ÂGÉ DE 58 ANS
ZACCAR (Jean -Charles)
Né à Damas (Syrie), le 19 janvier 1789. (Naturalise Prêtre, élevé dans un couvent du Liban, il se réfiig à Marseille, à la suite d'événements politiques qui troi blaient son pays. U était vicaire de Téglise saint Nicoh de Myre, à Marseille, en 1830, lorsque, signalé au gouvei nement par sa connaissance approfondie de la langu arabe, il fut mandé à Faris, pour rédiger la proclamatio qui allait être adressée aux Arabes de TAlgérie, au mo ment de l'entrée en campagne.
On a vu, plus haut, ce document historique, dû à 1 collaboration de l'illustre orientaliste de Sacy, de Bianchi secrétaire-interprète du Roi, et de l'abbé Zaccar. Si ud note, écrite sur les états de services de Zaccar ne Téta blissait pas, il suffirait de lire le texte de cette pièce, poi constater que c'est lui, en effet, qui contribua le plus à s rédaction. Les locutions usuelles en Syrie, patrie deZacca se rencontrent presque à chaque ligne ; on est égalemei frappé de la multiplicité des formules religieuses, et de < que j'appellerai le style de sermon, qui n'appartient qu un ecclésiastique (i) .
Sans quitter la soutane, Zaccar prit l'épée et partit av( l'armée expéditionnaire . C'était un homme fort instruit fort honorable. Le général de Bourmont lui confia enco
(1) Le texte de cette proclamation, avec une traduction i)ar feu professeur Bresnier, ont été donnés dans la Revue africaine^ en 18 avec des notes par le D' Leclerc.
le soin de traduire en arabe le texte de la capitulation du Pacha Hussein.
Nommé interprète de l"^* classe, le 3 avril 1830, auprès du général de Bourmont.
Interprète principal, le 17 avril 1839, au gouvernement général.
Détaché à PÉvêché d'Alger, le 13 mars 1845.
Interprète auxiliaire^ le 8 novembre 1848.
Chevalier de la Légion-d'honneur, en octobre 1845.
Mort, le 22 février 1852, à Alger.
Zaccar, débarqué à Alger avec l'armée française, ne cessa d'être attaché auprès des gouverneurs généraux, depuis le général de Bourmont jusqu'au maréchal Bugeaud. Tout en remplissant ses devoirs d'interprète, le Père Zaccar n'en continua pas moins à observer les règles ecclésiastiques, et c'est lui qui, le premier, célébra la messe, pour le Gouverneur et son Etat-major, dans une petite chapelle installée au fond de la rue de l' État-major, à peu près à l'endroit où se trouve, aujourd'hui, le bureau central de Police .
Pendant longues années, Zaccar remplit, avec zèle et activité^ tous les devoirs que lui imposaient ses fonctions délicates d'interprète, partageant les dangers, les privations et les fatigues auxquelles les troupes étaient exposées . Trois fois il accomplit la périlleuse mission d'aller, en parlementaire, auprès d' Abd-el-Kader, et plus souvent encore, de s'aboucher avec les Arabes rencontrés sur le passage des colonnes. 11 eut plusieurs chevaux tués sous lui, en diverses rencontres avec l'ennemi. Atteint de douleurs rhumatismales, après seize années d'une existence des
plus fatiguantes^ à laquelle sa vie religieuse était ravoir préparé, il sollicita un poste paisible, et, ei de sa première vocation ecclésiastique, on Tattacl: vêché d'Alger. U ne resta pas longtemps dans a tions, qui consistaient à feire des cours de langue ce que son âge et sa santé ne lui permettaient plu réintégra, en 1848, dans le corps des interprètes
res, comme auxiliaire lui, Tanciei
prête principal en chef !
Zaccar mourut, à Alger, presque dans la pau\ 22 février 1852.
HABAIBY (Jacob)
Né en Egypte,
Dernier des colonels de mameluks de la gard( riale, oflBcier de la Légion-d'honneur, était en rei Paris, lorsqu'il fut nommé, en 1830, interprète de 1 à rÉtat-major du général en chef de Bourmont;
Rentra en France après la prise d'Alger, avec s fils, Joseph et Daoud Habaïby, qui avaient fait pagne avec le grade de guides-interprètes. i J L'un d'eux a été, plus tard, oflBcier de spahis en a
CHAfflN
Egalement Egyptien, chef d'escadron des ma oflScier de la Légion d'honneur, en retraite à Parii
" De même que le colonel Habaïby, il avait la réputation "; cavalier intrépide . Chahïn était cité, dans l'armée im- -5riale,pour sa bravoure légendaire . C'est lui qui, dans -he bataille, dégagea le général Riipp, enlevé par un grou- -3 de cavaliers ennemis.
- Nommé, en 1830, interprète de 2° classe, dans Tarmée -xpéditionnaire d'Alger.
- Rentré en France, après la campagne.
ABD-ALLAH D'HASBOUNE
D'origine syrienne.
Chef d'escadrons de mameluks ;
Chevalier de la Légion d'honneur, en retraite, nommé interprète de 3« classe en 1830.
En 1834, Abd-Allah d'Hasboune, alors détaché à Oran, fut envoyé, par le général Desmichels, auprès d'Abd-el- Kader, pour traiter de la paix. Les conditions de ce traité sont bien connues. Immédiatement après les avoir con- [îlues, l'interprète Abd-Allah d'Hasboune était placé à Masciira, auprès de TEmir, en qualité de consul, pour représenter les intérêts de la France. Il occupa cette position jusqu'au moment de la rupture et de la reprise des liost'Utés.
