‹ Les intellectuels; pièce en trois actesChapitre 89 sur 92 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

puis. Je m'en irai dans les rues, aux carrefours populeux, crier son infamie et ma colère en face de tous.

Olga.

Tu ne feras pas cela.

Robert.

Vaine espérance! Que m'importe cette maison. Je détruirai cette gloire, cet homme et puis je m'en irai de nouveau!

Olga.

C'est le mari de ta sœur.

Robert.

Eh! Que m'importe! Crois-tu que cela le sauvera de moi ? Que m'importe ma sœur? Je vengerai Raph, le seul être qui sut m'aimer et qui osa croire en moi ! Je le vengerai et je m'en irai bien loin, de nouveau vers la vie large et libre; loin des petites saletés des gargottes littéraires !

Olga

Tu vas faire bien de la peine à ton père, Robert.

lyo LES INTELLECTUELS

Mon père! mon père! {avec un geste comme pour rejeter une idée importune). Qu'avait-il besoin de prendre un être pareil pour gendre? Mon père, il me le citait en exemple ! On porte le châtiment des stupidités que l'on fait. Non ! non ! je serai sans pitié.

Olga.

Et moi alors ! moi, Robert?

Robert.

Toi?

Olga.

Moi, tout sera donc de nouveau détruit?

Robert.

Toi! toi ! c'est vrai. Mais je ne peux faire une lâcheté pareille.

Olga.

Le bonheur, le droit de vivre en paix, s'achète toujours au prix d'un peu de lâcheté.

Robert {d'une voix adoucie).

Tais-toi ! Tais-toi ! Ce serait renoncer à être

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