‹ Les intellectuels; pièce en trois actesChapitre 13 sur 92 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

écrit toujours, Fabel examine quelques papiers.) Oui, je vais les envoyer. Il ne fait pas mauvais aujourd'hui ?

Raph.

Non, il fait doux, très doux.

Fabel.

Vous avez là un joli bouquet; est-ce pour peindre?

Raph {souriant, un peu gêné).

Mais non, mais non! Ce sont des fleurs que j'ai cueillies le long du chemin. Il y en avait tant que je n'ai pu résister au plaisir d'en faire un bouquet... J'ai pensé, du moins comme je suppose que M"'^ Marthe aime les fleurs, je l'ai apporté jusqu'ici.

Fabel.

C'est gentil, ça! Marthe, entends-tu : ce gros bouquet est pour toi.

Vraiment? Il est très joli; mais quelle peine vous vous êtes donné, Monsieur Raph.

3o LES INTELLECTUELS

Raph {un peu gêné).

Aucune! Je vous assure!

Marthe.

Ce sont des fleurs sauvages?

Raph.

Oui. Ne les préférez-vous pas aux monstres dus à l'industrie des horticulteurs?

Marthe.

Je ne sais pas, je m'y connais si peu! C'est que je n'ai pas le temps de penser à toutes ces choses agréables peut-être, mais si peu utiles! {Elle place le bouquet devant elle et reprend son travail.) Je lui donnerai de l'eau tantôt.

Fabel.

Ça fait que vous voilà définitivement installé à la campagne?

Raph.

Oui, en pleine sapinière. C'est très bon pour la poitrine, l'odeur des sapins.

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