D'AUBIGNOSC Interprète de 1*^* classe à l'expédition d'Alger, en 1830
Avant et pendant les préparati& de la campagut il d gouvernement royal n'avait rien omis pour &cilikrkl g succès de l'expédition par des missions secrète a] Âfirique.
MM. d'Aubîgnosc, Gérardin et Raimbert^ récemia| nommés interprètes de Tarmée, avaient été enmtfi Tunis^ dans le courant du mois d'avril 1830^ afin desoDisI les dispositions du Bey de Tunis^ d'ouvrir unesourcÉi*' conde aux approvisionnements de Tannée, d'agir snr il moral des populations maures et arabes, et de détacha. du Dey d Alger, Tunis, Maroc, et, s'il étîût posaU. Oraii et Constantine. Les trois émissaires connaissaiafi parfaitement le pays où ils étaient chargés d'opérer. M lluimbert, homme pratique et doué d'un jugement 5».lide, avait longtemps dirigé le service de nos possesâ'*î en Afrique, et il avait eu de nombreux rapports âvec les tribus qui commerçaient avec le Bastion de Fran« et La Calle.
M. d'Aubignosc, esprit inventif, ardent, plein d'activité, et, en outre, homme d'exécution et d'énergie, qui avait déjà rempli des missions dans le Levant, avait pri'senté, dès la mi-février 1830, à M. le comte de Bourmwnt, un mémoire, où il établissait que les marins sardes et corses, expédiés annuellement pour lu pèche du corail, n'arrivaient sur les côtes de Barbarie qu'à la mi-juiB, et ne quittaient ces parages que dans la dernière quinzaine d'août; d'où il concluait, avec justesse, qu'on avait (levant soi le temps nécessaire, pour fixire Texpédition avant le mauvais temps.
Le 30 avril, d'Aubignosc envoyait au commandant en
aef un rapport circonstancié , divisé en trois parties^ ■"ous les titres suivants : Politique, Économiey Statistiqm.
Dans le premier, il exposait ce qu'il y avait à espérer et . . craindre des- États voisins, au sujet d'Alger. Leur fidéité à l'alliance du Dey était, comme toute fidélité qui ne repose que sur la terreur, à la merci d'un succès de l'arnée française. La proclamation, que le commandant en 3hef avait adressée aux populations, et qui avait été répandue, dans les Etats algériens, par les soins de M. de Lesseps, envoyé de France à Tunis, et Raimbert, d'Aubi- ^nosc et Gérardin, envoyés secrets, avait produit un bon 3flFet, pour atténuer les antipathies religieuses .
Dans la seconde partie du rapport, d'Aubignosc annonçait que le Bey de Tunis se prêterait à autoriser toute ?spèce d'achat, dans ses États, et à devenir lui-même fournisseur, pourvu que sa coopération restât secrète.
La troisième partie du rapport, consacrée à la stratégie, contenait des détails sur le fort l'Empereur et la presqu'île de Sidi Ferruch, où devait s'opérer le débarquement.
M. Gérardin, qui connaissait à merveille le pays, et qui parlait toutes les langues qui y ont cours, n'était pas un moins précieux auxiliaire ; de son côté, il envoyait aussi des renseignements utiles. Les préparatifs de. l'expédition française produisaient, disait-il, le meilleur effet sur toutes les liégences. Tandis qu'Alger était dans la consternation, les Européens n'avaient jamais joui d'une plus grande sécurité à Tunis . I^ Pacha de Tripoli lui-même devenait affable .
M. Raimbert, agent actif et sévère sur l'origine de ses
renseignements^ tenait le commandafit en chef au courant des modifications qui s'opéraient dans l'esprit mobile des populations.
D'Aubignosc et Raimbert, de retour de leur mission, rentrèrent à Toulon, un peu avant le départ de l'armée pour Alger. Quant à Gérardin, il rejoignit la flotte en rade de Palma. Parti de Tunis, quatre jours avant, à bord de la Bayonnaise, il apprit au général en chef que le Dey d'Alger faisait des préparatifs de défense, et qu'il avait convoqué les contingents des Beys de Constantine, de Titterm. et d'Oran.
L'armée débarqua sur la cote d'Afrique, et, aussitxV^ après la capitulation, le général de Bourmont, avant d'en. trer dans Alger, nomma une commission du gouvern ment pour étudier les habitudes, les mœurs, les instit tions locales, les besoins du pays, et proposer toutes les m( sures administratives nécessitées par la situation nouvell
L'interprète d' Aubignosc faisait partie de cette commis sion, qui était présidée par le maréchal -de-camp Valazc.
Peu après, dans sa dépêche du 8 juillet au ministre des affaires étrangères, le général de Bourmont annonce qu'il a investi d'Aubignosc des fonctions de lieutenaut général de police .
Les autres détails de la vie politique de M. d'Aubignosc sont assez connus; nous n'avons pas, du reste, à en parler ici. Son séjour en Orient l'avait mis à même d'acquérir parfaitement la connaissance des langues turque et arabe. Rentré en France, vers 1832, il a laissé un ouvrage intitulé : Considérations sur l'Algérie,