acte troisième
Robert.
Mais non... Je lirai ça. — une autre fois; çà paraît très bien d'ailleurs, je vous félicite,
George.
C'est que l'attaque commence seulement... On m'a dit que je fus mordant, très satirique. Voulez-vous...?
Robert.
Vraiment non, merci ! Je vois très bien ce que c'est. Au fond, je me sens quelquefois un faible pour cet omnivore inoffensif et bien en chair que l'on appelle bourgeois. On lui a crié sur tant de tons qu'il est bête qu'il en est presque devenu intelligent. C'est le contraire de nous qui sommes devenus stupides à force de proclamer notre génie.
Fabel {liant).
Tu as toujours tes petites idées.
George.
La manie de la contradiction!... C'est moins original que cela ne paraît.
l5o LES INTELLECTUELS
Robert.
S'il m'arrive de contredire c'est que je cherche. Ainsi à propos de votre article, de mon pauvre Raph, avouons que c'est plutôt par habitude, par esprit d'imitation que nous tombons à bras raccourcis sur le public, sur le bourgeois, chaque fois que quelque chose de malheureux arrive à un artiste ou à l'art. En réalité où est leur culpabilité? Surtout ici! Il fallait leur dire qu'il y eut quelque part une vie, un talent à sauver, ils auraient marché! Mais on se tait, les bons amis surtout; les confrères qui vous ignorent plus que les autres, — deux fois plus même, — puisqu'ils ne veulent pas vous connaître. — Le public ! Quelle rengaine! Eh! le public, le bourgeois, mais c'est plein de bonne volonté! Le bourgeois, c'est philanthrope et sentimental ; ça vous lâclie une pièce de cent sous dix fois plus vite qu'un homme de ^énie!
Ah ! non !
George.
Robert.
Non ! Fondez une ligue contre la misère des artistes. Par exemple : l'Œuvre de l'air pour les petits grands hommes. M. Prudhomme se fera