PROGRAMME D*HISTOIRE DE L* AFRIQUE SEPTENTRIONALE
1" Question. — Fondation de Carthage. — Fondation de Carthage par Didon. Agrandissements successifs de la puissance de Carthage. Fondation de Cyrëne. Faire connaître les divers peuples qui ont successivement exercé leur domination sur TAfrique septentrionale.
2« Question. — Iv guerre punique ; guerre des mercenaires. — Première guerre punique ; sa durée. Amilcar, Batailles de Tyndaris, d'Ecnome, de Drépane ; siège de Lilybée ; victoire desRo-
mains aux tles Egates. Guerre des mercenaires ; Hathos et Spendius. Fondation de Cartbagëne par Asdrubal.
3^ Question. '—2'' guerre punique. — Prise de Sagonte; passage des Alpes par Annibal; ses victoires sur le Tésin,sar la Trébie, au lac Trasimëne, à Cannes ; batailles deNola, de Séna; les deux Scipions en Espagne ; passage du grand Scipion en Afrique ; victoire de Zama.
4« Question, — 3« guerre punique. — Faire connaître les étals qui, à la fin de la 2« guerre punique, se partageaient TAfrique septentrionale. Troisième guerre punique: Hassinissa ; Syphai; Bocchus. Prise de Cirlha et bataille de Zama. Prise et destruction de Carthage.
b^ Question. — Domination romaine, — Domination romaine; Micipsa, roi de Numidie; prospérité de ce pays sous son r^ne. Partage de son royaume entre ses flls Adherbal et Hiempsal et son neveu Jugurtha ; guerres de ce dernier avec les Romains ; sa défaite. Démembrement de la Numidie, Reconstitution du royaume de la Nupfiidie par Auguste au profit de Juba II. Rétablisssement de Carlhage. Fondation de Césarée (Cherchell). Insurrection du Maure Tacfarinas contre Ptolémèe,
6' Question, — Décadence de la domination romaine . — Introduction du christianisme en Afrique ; Tertullien ; Saint-Cyprien. Séparation de Tempire romain en empire d'Occident el empire d'Orient. Sous le règne de Valentinien, empereur d'Occident, révolte du maure Firmus contre le comte Romanus, Saint- Augustin, son origine, sa conversion, sa mort pendant le siège d'Hippone dont il était évéque.
7e Question. — Domination des Vandales, — Invasion des Vandales ; leur origine ; leur religion ; Genséric ; siège d'Hippone ; prise de Carthage, malgré les secours envoyés par Théodose H, empereur d'Orient. La paix signée avec Genséric. Expédition de ce dernier contre Rome. Majorien, empereur d'Occident, réunit à Carthagène une flotte pour passer en Afrique; cette flolte est détruite. Léon, empereur d'Orient, envoie une flotte, commandée par Basiliscus, et une armée ; commandée par
Héraclius; la flotte est brûlée, l*année reponssée en Egypte. Mort de Genséric.
80 Question, — Décadence de la dominaiion vandale, — Décadeuce de la domination vandale. Le général Gélimer détrône Hildéric. L'empereur Justinien envoie Bélisaire en Âfriqne. Débarquement à Caput-Yada ; prise d*Adruméle ; bataille de Tricaméron; prise de Carthage et d'Hippone. Les Vandales chassés ; Gélimer vaincu et mis en possession d*un gouvernement en Galatie.
9« Question. — Domination Greco-byzaniine. — Domination Greco bysantine ; celte dominaiion fut de courte durée. Salomon fut en lutte continuelle contre les indigènes ; les Berbères se répandirent dans la Numidie ; TAurès fut le théâtre d'une guerre acharnée . Salomon, remplacé momentanément parGermanus, neveu de Justinien, reprend le commandement. Après lui, rinfluence greco-byzantine décroît.
