ET EMPLOYÉS MILITAIRES ASSIMILÉS
Interprètes principaux
Interprètes
Nous apprenons^ au moment •!
partie historique du travail, quo .M Chanzy, dont la sympathie pour !>• de Tannée est lionnue depuis Ion jrteMi[ diverses propositions^ afind'ann'liorrî et lui donner satisfaction pour divi.*rt tuil.
Voici déjà ce qui a été obtenu et que n tuellement dans les documents officiels :
INDEMNITÉ DE PREMIÈRE MISE D'ËQDIPl"
(Décret du 25 décembre 1875.)
tt Interprète auxiliaire de 2* classe^ 850 fir.
« Les interprètes auxiliaires de 2" classe, auxquï demnité de 2* mise d'équipement aura été payée, ** avant d'avoir accompli cinq années de service A corps, se trouveraient ou démissionnaires ou révo^ mesure de discipline, devront être constitaés dft envers l'État du montant de Tindemnité, ettenm i'4 fectuer le remboursement au Trésor . *
ce L'allocation doit être concédée, dans les mêmes oi»» tions aux jeunes gens, qui, aux termes du premier j»»? phe de l'article 5 du décret du 4 juin 1862, sont a«l exceptionnellement dans le corps, en qualité d'interp titulaires de 3* classe, sans avoir passé par le cadre » liaire. »
(1) Jusqu'ici les intcrprètros auxiliaires avaient dû s'équi leurs frais.
Les autres propositions du Gouverneur général seraient;
1° Que tout candidat^ reconnu admissible aux examens des interprètes, devrait contracter l'engagement de servir, pendant dix ans^ dans le corps des interprètes militaires^ sous les conditions que, s'il ne remplit pas cet engagement, il serait incorporé dans un régiment, pour y faire une année de service, s'il restait en Algérie, et cinq années, s'il rentrait en France, suivant le sort de la classe à laquelle il appartiendrait;
2» Une assimilation, en ce qui concerne les prérogatives, aux divers grades de l'armée — question du salut; composition des conseils d'enquête et des conseils de guerre, suivant les grades militaires auxquels les interprètes des différentes classes sont assimilés ;
3^ Marques distinctives de grade à la casquette des interprètes titulaires;
4® La tunique à deux rangs de boutons, du modèle général de l'armée ;
&> Remplacer les doubles bandes bleu de ciel du pantalon garance par deux bandes bleu foncé, c'est-à-dire de la nuance du fond de la tunique ou du dolman, afin de donner plus d'harmonie dans les couleurs de l'uniforme;
6« Donner le dolman, comme tenue unique, aux interprètes auxiliaires.
BIOGRAPfflE DES ANCIENS INTERPRÈTES D'ALGÉRIE
GAROUÉ (Georges)
Le 16 juin 1830, pendant que Tarmce française, débarquée depuis deux jours sur la plage africaine, travaillait à mettre en état de défense la presqu'île de Sidi-Ferruch, Un vieillard arabe se présenta aux avant-postes . 11 paraissait épuisé de fatigue : « Dieu est grand, disait-il à chaque instant; c'est Dieu qui Ta voulu; que la volonté de Dieu soit faite . »
On lui demanda ce qu'il désirait : « J'ai, dit-il, une mission divine à remplir ; je veux parler à votre chef. » Conduit devant le général de Bourmont, il s'exprima sans contrainte : «'Quoique vêtu de ces habits en haillons, dit-il, je suis cheikh d'une nombreuse tribu, et c'est de ma propre volonté que je viens vers toi. J'ai voulu voir de près les étrangers qui envahissent notre pays, et connaître leurs sentiments à l'égard des Turcs et des Arabes. » Le général en chef lui fit répondre que son désir était de réta-
blir la paix entre les Français et les Arabes^ et delesë-i
vrer du joug des Turcs^ qui les opprimaient. Le YidU
parut satis&it de cette réponse^ et ajouta que, puisquinl
était ainsi, il espérait déterminer bientôt sa tribaàtnal
avec les Français . Puis il demanda à retourner parmis
siens . On lui fit remarquer que son retour allait Fexpi^r
k de grands dangers; mais ces paroles ne reffinyèiec
point, (c Je suis déjà vieux^ la conservation de ma vie es
sans importance ; j'ai reçu des Français une généie»
hospitalité, je veux leur prouver mon dévouement et m
reconnaissance. » M. de Bourmont consentit à le laiw
partir, en lui remettant des exemplaires de la pr».
