à fixer les deux bras, passent à travers le bras a au moyen d'une mortaise, et fixent récartement des bras au point désiré au moyen de chevilles.
En Angleterre on emploie cet instrument pour cultiver entre les rangées de plantes. La terre est soulevée par les socs , puis divisée par les coutres, qui, en même temps, arrachent le chiendent et autres racines parasites.
Charrues.
T. Butioirà venoirs mobiles. On se sert de cet instrument pour butter les plantes coltivëes en ligné , tels que le maïs , les pommes de terre, etc. Ce qui le distingue des autres instromens destinés au même usage, c'est la faculté que l'on a d'écarter plus ou moins ses yersoirs , à volonté , de manière à jeter la terre de chaque coté k une distance plus ou moins grande, calculée sur celle qui existe entre les rangs des pkmtes.
La flèche 6, a 5 pieds 7 pouces , non compns le plot c qui sert à fixer solidement les manches d, d, au moyen du boulon e. Un autre boulon h les assiqétit à la flèche. En avant, en / est on r^lateur à roue^ qui se hausse et baisse à volonté pour donner le degré d'entrure convenable.
La semelle gy dedeux pieds de longueur, est ordinairementenbois, ainsi que le corps consistant en deux montans. Le soc, d'un pied de longueur, triangulaire et allongé , est en fonte ou en fer battu.
Les deux versoirs a, a, sont en bois, mobiles, au moyen de deux charnières 1^ if qui les attachent au montant antérieur. Chacun d'eux porte une bande de fer o, de 10 pouces de longueur^ percée de trous, qui vient s'ajuster, au moyen d'une cheville à tête boulonnée, dans un trou pratiqué pour la recevoir derrière le montant postérieur, comme on le voit dans la fig. i-B. La même cheville assujétit les deux bandes qui se placent l'une sur l'autre, et de manière à tenir les versoirs dans un écartement déterminé. Chaque bande est attachée à son versoir par un anneau et im crochet qui lui laissent tout le jeu désirable. Les versoirs ont i pied 5 pouces de longueur.
2. CuUwateur à houes mobiles. Il a sur les autres cultivateurs l'avantage d'embrasser une plus ou moins grande largeur de terrain , selon le besoin de celui qui s'en sert.
La flèche b est longue de 6 pieds. Elle se termine en avant par une bride et un régulateur dy que l'on hausse ou baisse pour déterminer le degré d'entrure.
La queue se compose de deux manchesy*, fy longs de 5 pieds, attachés h la flèche à a pieds du régulateur, en gy et solidement maintenus par une traverse et un fort tenon a.
(So)
Le soc tf a iSpoaces de longveiur; ilcslTOutë a a la forme d'un triangle allonge y comme on le voit en a-B. Il est fixé au montant c y et maintenu par la tringle i, qui va s'implaaief sous la flèche.
Les deux houes o, Oy sont triangulaires, mais à c6tés arrondis, comme on le Toitdans la figure ti*G y où nous les aveas w f t ti t n t f es placées tel qu'elles doiTcnt l'être entre elles et relatirement an soc. EUes sont filées par de solides olontans »•
Les bras ou traTerses hy k, août mobiles, flg. 2- A. L'eitrântté àttadiée à la flèche en r, r, est placée entre deux fortes bandes de fer, une en-desios de la flèche, l'antre en dessous. Une cheriUe de fier, qui la traverse ainsi que les deux bandes, lui forme un axe autour duquel le bras peut facilement tourner : cette mobilité sert k rapprocher on à écarter de la flèche, à volonté, les houes o, o. On les maintient dans récaitemcit déterminé 4tt moyendes bandes de fer 5^ s, que l'on fixe sur la fléchées 11, au moyen d'une cheville en fer.
Charrues.
t. Chdrruè à creuset dès ri^oiés. On doit la connaissance ie cet in • stniment à Ht. Tbaer: dont l'excellent ouvrage â e'té traduit |»ar M. Mathieu de Dombasle. Malgré son utilité, je ne l'ai pas encore vue dans nos provinces les plus riches en prairies naturelles, ce qu'il faut sans doute attribuer à une cause unique : c'est qu'on n'a pas eu occasion de la connaître.
Avec cette charrue , un homme peut creuser des rigoles dans une prairie, en quatre heures de temps^ plus que dix autres ne feraient en quatre jours.
La ièche a porte une roue b y s'élevant et s'abaissant à volonté , servant à déterminer le degré d'entnire.
Le soc c, le grand coutre d^ et le petit contre e, sont d'une seule pièce, en fer, et fort trancbans. Le grand contre d touche presque à la flèche, et s'appuie sur le versoir ; le petit e n'a que la moitié de sa grandeur, et ne tient qu'au soc. Tôt» datx s'élèvent dans une position inclinée, mais* paraUUe^ c'est-à-dire que leur ëcartement l'un de l'autre est, en haut comme en bas , égal à la largeur du soc aux côtés duquel ils sont soudés.
Le soc doit avoir la même largeur que celle destinée à la rigole à creuser; ordinairement 7 pouces.
liC cep 1 forme le dos d'âne sur son côté extérieur , de manière à offrir un plan incliné o, le long du versoir g. Celui-ci est ajuste sur le manche A.
Lorsqu'on se sert de cet instrument , la terre est coupée horizontalement parle soc, de manière à former le fond de la rigole^ elle est fendue verticalement par les coutres , ce qui forme les cotés de la rigole. La langue de terre coupée s'elëve entre les deux coutres sur le plan du cep o, puis elle est rejetée sur le côté par le versoir.
