ACTE TROISIÈME l6l
Olga.
On peut se tromper. On change.
Robert {lui prenant les mains).
Qui ça, on ?
Olga.
Eh! bien: On\ Ceux qui, — enlin ceux... qui semblaient ne pas t'aimer beaucoup avant ton départ.
On!... Il y avait mon père. Il vient de me dire qu'à présent il me permet de taire mon goût et même des romans.
Olga (très vite, pour cacher son trouble).
C'est pas étonnant, pas étonnant ! Nous avons fait du progrès pendant que tu cinglais vers les contrées lointaines. Depuis quelque temps, la littérature n'est plus une occupation tout à fait déshonorante en Belgique, quoiqu'il y ait encore bien de préjugés !
Robert.
Oui mais ! Oui mais! On parlait des on, — l'autre 07î c'était toi . .
iô2 les intellectuels
Olga.
Je ne t'ai jamais détesté.
Robert,
Tu trouvais mon cerveau médiocre et mon âme grossière.
Olga.
Je ne te comprenais pas. J'avais l'esprit faussé; la mode avait mis dans ma tète des opinions aussi baroques que les chapeaux qu'elle nous oblige à porter dessus. Raph, avant de mourir, m'a remis quelques-unes de tes lettres.
Robert {doucement).
Ah! mon pauvre Raph? Mes lettres, lesquelles ?
Les plus belles, et quelques-unes où tu parlais de moi.
Robert.
De toi! de toi ! Mais alors... Dis, c'était bète tout ce qu'il y avait là dedans?