‹ Les intellectuels; pièce en trois actesChapitre 14 sur 92 · ACTE PREMIER 3l · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER 3l

Fabel.

Cela ne vous semble pas -triste d'être ainsi seul, loin de tous?

Non, j'y suis habitué, la tranquillité me plaît ; puis ma maison est si petite que c'en est presque une cage. Je vis là-dedans comme un oiseau mélancolique et frileux.

Fabel.

Et les affaires? Cela marche-t-il?

Raph.

Ce n'est pas brillant.

Fabel.

C'est embêtant, le public est idiot. Mais, entre nous, n'êtes-vous pas un peu original, un peu singulier, un peu...

Raph {d'un ton plutôt sec).

Oh! pour ces choses-là, vous savez. Monsieur Fabel, j'ai des idées très arrêtées.

Fabel.

Oui, je comprends. Pour nous autres, c'est une question de patience. Pour le moment, ÏAt^t natiofîal est loin de couvrir ses frais d'édition. J'y mets de ma poche; mais il s'agit ici — ne l'oublions pas! — de Va}'t national! Il faut se sacrifier.

Raph.

C'est évident.

Fabel.

N'est-ce pas? Puis, pour vous, il n'y a rien de perdu. Avec vos illustrations, vous vous faites connaître; c'est une réclame magnifique et gratuite.

Raph.

En effet.'

Fabel.

Cela n'empêche pas que si plus tard...

Raph.

Bien entendu! Mais ne vous inquiétez pas. C'est comme vous dites : quand on veut faire vivre une revue d'art sérieuse, l'on ne peut espérer des bénéfices.

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