La figure i-A montre cette chan-uc du côté opposé au versoir. Peut- ^tre serait-il avantageux de recouvrir entièrement ce côté d'une plaque de tôle.
3. Extirpaieur. Cet instrument a ëtë îoycntë en Angleterre, par ^« Geggy d'Hcrtfordshire. Sa grande utilité Ta fait se répandre rapidement dans toutes les cultures d'Angleterre; puis il a pénétré en France, où il a reçu difiiérentes modificaûons avantageuses, comme on le voit dans cet ouvrage. Sa principale utilité consiste à détruire les herbes parasites , en coupant et déterrant leurs racines. U ameublit la terre à deux ou trois pooces de profondeur, et sous ce rapport, peut être très-avantageusemeot employé toutes les fois qu'il uni donner de légers labours.
Il consiste en un cadre en bois, a, by c, dy plus ou moins grand, selon le nombre de socs qu'on veut y attacher, en remarquant que le côté b, c, doit être plus ]ai|;e que le coté a, d, de tout l'intervalle qui se trooTC entre deux socs. Cette différence résulte de ce que la barre de derrière porte toujours un soc de plus que celle de devant , et que les uns sont placés en face du point qui correspond au milieu de Fintervalle qui sépare les autres. Nous avons figuré le plus grand de ces instrumens; il porte onze socs dont six derrière et cinq devant. On en ùit d'autres qui n'en ont que sept ou cinq; d'autres qui n'en ont aussi que cinq, mais plaça sur une seule ligne.
Le cadre ou châssis porte deux manches e, /*, qui servent à diriger l'instrument, et se prolongent en forme de traverses pour augmenterai solidité. U a une flèche /i, et un avant-train g.
Les socs 2-A et s-B sont bombés. Ils se fix.cnt au cadre par une tige i, et une vis k , qui traverse la barre et s'arrête au moyen d'un écrou. *
Charrues et Houe à cheual,
t. Chamte danoise* Elle est d'uneooostriictioQexti'émemeQt simple, et pour cette raison ne serait pas sans quelque ayantage, si son yersoir, knaé d'une planche ^ ayait une courbure plus heureuse. Le soc est à peu jms triangulaire, éyidë dans le milieu; la flèche est longue, elle se ù\e au oep parle moyen du manche et d'un tenon.
La fig. i-A représente la fourchette sur laquelle on pose la charrue , ou plutôt les charrues, pour empêcher leur soc de traîner sur les chemins*
a. Charrue à trois houes; houe à cheval et à trois socs. Cette machine est très-commode pour sarcler et biner les plantes cultiye'es en rangs, teb les pommes de terre, le maïs, etc., etc. La fig. 2- A la représente en plan, et les mêmes lettres indiquent les mêmes parties.
Une flèche a se termine en ayant par une chaîne bj seryant à attacher le palonnier auquel on attelle un cheyal. Près de rcxtre'mitécst le régulateur c, seryant à donner aux houes le degré' d'entrure que Ton désire; pour cela il ne s*agit que de le hausser ou baisser au point conyenable, ce qui fait éleyer ou descendre la roue d; on le maintient en position au moyen d'une cheville qui trayerse la flèche en e. La roue est en fer et tourne autour d'un boulon qui la maintient.
L'autre extrémité de la flèche se termine par une queue dont les deux manchesyy sont consolidés par une traverse g, et s'attachent aux cotés de la flèche et contre la trayerse ou porte-houe en h h. Le porte-houe est creuse par deux mortaises alongées o o , qui le percent de part en part, et dans lesquelles yiennent se placer les tiges des deux houes k k. Parce moyen , on peut écarter ou rapprocher les houes l'une de l'autre k yolonté, et les fixer solidement au point désiré ayec les écrous l L On peut, si on le yeut, leur donner un écartement égal k la laideur de la houe du milieu m, comme nous le montrons par des points, dans la fig. 2-A. La houe antérieure m est fixée à la flèche par le même moyen que les deux autres le sont à b trayerse : toutes trois sont soutenues par une baguette de fer, en crochet n n, fpii yient s'attacher à la flèche.
3. Charme brabançonne. La flèche a porte en aTant un régulateur b^ compose' d'une tige qui la traverse et s'y fixe à la hauteur dàirée par le moyen d'un coin c ; pour donner plus ou moins d'entrure, on hausse ou baisse plus ou moins le sabot en bois d, A l'extrémité est une bride de fer e, portant une bande percée de 8 à lo trous servant à fixer le palonnier ^ selon que l'on veut diriger le soc à droite ou à gauche.
Le cotttref est de fonne courbe ^ on l'attache à la flèche au moyen d'un coin h^ comme le régulateur.
Le soc g est en fer forgé; il s'ajuste au versoir i , et se fixe an cep k, par le moyen d'un crampon.
Le cep kj pour ne pas s'user trop promptement^ est recouvert de plaques de fer.
Le versoir est solidement fixé par des ctançons boulonnes sur la flèche e, sur le manche en l et sur le cep en m.
Du côte opposé au versoir est un plateau en bois n maintenu contre la flèche et sur le cep, servant à réunir et à donner une grande solidité à toutes les pièces de la machine.
La queue se compose d'un seul manche o , mimi en p d'une manette que le laboureur saisit d'une main pour diriger la charrue avec plus de facilité.
