ACTE TROISIÈME l
Olga.
Tu sais bien que non.
Robert {a^?^ês un silence).
Pourquoi nous escrimer ainsi, nous guetter, nous parler de loin, tapis au fond de nous mêmes, en nous observant comme deux êtres ennemis? Olga, je... Oh! il faudrait un mot rare et précieux. Mais je ne le trouverai pas.
Olga.
Ça ne presse pas.
Robert.
Si! si ! D'ailleurs tu sais bien ce que je veux te dire. Olga je n'ai jamais, jamais aimé que toi ! Es-tu redevenue ma petite amie d'autrefois? Dis le vite ! Bien vite ! et tout sera encore à refaire.
Olga.
Voilà que tu bouscules de nouveau tout ! Pourquoi cette hâte? Si demain l'envie te prenait de repartir.
Tais-toi ! Tais-toi ! Repartir quand ce que
j'ai tant cherché est enfin trouvé. L'amour, ia joie ! Ce soleil qui fera germer ce qui dort et qui existe en moi. Car il ne faut rien craindre, si ton esprit, ton cœur préfèrent ceux qui sont grands, je saurai l'être. N'en doute point surtout. Je saurai tirer de mon cerveau des œuvres si étranges, si profondes et si émouvantes, que les hommes s'y arrêteront malgré eux et que leurs fronts se courberont. Je suis une force, Olga je le sais, je le sens et il ne tient qu'à moi de le prouver!
Olga.
Ce que je sais de toi me suffit.
Robert.
Tu m'aimes donc ? Tu m'aimes ! Ainsi toutes mes colères, mes dégoûts, mes plaintes de jadis, ce n'étaient que des choses vaines. Je me croyais un incompris, un méconnu et c'est moi qui ne comprenais pas les autres. Tous ces grands gestes, ces airs tragiques, n'étaient donc que des enfantillages? J'étais peut-être aimé sans le savoir et je détestais sans raison.
Olga.
Je n'étais pas tout a fait gentille avec toi.