M clamation adressée par le Gouvernement français à ses
'• compatriotes. Mais on sut, plus tard, que, trahi parks
ii Arabes ù qui il s'était confié, il avait été conduit à Âlgff,
! 5 et que le Dey lui avait fait trancher la tête sous ses yem
I; Cette scène d'abnégation et de dévouement exalta u
plus haut degré l'imagination d'un des interprètes deTarmée, si bien, que le jour même où le vieux cheikh arabe (juittait le camp français, Georges Garoué, Syrien de niûjsunco, autrefois trésorier du pacha de Damas, et parti de Toulon en qualité de guide-interprète attaché à Tétit major de Tarmée, vint demander au général en chef la permission de faire, auprès des Arabes, une démarcke Hombhible à celle qui venait d'être faite auprès de nous. Il Les Fran(;ai8, dit-il, ont été calomniés dans l'esprit des w tribus; on les leur a dépeints comme les ennemis joréis w (le Unir patrie et de l'islamisme. Il faut donc les détromw per, et amener les Arabes à faire cause commune avec M nous, il servir les intérêts de la France contre les Turcs,
» leurs oppresseurs. Élevé parmi les Arabes^ je connais
o leur langue^ leurs mœurs^ leurs usages ; je parviendrai
» à les persuader. »
» — Mais vous êtes fou, lui dit-on ; c'est la mort que
» vous demandez, malheureux !
» — Qu'importe, si cette mort vous épargne des mil- » liers de soldats ? Je suis vieux, ma vie est peu de chose, » et ce sera pour moi une occasion de payer ma dette h » ma patrie adoptive, à la France hospitalière, où, fiigitif » et sans ressources, j'ai trouvé sympathie, protection, » assistance. »
Garoué, après avoir recommandé sa famille, restée à Marseille, à la sollicitude du gouvernement, partit pour ac<îomplir sa périlleuse mission, et distribuer des proclamations aux indigènes .
Reconnu à son accent syrien, il est bientôt arrêté et conduit à la Casba devant le Dey. Ce fut avec énergie que cet interprète reprocha à Hussein-Pacha son imprudence et la témérité de vouloir se mesurer avec les troupes françaises ; il osa lui proposer de capituler, en présence du divan assemblé. Sa tête, livrée au bourreau qui la fit fouler sur les bords de la fontaine des lions (i;, paya tant d'audace et de courage, et alla grossir le nombre de celles 9ui, durant le siège d'Alger, furent exposées sous les por-
^I) Cotte fontaine élégante, à colonnettes en marbre, orne aujourd'hui la cour du cercle des officiers d'Alger, dans Tanciennc caserne fodi'C. Son nom de fontaine des lions lui venait de ce que, dans cette 3ur de la Casba, se trouvaient des cages, où les pachas tenaient s lions destines à être envoyés, en hommage, au sultan de Consntinople ; on rappelle aujourd'hui fontaine Garoué.
ches de la Kasba. Tel est le récit de divers histo de Galibert, entre autres.
D'après une notice laissée par Joanny Pharao prête du Gouverneur général, en 1832, qui de bien renseigné sur les péripéties de l'acte de dév de son infortuné collègue, les faits se passèrent d nière encore plus héroïque.
Pendant que notre escadre était encore en général de Bourmont fit appel à un interprète d volonté pour aller, avant le débarquement de faire connaître aux indigènes le but de notre ex] Garoué s'ofl^it aussitôt, et, dans la nuit du 12 au c'est-à-dire la veille du débarquement, un bâtimle déposa sur la plage, devant Torre-Chica (Sidi-I Sous le burnous arabe, il s'engage dans l'intér terres, et, profitant de l'obscurité, il va accroc exemplaires de la proclamation aux branches de et des buissons qu'il rencontre sur son chemin quand le jour vient, il ne tarde pas à se trouver sence d'indigènes. Son accent syrien, ses manier môme, ne tardent pas à faire reconnaître qu'il ei ger au pays . On fait cerde autour de lui, on le qu par curiosité ; et Garoué, qui, avant tout, a une importante à remplir, exhibe la proclamation, et e lecture, à haute voix, à ses auditeurs, qui, déjà, è ! ] et se livrent à des commentaires . Mais alors, u
turc survient au milieu de ce rassemblement,
qu'il en apprend la cause, il arrête l'orateur et
duit au pacha. Les deux versions s'accordent
i) tenant très-bien sur l'issue de cette affaire. L
il,
^an d'un chaouch fit rouler la tête du malheureux
iaroué .
Du reste, il est facile de se figurer riadignation des Turcs, en lisant la proclamation qui annonçait leur renversement. 11 est d'un intérêt historique de reproduire la traduction littérale de cet important document, très-peu connu des Européens . Nous dirons, plus loin, comment et par qui, le texte arabe en fut rédigé à Paris.