La charrue du Brabant est fort en usage dans le nord , où on la trouve trcs-avantagense pour la culture des terres Ibrtes et ai:gileuses , quoiqu'on l'emploie dans tous les terrains. Elle creuse des sillons profonds et retourne très-bien la terre.
Charrues.
I • Charrue de Smàîl. Elle est fort en usage en Angleterre^ et sa légèreté Ta Élit importer en France , ou on l'emploie ayec avantage dans tes terres peu consistantes.
La flèche bat 5 pieds de longueur ^ elle se termine en ayant par un régulateur en équerre, et son système de tirage est le même que celui de la charrue écossaise y planche 17 , fig i , ou de la charrue américaine^ planche 18, fig. i. Voyez ces articles.
La queue se compose de deux manches dyfj dont le principal , d, est presque parallèle à la ligne de la flèche. Tous deux sont boulonnes j d'abord sur la flèche en e , puis sur le montant postérieur du corps a.
La semelle d est en bois, garnie d'une plaque en fer c, pour empêcher qu'elle ne s'useparle frottement .Elle a a pieds 10 pouces de longueur avec le soc; celui-ci est attaché au versoir par une bande de fer/, 1.
Le corps consiste en deux montans o o en bois.
Le versoir/, en fonte, est très-grand et très-couri)é , comme on le voit dans la fig. i-B; il a i3 pouces de longueur et s'éloigne de 1 1 pouces de la flèche de/ en n, fig. i-B. Il est maintenu sur le soc par la bande de fer î, contre le montant antérieur du corps par un boulon, et contre le montant postérieur par une tringle de fer en arc-boutant n.
Le coutre g est droit, très-indiné, fixé contre la flèche par une fausse mortaise en fer. On le maintient solidement en place au moyen d'une vis de pression A, fig. i-B.
a. Exdrpateur à 5 socs. Cet instrument , inventé en Angleterre et naturalisé en France , si on peut se servir de cette expression , est fort utile pour ameublir la surface de la terre , et pour détruire les herbes et les racines parasites. On en fait de différentes formes et grandeurs , voyez planche !i3 , fig. 3 ; mais celui que nous donnons ici est le plus généralement employé par les bons cultivateurs.
Sa charpente est absolument la même, tant pour la forme que pour les
dimensions , que celle du scarificateur de la planche 1 7 ; aussi se serton assez ordinairement du même instrument , auquel on ne fait que cbanger les coutres en boues , selon le besoin, ooomc nous l'ayons décrit à la planche citëe. Nous nous bornerons ici à parler de ses boues.
Elles ont 10 pouces 6 lignes de longueur d'à en c, et 9 pouces de largeur de c en e j leur tige d ayant i3 pouces de longueur, est solidement fixée aux traverses par une vis et un ëcrou. Elles sont placées à la même distance entre elles que nous l'avons dit pour les coutres. Or, comme elles ont 9 pouces , largeur égale à la distance qui les sépare , si on les suppose sur la même ligne il en résulte que toute la surface du terrain se trouve attaquée et labourée sur 3 pieds de largeur.
Charrues.
I. Charrue écossaise. Nous l'avons iigurce, planche 21, fig. i, pcrfectiomiee par Smoll; nous la reproduisons ici telle qu'elle a été' perfectionnée par nos mécaniciens français , et Ton s'apercevra aisément qu'elle y a beaucoup gagné.
La flècbc ^, a 5 pieds 9 pouces de longueur. En avant elle porte un régulateur à équerre , d , dont la branche verticale sert à régler l'entrure ^ et la branche horizontale la ligne dr tirage. Cette dernière branche est munie de dents y entre lesquelles se place , plus ou moins à droite ou à gauche y l'anneau^*, long d'un pied et portant à son extrémité le crochet où l'on a attaché le palonnier. A son autre extrémité se trouve attachée la tringle g, qui vient se fixer par le moyen d'un anneau , au crochet de tirage placé entre le contre et le corps.
La queue se compose de deux manches , hy ly dont le principal, A, s'éloigne beaucoup plus que l'autre de la ligne de la flèche. Il est fixé solidement au moyen 1** d'un boulon contre la flèche , a**, d'un tenon , a^ contre le billot ou plot , 1, 3* d'une tringle de fer boulonnée en ky contre son coté interne, et en «, contre l'extrémité de la flèche. Le second manche l , est boulonné contre la flèche et contre le billot. Tous deux sont réunis par une traverse m.
Le soc ^^ a un pied de longueur; il est triangulaire, et le dessus forme avec le corps et le versoir une courbe régulière. La semelle , r, ainsi que les montans, 5, t, sont en fonte. Elle a 16 pouces de longueur, à partir du soc.
Le versoir , u, est également en fonte. Sa courbure est très-prononcée, comme on le voit dans la iîg. i-B. Il a ai pouces de longueur. En avant il est attaché an montant antérieiur du corps dans toute sa hauteur, en arrière il est fixé par un arc-boutant, v, en fer, boulonné sur le montant postérieur du corps.
Le contre y y est fixé à la flèche au moyen d'une fausse mortaise faite avec une bande de fer x. Il est droit, et maintenu par un coin.
^ Scarificateur. Cet instrument est excellent pour défricher les an-
cicnnes jachères encombrées de fixtes racines y et surtout pour remeltre en culture les vieilles Inzemiirfs; les ooutres dont il est arme' coupent ou arrachent les racines et fraient un passage aisé k la charrue.
