ACTE TROISIÈME
Robert.
Oh! tais-toi! Tais-toi! {Un silence. Robert feuillette le livre fébrilement. Il s'approche de la fetiêtre et pousse des exclamations entrecoupées.) Non! non! Ce n'est pas possible. Ah! ce serait affreux! Infâme. {Robert jette le lir>re et croise les bras, il ne fait plus attention à Olga.) Plagier un mort! Voilà l'homme. Ah! ah! du succès! Je m'étais trompé. Non! mes yeux cruels ne voient que trop bien ! Ils ne se trompent pas, mes yeux froids et calmes, et ce sont eux qui font toute l'horreur de ma vie ; mes yeux pour qui rien ne se dissimule, ni s'embellit. Mes pauvres yeux qui voient, qui voient! qui voient!
Olga.
Robert !
Vivre en paix! Il n'y a pas de paix pour ceux qui soutiennent les bonnes causes, pour ceux qui luttent contre la cohue des médiocres, des menteurs et des faux prophètes. Il n'y a pas de paix. Et il n'en faut point. Même si le combat était cent fois plus inutile encore qu'il ne l'est!
Olga.
Robert! Qiie se passe- t-il. Parle moi?
Robert.
Ce qui se passe? Ne le sais-tu pas? Pourquoi ne l'as-tu pas deviné? Ne fus-tu point de leur sorte ! Ce qui se passe ? C'est que ce livre, toute cette œuvre sans doute, est une œuvre plagiée ! Volée à un mort. Il ne faut pas pâlir, cela arrive tous les jours. Toute leur œuvre à tous, est une œuvre de plagiat et de vol. Ils vivent des débris des âmes comme les vers immondes vivent des débris de nos corps. Ce livre, c'est Raph qui l'a écrit; il m'en a lu le manuscrit avant mon départ.
Olga.
Est-ce possible?
Robert.
C'est ainsi, c'est ainsi! Oh! j'ai presque envie de croire au Dieu qui fit naître ce hasard. Je sais, je sais ! L'homme aura son châtiment.
Olga.
due veux tu faire?
L'attendre ici même, je le soulHetterai avec ce volume, je lui dirai ce que je sais de son crime,