10e Question, — Mahomet. — Mahomet ; son origine ; lieu de sa naissance; ses premières années; son mariage. Commencement de ses prédications; ses premiers disciples ; but qu'il se proposait. Sa fuile à Médine. L'Hégire. Mahomet, persécuté, donne Tordre à ses sectateurs d'employer les armes à la propagation do la nouvelle religion ; soumission de quelques tribus de l'Arabie; prise de la Mecque . Mort de Mahomet.
1 !• Question. — Domination arabe. — Invasion des Arabes en Afrique et en Espagne. Fondation de Kairouan, capitale du Maghreb; prise de Carlhage. Faire connaître les diverses dynasties qui se sont succédées en Afrique jusqu'à l'époque de la prise de Grenade : les Ommiades ; les Abassides ; les Edrissites ; fondation de Fez ; les Aglabites ; les Fatimites ; les Almoravides ; fon* dation d'Agmat; Youssef ben Tachefin en Espagne; les Almohades; Abdel-Moumen; lesMériniles; Abdallah, dernier roi de Grenade, se réfugie à Fez.
\ï^ Question . -- Domination turque, -- Situation d'Alger à l'époque de la prise de Grenade. Salem et-Toami ; exjiédition du
comte de Navarre ; création de la Torteresse du Pefion à l'enlrft du porl d'Alger. Les frères de Barberousse. Aroudj el Katr Eddin; Aroudj. appelés Alger par Salem el-Toumi, étendues couquéies. Il eslballu el lue à Tleniœn par les Espagnols, Son frcrt Khaïr Eddin se met sous la proleclion du Sullaii . Première «[>*dilion de Chades-Quint. L'amiral Doria est ballu dans le goir« d'Ambracie. Deuxième expédition de Cltaries-QuiQ! ; sou iosaccôs. Barberousse en Italie, à Marseille. SamorL
i3a Question. — Sièt/e de Malle. Bataille de Lipante. — lo successeurs de Khaîr Eddiu ; Hassan; Salali-Heis ; luttes am tes Espagnols ; créatioa des janissaires. Siège do Malle parles Turcs ; Jean de la Valelle ; .défaite des Turcs. Expédition do Snllan Selim II conirel'ile de Chypre; don Juan d'AuIricbe; bataille de Lépanle; défaite des Turcs. Michel Cerranlés.
\io Queilion. — Expédidont françaises sous le règtu il Louis XIV. — Origine des établisse menls fi'ançais sur la c41te d'Afrique; la Caile ; le bastion de France. Corsaires algériens, Expéditions françaises dirigées sous le régne de Louis XIV contre Djidjelli el Alger ; duc de Ueauforl ; Dutjuesne; l'amiral de Tonr- Tîlle; maréchal d'Ëslrécs. Trallé de paii ; ambassade i Paris.
15» Question. — Expéditions espagnoles. Expédition anglaises. — Expéditions espagnoles. Exp<Jdition du comte dcMootcmar sous le règac de PliiiippeV; reprise d'Oran et' de Mersel-Kebir. Sous le régne de Charles 111, eupédilion de l'IrlanJai^ O'Reilly contre Alger ; insuccès. — Attitude d'Alger pendant 11 République et l'Empire. — Bombardement d'Alçer en 1810 par lord Exmoulh ; traité de paix.
16» Quetlion. — Expéditionde 18.30. Prise d' Alger . — Causes de l'expédition de 1830. Blocus d'Alger ; destruction de la Calic par représailles; agression du vaisseau ia Provence. — Composition de l'armée de débarquement. Combats de Slaouélt el de Sidi-Kbalcf; siège du fort l'Empereur. Prise d'Alger ; départ du dey Hussein pour Naplcs; sa mort ù Alexandrie ; prise d'Ot» el de Béne ; expédition inutile sur Blida .
17* Question. — l^* expédition de Constantine, — Première expédition de Ck)nstanline; composilion de Tannée ; par qai elle Stait commandée ; insuffisance des approvisionnements et de l'artillerie ; altaqae par le Mansourah ; assaut infructueux ; retraite; le commandant Changarnier et le 2« léger; rentrée à ftône. Rappel du maréchal Clauzel.