Il se compose des pièces (pie pous a)liins décrire.
La flèche, &, a 5 pieds lo pouces de longueur. Elle porte en avant une simple bride , a, pour attacher l'attelage. A 18 pouces de son extrémité est un régulateur, d, ayant 2 pieds de longueur y y compris la roue iùBX le diamètre est de 6 pouces. Ce r^nlateur se hausse et se baisse k volonté, au moyen des crans « , dans Tun desquek entre une lame de fer formant le bord antérieur de la mortaise, lorsque Ton enfonce le coin 1.
La queue se compose de deux manches , /, f^ de 4 pieds 6 pouces de longueur, boulonnés contre la flèche, en g, soutenus par deux tringles de fer A, et réunis par une traverse k.
L'instrument consiste en un châssis, Cj c, I, m, ayant trois pieds de longueur, de c ep /, et une longueur plus ou moins grande , selon la largeur de terrain que l'on veut embrasser , mais ordinairement dans les dimensions que nous allons indiquer. La traverse antérieure, c, ç, a a$ pouces de longueur , ce qui donne 18 pouces de distance entre les deux coutres. La traverse postérieure , Z, m, a 3 pieds 6 pouces de longueur, ce qui permet de mettre entre les trois coutres Oj 0, o, 18 pouces d'intervalle. Celui qui est attaché k la flèche trace au milieu des deux de devant, et les antres tracent k 18 pouces de celui-Iâ , ce qui met un intervalle régulier de 9 pouces entre les cinq traces.
Les coutres ont i3 pouces de longueur, sous les traverses, et :i pouces 16 lignes de largeur. Ib sont l^èrement courbés et présentent leur tranchant en avant. On les fixe solidement au moyen dVcrous.
La traverse c, c, est boulonnée sous la flèche, et maintenue solidemen en position par la tringle r. La traverse ly m, est au contraire posée sur la ficchc.
Charrues.
I. Charrue an^éneaine. Le mente de cette cbarfuè est {iriiuâpalement dans sa li%èretd. Elle est précieuse dans les sols sablonneux et offire de même qiielqaes aYantages dans ceux qui sont forts ^ argileux, mais «ans rodies ni grosses pierres.
La ûhAe h est arquée à sa partie postérieure. Elle a 6 pieds de lonfgueur. Elle porte y en avant , un régulateur ,/, consistant en une équerre à crémaillère, qui fixe les degrés d'entrure au moyen de k bande verti* cale qui se hausse et baisse à Tolonté , et la ligne de tirage au moyen de la bande horizontaio ey portant des dents entre lesquelles cm place, plus ou moins à droite ou à gauche, l'anneau allongé ft, long d'un pied , auquel tient le crochet du palonnier. Une tringle, dy longue de % pieds 6 pouces, tient par un anneau à la bride a, longue d'un pied 6 poupées et attachée des deux cotés de la flèche un peu derrière le corps de la charrue , ce qui lui donne une grande aisance de tirage.
La queue se compose d'un manche principal , gy qui se prolonge parallèlement à là flèche , et dans lequel celle-ci est assemblée à tenon et mortaise, en h. L'extrémité de ce manche principal va s'appuyer sur la semelle , en c, où elle est solidement boulonnée, comme on le voit dans la fig. I. Le second manche , /, tient à l'autre par une traverse, m; et par une forte tringle, n, boulonnée sur le côte iiitcrne de chaque manche ] par son coté externe il est appliqué contre le versoir, et il y est solidement fixé par deux boulons , en o, o.
Le soc, I, a 1 3 pouces de longueur. Il est réuni au cep par un boulon^ y, fig. I, et au versoir par une bande de fer^ p, fig. i-A.
La semelle 9, est en fonte ^ elle a i pied de longueur. Le corps consiste en deux fortes bandes de fer 5, t, qui se croisent et sont fixées l'une à l'antre par un fort boulon à leur point de section. L'une 5, boulonnée sur la flèche , en if, la traverse, descend verticalement jusqu'au versoir , puis se courbe pour s'appuyer dessous, où elle est boulonnée. L'autre t, traverse également la flèche, en :r, puis elle décrit une première courbe jusqu'à son point d'attache avec l'autre , ensuite une seconde courbe en sons inverse pour aller s'attacher sur la semelle au point z.
Le versoir est en fonte ; il a 1 9 pouces de longueur à partir du poÎBt p^ jusqu'à rextrëmîte' j^. La partie o, o, appliquée contre le mancbey a 1 1 pouces de longueur.
Le coutre est droit. Il traverse la flèche dans une mortaise , et se fixe au moyen d'un coin. Il passe dans [a bride a.
a. Charrue à bras. Cet instniment n'est gnàe employé que daos la petite culture ou l'horticulture, pour tracer, sur un sol préalablement défimcé , des sillons ou raies dans lesquelles on sème des l<%amcs. Un homme seul la pousse en ayant en traçant le sillon. Cependant, si on voulait s'en servir pour biner les mêmes récoltes cultivées en rangs, on pourrait se faire aider pai* un homme qui tirerait à l'aide d'une corde. Ou pourrait même y atteler un animal, par exemple un ilne.
La flèche b, a quatre pieds de longueur. Elle porte en avant un r^lateur dont la roue n'a que cinq pouces de diamètre.
