‹ Les intellectuels; pièce en trois actesChapitre 49 sur 92 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Olga.

J'ignorais qu'il cherchât des chimères.

Raph.

C'est très naturel ! On ne comprend nullement des hommes comme lui en une fois. Mais va! va! Le vent le poussera encore; il s'en ira par les plaines et les montagnes, il traversera les océans, les larges rivières et visitera les îles et les continents, mais il ne trouvera pas ce qu'il veut : son cœur est ici.

Olga.

Crois-tu qu'il reviendra?

Raph.

Il faut qu'il revienne! Dieu ne fait point des âmes comme la sienne pour qu'elles s'éparpillent et se perdent dans le néant des actions vaines ! Il a du génie.

Olga.

Tu parles de Dieu et du génie de Robert ; ne sont-ce point deux choses dont l'existence est aléatoire?

gS LES INTELLECTUELS

Raph.

Je dis Dieu, parce que rien ne m'effraie tant que de supposer un monde dirigé par un destin aveugle et inconscient. Un destin sans pitié qui détruirait la graine de l'œuvre avant qu'elle n'ait eu le temps de germer, de fleurir et de produire son fruit. Comment! la nature pourrait créer une àme comme celle du Dante sans lui permettre de clianter?

Olga.

Oh! la nature Elle a des caprices de femme bête, mais je n'ai jamais deviné des promesses si grandes dans l'âme de Robert.

Hélas ! non, ce fut une des tristesses de sa vie ici ; une de celles qui le poussèrent le plus à s'en aller.

Olga.

Mais il affectait d'avoir des goûts grossiers et bizarres; d semblait détester toute culture.

Raph.

Pour mieux se distinguer du vain troupeau des débiteurs de tliéories ; ce tas de cacatoès au

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