BOYER
Chef de bataillon ;
Ancien élève de Técole des Langues ;
Officier de la Légion d'honneur ;
Interprète de 3* classe en 1830, démissionnaire en 1831.
MODTY (Nathan)
Né en 1785 en Syrie;
Ancien mamelouk de Tannée d'Egypte. Bentré en France avec le général Menou ;
Mamelouk de la garde impériale ; licencié^ en 1814^ à Saumur, par le maréchal Ney ;
Guide-interprète en 1830;
Auxiliaire-interprète de 2* classe en 1840;
Décédé le 13 janvier 1853, à Oran.
Mouty était attaché au général Damrémont, commaDdant l'expédition d'Oran, en 1831 .
YOUSODF
Yousouf était originaire de Copolivri, petite bourgade de l'île d'Elbe, où il naquit en avril 1805. Son père, propriétaire dans l'île, se nommait Signorini, et sa mère Zia- Liza. Il avait un frère aîné, du nom de Joanni, qui était capitaine marin. £n 1814, à l'époque où Napoléon était à l'île d'Elbe, le jeune Giuseppe Signorini, âgé alors d'environ dix ans, fut embarqué pour l'Italie, où sa famille l'envoyait au collège de Florence. Mais le navire, qui le portait, tomba entre les mains d'un corsaire, et, conduit à Tunis, il fut offert au bey comme esclave (i).
(1) Vers 1851, le général Yousouf, venant de passer une inspection des spahis, dans la province de Constant i ne, rentrait à Alger, sur le courrier de la côte. A son passage à Bougie, mon commandant supérieur, le colonel de Wengi, apprenant la présence du général sur le bateau, m'envoya à bord le saluer de sa part, et Tinviter à venir se reposer quelques instants chez lui . Le général se rendit à terre, et, sur le débarcadère, fut accosté par le garde de santé Joanni Chicolini, quUl embrassa avec grande effusion. Après le départ dn général, j'interrogeai Joanni, et il m'apprit qu'il était le cousin-germain du général. C'est ainsi que j'ai connu sa véritable origine et les renseignements concernant sa famille, que je crois très-exacts.
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B son côté. JLi, L';ainjunu«n u* ^intemr. c^a: intrigue aEb'^oraia*^ i?^^ .' mp tn» survAiutr i»t cesse.
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fiuivre àmg le jârdia^ let le noya dwn mte piscdne^ n Ini mai»tenaiBt la tête sous r^âfu. Dans le hanem, on cooshdéra cette mort comme Un aocideot^ et les sonpçeos ne se portèrent sur personne, ^i)
Quelque temps apràs^ une discussion s'étant éleTée entre Yousouf et le ministre Saliab Taba, à propos d'un tine perdu, Yousouf, naturellement vif et outré d'être traité comme un esclave, s'oublia jusqu'à répondre avec arrogance et menaces • Le haut fonctionnaire lui fit inflige vingt-cinq coups de bâton pour le châ;tier de son irrévéreitce . Après cette punition oularageante, la victime, iiirieuse, s'en fut prendre des pistolets, et revint pour trouver le Sahab Taba chez lui, afin de se venger; mais les gardât Tempêchèrent d'entrer. Le ministre, informé de cette ten* tative, en rendit compte au Bey, qui punit Yousouf, en le privant de son titre de mamdouk, et en le fiiisant inoorporer dans la troupe.
Ayant appris la disgrâce de Yousouf, la princesse, femme du ministre des finances, engagea son mari à le prendre à son service ; et celui-ci y consentit, après en avoir obtenu Tassentiment du Bey,
Les deux amants purent renouei* leurs relations ; mais leur imprudence faillit bientôt les perdre Tun et l'autre . Yousouf, escortant avec un groupe de cavaliers, les femmes du harem, qui se rendaient à une campagne aux eft* virons de Tunis, caracolait auprès de la litière de la piin-
(1) Quelques écrivains ont raconté, à ce sujet, que Yousouf coupa la tête et arracha les yeux et la langue de la victinte, pour les offrir en trophée à sa maîtresse . Les choses se passèrent d'une manière moins dramatique et surtout moins barbare .
oesae . Dans un moment d'excitation^ il lança son cheval avec trop de fougue, et fit une chute qui le blessa grièvement. Son amante, oubliant toute réserve, manifesta trop ouvertement, par ses pleurs et ses cris, l'affection qu'elle avait pour le blessé. Il n'en fallut pas davantage pour éveiller la jalousie du ministre , qui , à partir de ce jour, interdit sévèrement à Yousouf l'accès de son palais.
C'est alors qu'arriva à Tunis la nouvelle de l'expédition prochaine des Français contre Alger. Ce grave événement
y causa, comme dans les autres Etats barbaresques, une profonde sensation ; les esprits étaient en fermentation, et bien des intrigues s'agitaient . Yousouf, mécontent de ce qui lui était arrivé, se jeta secrètement dans le parti français, et résolut dès lors de profiter de la première occasion pour passer en Algérie et entrer au service de la France.
Cette occasion ne se fit pas attendre. En effet, le brick de guerre \ Adonis se trouvant en rade de Tunis, Yousouf alla se rofiigier chez notre consul, qui le prit sous sa protection, et parvint, malgré la surveillance exercée sur le rivage, à le faire conduire à bord de \ Adonis sain et sauf. Ce navire avait ordre dcr rallier la flotte devant Alger . Yousouf débarqua donc à Sidi-Ferruch avec l'armée. Pendant la campagne, il resta, comme interprète, auprès du général en chef, et fut ensuite placé, au même titre, près de M. d'Aubignosc, commissaire général de police, par arrêté daté de la Kasba, le l'^ août 1830.
Au mois de novembre 1830, une expédition était dirigée sur Blida. A une lieue en avant de cette ville» Taris