La queue se compose de deux manches il, f, dont l'un , f, s*éloigne beaucoup plus de la ligne de la flèche que l'autre. Ils s<mt attachés à la flèche et au montant antérieur du corps.
Le corps se compose de deux montans A, e, en bois , à 6 pouces l'un de l'autre.
Le cep et le soc ont 1 6 pouces de longueur ; le premier a, est en bois , le seconde, est enfer battu.
Le versoir, 1, est en bois si on peut trouver une planchette susceptible de recevoir une courbure comme on le voit dans la fig. 2- A. On peut aussi le faire couler en fonte. Il a 8 pouces de longueur AU en e.
Charrue, et herse.
I. P^ilô charme anglaise. Son nom indique de quel pays cUc est originaire; ses formes, assez singulières y s'éloignent de celles des autres chamiesi dont elle ne difïbre cependant, quant à l'usage, que dans la grande facilité que l'on a pour la diriger dans les teri'es légères.
La flèche a est courbée à sa partie postérieure, qui est ajustée à tenon et mortaise dans le manche b. En avant elle porte un régulateur des plus simples. U consiste en une bride c, tournant sur la flèche au moyen d'une cheville de fer d^ qui lui sert d'axe. Une clavette de fer^, que l'on place dans un des trous de sa partie supérieure, suffit pour le maintenir et fixer la ligne de tirage. Le degré d'entrure se détermine en accrochant la chaîne du palonnier à un des trous plus ou moins élevé du devant de la bride €•
La queue se compose de deux manches g, b^ dont l'un, &, est parallèle a la flèche, et l'autre, g, est écarté du premier, à l'extrémité, de ïi3 pouces. Ib se rapprochent beaucoup à leur extrémité inférieure, oà ils sont maintenus par une forte traverse en fer i, fig i-B. Le manche b va de plus en plus s'appuyer sur la semelle h, i-A, contre laquelle il est boulonne. L'autre , g, est attaché contre le versoir, comme on le voit en k, fig I et i-B. En / est une traverse pour les consolider au sommet.
Le soc i est en fonte, ainsi que le cqi. Sa pointe se dirige un peu à gauche, comme on le voit dans la fig. i-B. U est fort large sur ses côtés qui se prolongent et viennent s'attacher â la semelle, en m, fig. i-A, et au yersoir en n, fig. i et i-B.
Le corps est en fer battu. U est formé de deux fortes bandes, boulonnées à la flèche en p, p. La principale et la plus forte, o, descend verticalement jusqu'à la hauteur du versoir, puis elle se courbe pour aller s'y attacher, ainsi qu'au soc. La seconde, r, se fixe solidement sur la première, et vient s'attacher au cep à la même place que le manche.
Le versoir s a une courbure que l'on peut voir dans la fig. i-B; il est en fonte a, appliqué inférieurement par sa partie x, fig. i , à la semelle, et par sa partie k au manche.
Le contre z est droit; il se fixe dans la flèche par le moyen d'une mortaise et d'un coin.
Quelquefois on ajoute à la l[ëcliede cette charrue, au poîttt^% une roue et un n^ulateur, comme dans la charrue à creuser des rigoles el les scarificateurs.
3. Herse triangulaire de Guillaume. Elle se compose de deux bras a^ by longs de 6 pieds , maintenus solidairement dans le haut en c par une 1>ande de fer. Elle a trois traverses, d, e^ f^ & 8 ou 9 pouces d'intenralte, et dont la plus longue a 5 pieds, Xfea g ; elle porte S-dents, la seconde n, et la troisième 6. Ces dents sont en fer, très-peu coui)>ées, et ont 9 pouces de longueur. Elles sont disposées de manière à ne pas passer dans le traces les unes des autres.
La herse acquiert encore un dcgrë de solidité' par les deux pièces de bois hy h, superposées sur les autres. Nous ne pensons pas que cet instrument présente des avantages qui puissent le faire prtférer à beaucoup d'autres herses.
Charmes étrangères.
I. Charrue à butter les pommes-de-terre. En Allemagne, dans les environs de Freyberg, cette charrue sert à butter les pommes-je-terre plantées par li^es. Elle peut également servir au même usage pour le jnaîïis, etc. Pendant qu'un bomme tient les manebes et la dirige, un Ine, plus ordinairemeat deux femmes, la tirent en avant. La flècbe a est munie d'un anneau où s'attachent une corde et une sangle qui servent aux fanmes à tirer, pendant qu'elles tiennent le bout de la flècbe terminée CB béquille;
Le eeotri b est courbe, fixe dans la flèche au mojen d'un ou plusieurs conis c, c
Le soc d\ figuré vu dé £ice et en dessus, en i-B , est long de 3o pouces, y counpris sa lame qui est en fer de lance, courbée en avant , longue de gpouces, et en ajfanl 4 ^ demi dans sa plus grande largeur. U est fixé à la flècbe de la m£me manière que le contre.
Les versoirs «, %* t-A^ e^ e^ sont fixés à la flèche pur «ne pièee de bois canée ou triangulaire/, et BuiiUenusdaBS leur écartçment par une traverse g, g, douée sur |a flè^ko et avec eux; leur côtp aQ^crieur s*adaple dans une rainure pratiquée à la partie postérieure du soc pour les recevoir, et recouverte par une planchette A.
