ACTE TROISIEME
Fabel.
Cela te sera rendu, xMarthe. Mais comment parles-tu ! As-m donc le cœur réellement dur qu'il ne s'attendrit pour rien ? Ton frère est là, revenu depuis un jour à peine, après des années d'absence et tu soni;es à des questions d'intérêt.
iMarthe
Je pense à des questions d'intérêt. Je n'ai pas de cœur parce que j'envisage les choses avec calme. Je l'avais bien dit qu'il finirait par être le meilleur.
George.
Allons, n'exagérons rien! Il faut essayer de vivre en paix.
{Robert entre; il a le teint halé, la barbe lui a poussé; il parait plus fort et plus mâle.)
Robert {Souriant).
Bonjour père, Marthe, George. J'ai admirablement bien dormi. Il n'y a que chez soi qu'on dort bien.
Fabel.
Je suis bien content que tu t'en sois aperçu enfin !
Robert.
On ne peut pas tout voir en une fois ; pour apprécier les choses il faut pouvoir les comparer.
Fabel.
Voilà.
Et toi, ma petite sneur, toujours sérieuse? Qu'as-tu appris de la vie depuis? A être contente, à rire? Tu as bonne mine.
Marthe.
A être contente oui, à rire beaucoup, non. Je ne trouve pas qu'il y ait tant à rire dans la vie.
Robert.
Tu calcules donc toujours? C'est trop pour la femme d'un poète.
George.
Je vous remercie du titre, mais le calcul n'est pas à dédaigner.
Fabel.
En effet, si je n'avais pas calculé, je ne crois