‹ Les intellectuels; pièce en trois actesChapitre 20 sur 92 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

propos que j'ai à vous avertir qu'il me sera désormais impossible de faire de l'art pour l'art dans la revue.

Fabel.

Que veux-tu dire?

George.

Que je ne pourrai plus collaborer régulièrement à ÏArt national.

Fabel.

Et pourquoi pas. grands dieux?

George.

Avec mes cours réguliers, je n'aurai plu-s le temps, sans compter un tas de machines que je mets en ordre.

Fabel.

Des machines?

George.

Oui, j'ai beaucoup de travail sur le chantier : Un abrégé de littérature, que j'espère faire adopter par le gouvernement pour les écoles moyennes; cela rapporte gros, ce genre d'af-

faires, quand on réussit. Puis, j'achève une comédie que je compte présenter au concours dramatique annuel.

Fabel.

Une comédie?

George.

Oui, une comédie, Les Trafiquants. C'est une attaque violente contre les gens d'affaires, les bourgeois prétentieux et âpres au gain.

Fabel.

Ce sera épatant! Mais la revue, comment ferons-nous? Toi parti, la chose s'écroule!

George.

Times is money !

Fabel.

Oui, mais Y Art national, qu'en fais-tu? On se sacrifie un peu,... comme moi, par exemple.

George.

Voyons, Monsieur Fabel, il y a longtemps que vous n'y sacrifiez plus rien, à VArt

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