La queue se compose de deux manches / , / , fixés à la flèche au moyen d'une entaille^ liés par une bande de fer n, et retenus, en outre, par deux barres du même métal m, m.
a. Charrue de Jferwégey Falkenstener. Cet instrument est très en usage dans la Norwége. Il est simple, léger, solide, et donne d'assez bons résultats. La ^ècbe a porte k son extremis' des crochets &, b^ ou tout antre appareil c, pour attacher le palonnicr; elle est fixée au cep , dans sa partie antérieure par un tenon, e) postérieurement par la queue d, qui ne consiste qu'en im seul manche recourbe.
Le soc e reçoit, dans sa partie inférieure, rextrémitc du cep /*, que nous avons figuré séparément, en 2- A.
Le versoir g, se compose de deux planches, garnies d'une plaque de tôle à leur extrémité antérieure , en 1; la planche inférieure en est entii*rcment garoie. U reçoit une inflexion bien condjinée , telle que nous la faisons voi|- en g, fig. a*B.
PLANCHE «r.
Cliarrues,
I . Charrue écossaise , perfectionnée par.SnudL Cet insUnrneot ea d'uD usage général en Angleterre, en Irlande et en Ecosse, d'où il estorr ginaire. Tire' par deux cheyaux , il peut , sans les fatiguer, iaire en huit ou neuf heures un labour parfait d'un acre anglais, répondant à 4o ares 4 c^^tiares de France.
La flèche a est suffisamment épaisse pour n'être pas afEablie par les mortaises qui la traversent; elle est courbe afin de laisser au contre une plus grande longueur, et de ne pas retenir les racines cpii se portent ters le haut par l'cfTet du tirage. Sa longueur est de 5 pieds. Dans sa partie antérieure est un étricr , ( de la fig. i*A, servant à cootenir la chaihe c , au bout de laquelle est un crochet d, ou l'on accrodie le pakmnier. Plus ordinairement, l'extrânité de la fliche, au lieu d'avoir un étrier, porte une bride de fer, par le moyen de laquelle la ligne de tirage peut à volonté être baissée, levée, portée a droite ou à gauche.
La queue e se compose de deux manches inclinés de manière' à se trouver élevés de trois pieds au-dessus de la siuiaoe du sol; le manche principal est en ligne droite avec la flèche; il est plus fort que l'autre, et a de 3 pieds 8 pouces à 4 pieds de longueur. Tous deux sont maintenus par deux ou quelquefois trois traverses.
Si l'on en excepte la flèche et la queue , toutes les autres parties de cette charrue sont faites en fer battu et en fonte.
Le soc /est long de i8 pouces; les deux bords de sa partie postérieure se replient h partir de l'angle formé par le tranchant, et se terminent par une douille qui reçoit l'extrémité du cep g. Il se réunit aux pièces i, k, dont la première, i^ se recourbe sur le yersoir et fotmc un angle aigu, comme on le voit dans la fig, i*A.
Jjt cep g a 10 pouces de longueur; il est attaché à la flèche au moyen du tenon Z, qui la traverse.
Le versoir m, fig. i-A, a 1 3 pouces de hauteur en avant, et i6 pouce^ de longueur dans sa partie supérieure. Il se fixe contre le manche et les autres parties au moyen d'un boulon.
Le contre n, est fixe à la flèche au moyen d'une mortaise par laquelle
qA
il la traverse; son indinaison doit être calculcfe de manière à former un angle droit avec lalignedc tirage , et un angle de 4^ degrés aveclecep.On lui donne l'inclinaison convenable au moyen de la tige de fer à boulon o, o.
2. Charrue à biner. Cet instrument est trës-commode pour labourer entre les rangées de plantes cultivées en ligne. Dans les terres fortes et tenaces il remplace très-avantageusement la houe à cheval. On lui place deux versoirs lorsqu'il s'agit de rejeter sur les côtés la terre du milieu des rangées; on n'eâ place qu'un lorsque ^ au contraire, on veut rejeter au milieu la terre des cotes.
L'âge ou flèches se termine par une queue (, composée de deux manches dont l'un se prolonge sur la même ligne que la flèche; ils sont liés au moyen d'une verge en fer c.
Le soc ^^est ajusté avec la semeUe et le cep e, qui est en fer ainsi que la petite bande/. Celte dernière y étant sujette à s'user par le frottement , peut y au besoin > être enlevée et remplacée par une autre. Le cep est uni à la flèche par le boulon i qui traverse la flèche et le manche, et vient se fixer à la semelle.
Le versoir h^ est en bois, recouvert d'une forte plaque de tôle. On peut lui donner plus ou moins d'écartement au moyen d'un crampon Z, qui sert à arrêter un aro-boutant à chamière. Le cote opposé au versoir est garni d'une lame de fer n , qui repose sur la bande/.
Le coutre est appuyé contre la plaque de tôle qui recouvre le versoir.
PLANCHE Sr .
Charmes.
I . Charrue à deux versoirs. Ce qui rend cet instrumetat remarquable narmî les autres diarrues , ce sont les versoîrs qui ^ au moyen de deux quarts de cercle a, a, fig. i-A, percés de trous et se fixant sur l'âge ayec une cheville en fer, b, s'dcartent et se rapprochent à volonté.
La flècbe c porte , en avant , un régulateur d^ pour le tirage* Les manches e, e^ s'éloignent également de la ligne de l'ige^ et sont fines par une première traverse en fer, /, et par un boulon qui traverse Tige de g en g, Ib se reunissent à leur base, qui s'attache sur la semelle près du
soc , en I.
