‹ Les intellectuels; pièce en trois actesChapitre 50 sur 92 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

bavardage insipide, qui nous assourdissent partout avec leurs deux ou trois cris appris par cœur, toujours les mêmes, qu'ils répètent à tout propos.

Olga.

Oui, coco est un idéaliste. Mais?

Raph.

J'ai ici ses lettres. Toutes celles que j'ai reçues depuis son départ. .l'en ai fait deux paquets : l'un pour remettre à M. Fabel, l'autre pour toi. Ce sont celles qui pourraient t'intéresser.

Olga.

M 'intéresser?

Raph.

Oui, oui, elles te le feront connaître. Tu l'ignores et cela sera mieux ainsi. D'ailleurs il y en a d'amusantes, tu sais, violentes comme ses discours. Tu y verras comme il déteste cette race de déguisés qui n'ont des grands hommes que les manies. Ces forts en thème qui en vain sous une phraséologie compliquée et prétentieuse veulent cacher la geuserie de leurs idées. D'autres sont plus mélancoliques; il y parle de toi.

loo les intellectuels

Olga.

De moi? Est-ce une volonté de Robert que tu exécutes en me les remettant?

Raph.

Non ! mais cela est nécessaire, tu comprendras après. En attendant je vais m'absenter, peut être m'en aller. Je préfère laisser toutes ces choses en bonnes mains. Il peut m'arriver quelque chose. Je ne suis pas solide.

Olga.

Que peut-il t'arriver?

Raph.

Ce qui peut arriver à tout le monde. J'espère faire un voyage de santé, vers la Suisse. II paraît que l'on y guérit quelquefois de mon mal. Mais ne t'inquiète de rien! Garde ces lettres et fais moi le plaisir de les lire; tu ne le regretteras pas.

Olga.

II y dit donc des choses agréables pour moi?

Page 1