ACTE TROISIÈME
pas que je fusse arrivé à me faire une petite fortune.
Robert.
Eh! l'on sait bien gagner de l'or sans arithmétique : « Ainsi moi j'apporte une somme très appréciable de là-bas. )>
George.
De l'argent? Vous apportez de l'argent !
Robert.
Même de l'or, quelques pépites.
Fa BEL.
De l'or ? même de l'or?
Mais oui ! C'est dans la tradition, n'est-ce pas ? Quand on revient de l'Amérique c'est à pieds nus ou avec des dollars. J'ai bien de quoi vivre et de faire de la littérature à mes frais.
Marthe.
Comment as-tu fait ?
Robert.
Ah! ah! Ça t'intéresse, avoue-le, petit comptable ! J'ai gagné de l'argent un peu au hasard, comme cela va, quand on marche à l'aventure. J'en ai perdu, j'en ai dissipé, aussi. J'en ai regagné en jouant, en cherchant de l'or dans les placers, en faisant de la contrebande et que sais-je ! J'ai gagné de l'or comme on gagne de l'or, par cent moyens plus ou moins louches.
George.
Voilà une manière qui se pratique peut-être, mais dont on ne se vante pas.
Robert.
En connaissez-vous une autre ?
George ( montrant la bibliothèque remplie de ses broe hures et livres).
Certainement! La vieille et bête manière de nos pères : l'honnêteté et le travail.
Robert.
Elle est touchante ! L'honnêteté et le travail; mon pauvre amiRaphadonc laissé des sommes folles en héritage ?