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VIVRES
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Les rations de fourrages étaient accordées en marche et en campagne.
Malgré les efiForts tentés à diverses reprises pour reconstituer le corps, et bien que Ton eût appelé l'attention sur la nécessité de remédier au mal existant, la situation n'avait guère changé depuis 1831, par la raison qu'on avait admis trop d'éléments qui n'étaient pas à la hauteur de leurs fonctions et ne réunissaient aucune des qualités voulues; les meilleurs sujets européens formés depuis la conquête s'en allaient journellement, préférant s'engager aux spahis ou aux chasseurs d'Afrique, qui leur offraient un tout autre avenir.
Nous allons maintenant entrer dans une phase nouvelle, ?t voir enfin des réformes radicales provoquées par les ■aisons développées dans le chapitre suivant .
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NÉCESSITÉ d'une RÉFORME. — CONSTITUTION DÉFINITIVE
On a vu qu'en dehors des interprètes commissionnés, il existait une classe d'interprètes provisoires indigènes, attachés à diverses administrations civiles ou militaires, et notamment, à la gendarmerie. Le colonel commandant cette arme les employait, suivant l'urgence, aux différentes résidences de gendarmerie qui en avaient besoin . Comme ils étaient peu rétribués, il y avait nécessité de les prendre sans beaucoup de choix ; du reste, ces sortes d'interprètes n'étaient que des agents secondaires pour faciliter le service et n'avaient aucun droit de porter l'uniforme. Mais ils ne manquaient jamais, aussitôt désignés pour un emploi, de revêtir de suite la tenue des interprètes commissionnés et de se promener ainsi avec ostentation dans les rues d'Alger.
En 1830, les interprètes attachés à l'armée expéditionnaire avaient reçu, avec leur commission ministérielle, une lettre explicative sur l'uniforme qu'ils devaient porter;
mais les interprètes de la première formation étant presque tous rentrés en France, il en était résulté que les nouveaux admis dans le corps, qui n'avaient point d'instruction pour leur tenue, prirent insensiblement la capote bleue avec les boutons du corps royal d'état-major, le pantalon garance avec la bande bleue, et la casquette de campagne adoptée par les officiers d'état-major ; en sorte qu'il finit par y avoir identité entre la petite tenue de ces officiers et celle portée par les interprètes.
En 1840, un de ces interprètes provisoires indigènes se prit de querelle, en plein jour, dans une rue d'Alger, avec des gens de mœurs équivoques. 11 fallut que la police s'en mêlât et appréhendât au corps tous ces ignobles tapageurs. Le scandale était d^autant plus flagrant, que l'interprète auxiliaire, traîné en prison, ivre et débraillé, était revêtu illégalement d'un uniforme, qui, comme nous l'avons dit, n'était autre, à cette époque, que celui des officiers d'état-major.
Cette affaire ne laissait pas que d'être fort désagréable aux officiers, aussi bien qu'aux interprètes commissionnés. Ces derniers se réunirent aussitôt, afin d'éviter un conflit, et adressèrent une protestation contre l'abus, offert trop souvent aux yeux de tous, du port de l'uniforme par des individus qu'ils repoussaient de leurs rangs d'une manière énergique.
Voici le texte même de cette protestation ; elle manifeste bien l'indignation d'hommes se respectant, et qui avaient le sentiment de leur valeur et de leur dignité (i) :
(i) Ce document a été retrouvé dans les papiers de famille laissés par plusieurs des signataires de la protestation.