Le ooutre k est droit , appuyé sur le soc. Les versoirs I, /, sont filés au corps m, par une charnière mobile.
Cet instrument remplace le cultivateur et la houe k cheval. Il est trèspropre k donner un fort buttage aux plantes cultivées en lignes , et il élève la terre à une grande hauteur aù^essus du fond du sillon. Quelquefois on s'en sert pour tracer des rigoles dans les champs.
d. Charrue de Dombaslej perfectionnée par M. Cambrai. Elle diffère essentiellement de la chamie de Dombasle, i^ par la solidité des manches , qui s'attachent entièrement à la flèche par deux forts boulons ay aj fig. l'^y et non au corps ; i^ par la traverse c, fig. 2, qui lui donne de la solidité et empêche la terre et les racines de s'y engager aussi facilement ; 3" par d'autres détaik moins importans.
La flèche ou âge b est droite. Elle a six pieds de longueur; elle porte en avant un régulateur d , consistant en une équerre dont la branche supérieure traverse la flèche et se maintient à la hauteur désirée au moyen d'une cheville en fer tenant à une chaînette o , traversant la flèdie et la branche par un des trous e. La branche inférieure et horizontale/, da régulateur, est munie de trois fortes dents, entre lesquelles se place l'anneau de tirage g, pour diriger la ligne à droite ou à gauche. A cet anneau tient la vei^e de fer hy attachée sous la flèche , derrière le coutre, pai* le crochet t, fig. 2- A.
Le manche / a 4 pieds de longueur; il est incliné de manière à s'élc-
( 47 ) Ter de 1 pieds 8 pouces au-dessus du sol. Les mancherons s'écartent tous deux de la ligne du tirage, mais celui A: s'âoigne deux fois plus que Fautre de cette ligne; leur écartement total est de ik pieds lo pouces. Us sont maintenus par une trayerse / , et par les deux boulons a, a, fig. 2-B, dont le premier traverse le billot m, et le second la flèche.
Le soc R , a- A , est attaché au yersoir en p par un fort lien de fer, et tient à la semelle ou cep par son extrémité postérieure; il est large, triangulaire , et en fonte ainsi que le corps, les yersoirs et le cep. Ce dernier a i6 pouces de longueur. Lé corps se compose de deux montans larges et plats p, ç, et de la trayerse c, le tout fondu d'une seule pièce. a , y compris la semelle, i5 pouces de hauteur.
Le yersoir r est fort, grand, à courbure très-prononcée, comme on le yoît dans la iîg. i-h. Son écartemcnt du point 5 à la flèche n*est pas moindre de qo pouces. Il est maintenu solidement par les deux yergcs de fer V, ar, boulonnées sur les deux montans du corps.
Le contre t se place dans une fausse mortaise u, (îg. a et a-B, pratiquée sur le coté de la flèche au moyen d'une bande de fer', et il se maintient solidement en position ayec un coin de fer.
Cette charrue me paraît l'emporter sur celle de M. de Dombasle par sa solidité , et par la manière dont elle renverse la terre.
PLANCHE a3<
Charrue.
I. Charrue Molard, Nous TavoDs représentée du cote opposé au versoir , dans la fig. i , et vue en dessus dans la fig. I-A.
Elle est très-remarquable par le mécanisme ingénieux de son double r^ulatcur ; mais ce mécanbme même , augmentant le prix de l'instrument bors des proportions de son utilité , est cause qu'on l'emploie peu aujourd'hui.
Un cadre en fer, i, i, i, porte' tout le mécanisme. Il est mobile et tourne autour de la cbeyille 0,0, qui lui sert d'axe. On le fixe au moyen d'une autre cberille n, qui se rapproche dc^ points /, l, i-A, sur une plaque de fer transversale r, i-A ^ selon que l'on tourne le cadre plus ou moins à droite ou à gauche. Au bout du cadre sont placés la bride by et le régidateur d, e, tournant avec le cadre à volonté, et servant, la première à régler la ligne de tirage , le second à déterminer le degré d'entrure.
La bride porte un crochet c, qui se hausse et baisse a volonté, servant à atucher le palonnier.
Le régulateur dy e , se hausse et baisse paiement à volonté, et se maintient en position au moyen d'une cheville A , 1-A, qui le traverse, ainsi que la pièce de fer faisant partie du cadre , en m. Par ce moyen , la roue e peut non-seulement s'élever et s'abaisser , mais encore se porter à droite ou à gauche, sur la ligne du tirage.
La flèche a , a 4 pieds 6 pouces de longueur.
Le contre p est solidement fixé au moyen d'un coiny*et d'un anneau g. Le soc t , le corps de la charrue t; , et le versoir u , sont en fonte.
La queue se compose de deux manches en bois, dont l'un, j^ , s'appuie sur la semelle et s'y fixe au moyen de deux boulons à écrous , dont le plus long X traverse la flèche , le manche et le cep Ar. Le manche^ acquiert encore de la soliditd au moyen de la barre de fer z.
1. CuUimteur; houe à cheval, La fig. 2 la représente vue de profil;
(49) la fig. a-By vue en di^ssus. On l'emploie au buttage des pommes de terre ^ et autres plantes cultivées en lignes.
La flèche a se termine anteneurement par un régulateur h y (pii permet de donner plus on moins d'entrure au soc. Le corps de la charrue est en bois y ainsi que les versoixs ^ mais la semelle c est en fer , et sa pointe se courbe en avant pour fortifier la partie antérieure des versoirs.
