‹ Les intellectuels; pièce en trois actesChapitre 31 sur 92 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Olga.

Oh ! les peintres du moyen âge, quelle blague ! Il est prouvé qu'ils possédaient une science et une érudition profondes. — Ainsi, par exemple. . .

Raph.

C'est très possible, je ne veux rien nier, mais il est encore plus prouvé que ce furent des ouvriers habiles, avant tout. Des peintres, voilà! D'ailleurs, n'avons-nous pas tort de discuter ainsi? Rien n'est plus menteur que le proverbe; aucune lumière ne jaillit des discussions !

Robert.

Dieu dit : Que l'obscurité soit. Il discuta avec la première femme, et l'obscurité fut !

Olga (piquée).

C'est inévitable. Je t'y attendais, toutes les idées nouvelles te blessent ; te voilà prêt à soutenir que la femme n'est qu'un être inférieur.

Robert.

Elle me semble quelquefois très supérieure, cela dépend beaucoup; mais enfin, je n'aime jamais ses opinions littéraires et artistiques.

Olga.

Que c'est fin ! Pourquoi nos opinions littéraires et autres ne vaudraient-elles pas les vôtres ?

Robert.

Parce qu'elles y ressemblent trop. Selon moi, ce qui pourrait arriver de pis à la femme, ce serait de devenir l'égale de l'homme. Elles y perdraient ce qu'elles ont su garder de plus précieux jusqu'ici : la grâce naturelle, le bon goût instinctif et tout le pittoresque de leurs personnes.

Raph.

Le pittoresque ?

Robert.

Mais oui! Elles le sont restées, à la façon de ces peuples, qui, malgré le chemin de fer, ont conservé leur costume national...

Olga.

Ainsi, à la femme intelligente, instruite : la femme de l'avenir, tu préfères la sotte, la coquette, l'évaporée qui règne encore aujourd'hui?

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