acte deuxieme
George.
Mourir : tu as la fièvre, c'est donc une idée fixe?
Raph.
Non, non, ne t'inquiète pas ! Fais ce que je te demande. Voilà tous mes manuscrits. Pas l'hôpital, non ! Je préfère là-has. De mon lit je vois la Druyère.
George.
Va, du courage, du courage.
Raph (se levant agité).
Oui. Oh! voilà que ça me reprend encore; c'est horrible cette sensation d'étouffement, c'est horrible, je veux partir.
George.
Reste un moment plutôt, tu te remettras. Veux-tu que j'appelle ?
Raph.
Non, de l'air, l'odeur des arbres, je veux respirer, voir encore !
no LES INTELLECTUELS
George (hésitant).
Veux-tu que je t'accompagne jusque chez toi? C'est que je suis désliabillé. Mais entin, si c'est nécessaire...
Raph.
Non ! non ! Ne te dérange pas pour moi ; mais souviens-toi...
George.
Sois tranquille, rien ne se perdra. (Ils se rapp7'oche7it en causant de la porte du jardin.) Alors tu crois que cela ira bien jusque chez toi?
Raph (un peu remis).
Ne te dérange pas, ne te dérange pas, cela va mieux.
(Ils se séparent à la porte. Raph disparaît dans le jardiyi lentement. George reste sur le seuil).
George.
Au revoir ! Si tu y tiens, à ce soir ; mais je te conseille le repos, le calme. Puis les soins, l'hôpital, — tu sais, l'hôpital.