( fe)
Chrtmees,
I . Charrue de M. Cambray. Gelle-ci joint aux ayantages de lacbarrue de Dombasle ceux d'édre beaucoup plus simple, plus légère, de ne jamais traîner de la terre avec elle, et de la beaucoup mieux renyerser, à cause de la couibure plus prononcée de son yenoir.
La flèche & a 5 pieds 8 pouces de longueur; elle est un peu recouibée Ters le manche , dans lequel elle est fixée à mortaise et temm. Elle porte en ayant le même régulateur que celui que nous ayons décrit à l'article de la charrue de Dombasle, planche aS.
La queue se compose de deux manches d , /*, longs de 3 pieds et demi, dont le principal,/, se prolonge sur la même ligne que la flèche; il yient s*appuycr sur la semelle , où il est solidement fixé , et il sert de corps à la charrue. Le second manche d yient s'attacher sur le yersoir en e , figure I -B , et se lie ayec l'autre au moyen des deux yerges de fer boulonnées que l'on aperçoit.
Le soc a est en fonte , ainsi que la semelle et le yersoir; il est triangulaire et a 1 4 pouces de longueur. Il s'adapte à la semelle par son extrémité gauche en c , et au yersoir par une bande de fer g en dessus.
La semelle est en fonte : elle porte l'extrémité du manche^, et le corps i qui est en bois. Elle a 2 pieds de longueur.
Le yersoir A est remarquable par sa courbure ayantageuse , il est long de 1*1 pouces et en fonte.
Du côté opposé au yersoir est une plaque de tôle m, qui s'adapte sur le corps, sur la semelle, et au bord postérieur du soc, afin d'empêcher la terre et les racines de s'entasser dans Vintérieur du corps. En g , fig« i , on aperçoit une écbancrure seryant à deVisser un boulon lorsqu'on yeut 6ter le soc. Cette plaque de tôle a i pied de hauteur.
Le coutre h se place dans une fausse mortaise o , pratiquée sur k coté de la flèche au moyen d'une bande de fer. Il est solidement fixé par un coin de même métal.
La yerge de tirage p est attachée à une bride mobile r r ^ qui se hausse
ott se \msse en raison du point où se trouve le bout de la crànailUre x du régulateur.
2. Charru0 toume-oreilk m^ee at^ëtU-tram* Cette diarme ne peut fphrt être d'an bon usage que dans les pays ou Ton £ût les hboursMi (lates^^banâes on biHoos, c'est-a*dire en retèunantla diarrèe pour re-> commencer un sillon à côte' du sillon déjà fiût^ en prenant la ligne de li* rage dans le sens contraire.
Sons lie décrirons pas rayant-trainy par la raison qu'il n'offire rien de plus particulier à cette charrue qu'à une autre. D'ailleurs nous l'avons représenté ayec la roue de devant enlevée, a-I), afin qu'on pût en voir les détails toas rendus , quoique en petit.
• La flèche 6 a 5 pieds 6 pouces de longueur^ elle estun peu courbée, et va s'implanter , à mortaise et tenon , dans un plot de bois a posé sur la semelle portant les mancbes, et fixé à son extrémité supérieure à la traverse d. Ce plot est muni en c d'un porte-fouet.
La socy est triangulaire , long d'un pied , fixé à la semelle par un boulon qui le traverse en dessus. La semelle est fixée au corps e , ainsi qu'au plot a, et maintenue encore par la verge de fer o.
Le versoir se compose de deux parties : la supérieure h est fixée solidement sur le corps; eUe porte en avant une plaque de tôle pour rempècher de s'user; la partie inférieure, ou Voreille , s'ôte ou se place à vobnté, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Elle s'attache au moyen d'une petite verge de fer courbée g , fig. 2-G , qui se passe dans un anneau placé sur la semelle en m, et par une cheville n qui s'implante dans un trou creusé dans le corps a; une seconde cherille p sert à la saisir quand on veut la mettre ou l'ôter. Cette oreille est en bois, comme la partie supérieure du versoir : elle a ao pouces de longueur et 5 pouces 6 lignes dans sa plus grande largeur. Le devant g est aminci en bizeau , afin de ne point faire de rcsistence en avançant.
Le GOtttre i traverse la flèche dans une moitaise; comme il faut le changer de position chaque fois qu'on change l'oreille de côté , on se sert pour cela du bâton r, dont on passe un bout dans Faixade 5. Le milieu appuie avec force contre le contre en f , parce qu'il est obligé de se courber pour revenir passer devant le tenon t; on passe lenûlieu du bâton à droite ou à gauche du coutre, selon que l'on veut incliner ce dernier adroite ou à gauche.
Le tirage se Cait au moyen de la longue bride mobile u , à laquelle tient une chaîne x, qui va s'attacher à l'avant-traln.
Quant au degré d'entmre, on le détermine aiséonent au moyen du châssis X 9 qo^ porte rarant^rain. La pièce de bois i^ v^ sur laquelle est appuyée la flèche, se hausse et se baisse à volonté, et se maintient en position au moyen de chevilles que Von place dessous, dans les trous pratiqués le long des montans du chAssis^'.
La ligne de tirage se fixe au moyen de la traverse z , sur laquelle on plante une cheville an point déterminé. Le crodiet de la chaîne d'attdage se fixe à cette cheville.