acte troisieme
George.
Donne-le moi, je t'en prie. (Marthe lui passe la livraison.)
Fabel {à Robert).
Il faut le lire, cela te fera plaisir.
George.
Voilà l'article : Sin- la mort d'un artiste. Si vous voulez, je vous en lirai quelques lignes pour vous donner une idée.
Mais oui, je veux bien.
Écoutez donc : Sur la mort d'un artiste l Encore une fois il vient de se produire à quelques pas de notre métropole {avec un sourii'e entendu). C'est nécropole qu'il faudrait dire ! Un de ces faits inouis et scandaleux qui feraient douter de l'humanité, si l'on n'avait la douce certitude que ça et là l'art et la beauté trouvent encore un humble refuge!
Un jeune artiste (un de ceux qui promettaient)
vient de mourir inconnu et obscur; loin de tous, faute de soins...
{A Robert.) Vous savez : une suite de détails connus, passons. J'arrive à mon attaque !...
Et ces choses arrivent en notre époque de veulerie et d'hypocrisie! dans notre société qui se prétend civilisée. Cela arrive! Et la laborieuse digestion du bourgeois n'en est point troublée, le bourgeois c|ui porte son or aux charlatans, aux étrangers, aux pitres ; le bourgeois !...
Robert {l'interrompant).
Le bourgeois c'est le chien de la maison, c'est toujours sur lui qu'on tape.
George.
N'est-ce pas justice?
Robert.
Non, puisque c'est du parti-pris! Ensuite c'est bien usé! Moi j'aime toujours le changement.
.Te continue...