^ 18« Question, — 2' expédition de Constantine, — Deuxième expédition de Constantine. Le général Damrémont. Ck)mposilion de Tannée. Attaque principale par le Coudiat-Aty; attaque secondaire par le Mansourah ; le général Damrémont, tué la veille delà prise de la ville, est remplacé par le général Valée. Le lieutenant-colonel La Moriciére.
19« Question. — Ahd-elKader jusqu'au traité de la Tafna. — /kbd-el-Kader ; en quelle année il commence à prêcher la guerre sainte. Le général Desmichels et le premier traité signé avec TÉmir. Le général Trézel ; marche sur Mascara ; échec sur le Sig; défaite de la Macta. Le maréchal Clauzel; expédition de Mascara; combat sur le Sig; combat au marabout de Sidi-Embarek; entrée à Mascara; expédition de TIemcon. Le général Bugeaud; combat et traité de la Tafna.
20^ Question, — Abd-el-Kader depuis I8i0 jusqu'à sa reddition. — Abd-el-Kader (1840). Expédition deMédéa; le duc d'Orléans; le général Changarnier à Miliana. Prise des places fortes i*Abd-el-Kader. Prise de la smala par le duc d'Aumale. Abd-el- Kader se réfugie au Maroc. Bataille d*Isly ; le maréchal Bugeaud. Massacre du colonel Montagnac. Reddition de Bou-Maza; reddition d'Abd-el-Kader.
21» Question, — Différend avec le Maroc (1844). — Différend ivec le Maroc (1844); le maréchal Bugeaud; le général La Moriciére; prise d*Ouchda. Bombardement de Tanger; bombardement et occupation de Mogador; le prince de Joinville. Bataille l'Isly ; convention de Tanger.
22« Question. — Expédition du Maroc (1859). — Expédition du Maroc (1859) : ses causes. Composition de la colonne expédi*
tionnaire; le général Martimprey. La colonne décimée parle choléra. Combats d'Aïn TaforaU et deTagma. Contributions de gaerre imposées aux Beni-Snassen, aux Ha!a, aux Angadeseli la ville d*Ouchda.
23® Question, — Extension de notre domination dans le Sd.
— Extension de notre domination dans le Sud ; le chérif d'Ooargla, Mohamed ben Abdallah, battu à Hlili par le commandant Collineau. Laghouat tombée au pouvoir du chérif; siège deLaghouat par le général Pélissier; prise de la ville. ConslmctioD de Géryville. Soumission du Mzab. Prise de Ouargla. Expédition de Tuggurt par le colonel Desvaux; combat de Meggarin, commandant Marmier; entrée à Tuggurt.
n^ Question. — Expéditions de Kabylie . (1847-1851-52-53).
— Expéditions. de Kabylie, en 1847 (maréchal Bugeaud, priae du fort de Hamza) ; en 1851 (généraux St-Arnaud et Camoo); en 1852 (généraux Kandon, gouverneur général, Bosquet, Mac- Mahon). — En 1853, expédition sur les Babors (généraux Bandon, Mac-Mahon et Bosquet) .
25« Question. — Expéditions de Kabylie (1854-1857). - Expédition de Kabylie de 1854. Le gouverneur général (génénl Randon), fait partir d* Alger et de Constantine les généraux Camou et Mac-Mahon ; attaque des Béni Idjer ; la colonne arrêtée au Sebt des Béni Yaya. — Expédition de Kabylie de 1857. Trois divisions: Renault, Mac-Mahon, Yousouf. Attaque des Benilraten ; construction de Fort-National et de la route de Tizi-Ouzon. Combat d'Ichcriden. Opérations contre les Béni Yenni et les Illiten. Rôle de la division Maissiat et diversions dans TOoed Sahel.
