‹ Les intellectuels; pièce en trois actesChapitre 38 sur 92 · acte premier · texte numérisé non relu

acte premier

Oui, je veux bien, avec enthousiasme même. Tu me donnes une issue. Mais écoute: quoique tu puisses dire ou me lire, Je repars quand même.

Raph.

Nous verrons bien.

Robert.

A toutes mes raisons de tantôt, j'en ajoute une autre. George, ce bon George aime ma sœur, j'en suis certain. Ils finiront par se marier et ils s'établiront sans doute ici. Or, tu comprends que je ne saurais vivre dans la même maison, avec un homme dont le caractère et les manières me répugnent, un de ceux-là justement... mais, qu'as-tu? Te voilà tout pâle?

Raph {très vite).

Moi, pâle? Je suis toujours pâle, c'est la poitrine qui me joue de ces tours. Le docteur me disait encore, il n'y a pas longtemps, que j'ai des tendances à m'en aller par là, comme une jeune héroïne romantique.

Robert.

Te sens-tu malade? {Il l'observe, inquiet.)

Raph.

Mais non! n'insiste pas; tu vas m'effrayer, je suis très impressionnable.

Robert.

Mais, enfin....

Partons. L'air dissipera mon malaise.

Robert.

Eh bien! oui, allons-nous-en!

Raph {remis, cacJiant son trouble).

Tu verras : je te lirai de jolis vers. Je vais les réunir en volume, comme .lames, mais pas sous un titre vague ; au contraire, ce sera très clair : Le dernier rêve.

Robert.

Pourquoi, dernier rêve?

Rai 'H.

Oh ! une idée comme ça, mon cher! une idée.

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