PROGRAMME D'mSTOlRE DE FRANCE, DEPUIS LA FIN DES VALOIS
jusqu'en 1870.
l'e Question, — Les trois derniers Valois^ — Les trois fils de Henri II, derniers Valois; Catherine de Médicis; la Réforme;
François II; conjuration d'Amboise. Charles IX; massacre de Yassy; guerres civiles religieuses; assassinat de François de Gaise; la Sainl-Barlhélemy; mort de Tamiral de Coligny. Henri 111; prétention des Guises; la ligue; Henri de Navarre ; guerre des trois Henri ; batailles de Contras et d*Auneau; journée des barricades; États de Blois; assassinat de Henri de Guise; assassinat de Henri III.
2^ Question. — Henri IV.. — Henri IV proclamé roi; ses droits à la couronne ; dynastie des Bourbons ; victoires d*Arques et d'Ivry; conversion d*Henri lY ; son entrée à Paris; soumission des Ligueurs ; Édit de Nantes; paix de Yervins. Réorganisation de la France par Henri lY et Sully ; programme politique du roi. Assassinat de Henri lY.
2* Question. — Louis XIII. — Louis XIII; régence de Marie deMédicis; révolte des princes; Concini; sa mort. Le duc de Luynes. Ministère du cardinal de Richelieu ; sa politique; abaissement des protestants; prise de la Rochelle. Lutte de Richelieu contre les grands; journée des Dupes; mort du duc de Montmorency ; création de l'Académie française. Conspiration et supplice de Cinq-Mars. Guerre de trente ans; lutte contre la maison d'Autriche. Mort de Richelieu et de Louis XIII.
4« Question. — Louis XIV jusqu'à la mort de Maiarin. — Louis XIY; régence d*Anne d* Autriche; ministère de Hazarin ; victoires de Condé à Rocroy, Fribourg, Nordlingen et Lens; traité de Westphalie; acquisition de TAlsace; victoires de Turenne; traité des Pyrénées. Guerre de la Fronde. Mariage de Louis XIY. Mort de Mazarin .
5* Question. — Louis XIV depuis la mort de Mazarin jusqu'à lapaixde Nimègue. — Louis XIY. Administration de Colbert et de Louvois. Guerre de Flandre; traité d'Aix-la-Chapelle. Guerre de Hollande et première coalition ; paix de Nimègue. Acquisition de la France-Comté. Apogée de la grandeur de Louis XIY.
6a Question, — Louis XIV depuis la révocation de VÉdit de
IVantes jusqu'à sa morc. — Louis XIY; révocation de l'ÉJil ili Nantes. Guerre de la Ligue d'Augsbourg ; seconde coalition; btailles (le Fleurus, de Slaffarde, de Sleiukcrquc, Je Ner»i!ute, désastre de la Hougue; traité deRjswyk, Guerre de la suwessioi d'Espagne; iroisiènie coalition; défaîies de Ramillies, d'ODd»nardc, de Malplsquet ; victoire de Villars â Denain ; Irâiléï dttreclil et de Rasladl. Mort de Louis XIV.
1' Question. — Louii XV jusqu'à, l'époque de son mariait.— Louis \V: régence de Philippe d'Orléans; alliance avec I'Abglelerre; le cardinal Dubois; conspiration de Cellantare. Désordres des finances; révolution financière de Law; la Baii(]ne; la Compagnie du Mississipi. Mort du régent. Ministère du dur de Bourbon; mariage de Louis XV.
8= Question. — Louis XV depuis ton mariage jusqu'à tamvt. — Louis XV; ministéredu cardinal de Fteury; guerre de b succession de Pologne; irailô de Vienne. Guerre de la succession d'Âutriclie ; bataille de Fontenoj ; Maurice de Saxe. Gufm de sept ans; bataille de Bosbacb ; (railé de Paris; perte lin colonies françaises; commencement de la grandeur de la Pm». lléuiiioa de la Lorraine; acquisition delà Corse; naissance J( Napoléon Bonaparte. Partage de la Pologne. Mort de LonîsXV
9e Question . — Louis XVI /uaqu'à la concocation des Etait minéraux. — Louis XVI ; tentalivcii de réformes; Turgot ; NecLrr Guerre de l'Indépendance américaine ; Rochambeau; 1^ Fayeiti'; traité de Versailles, le Sénégal nous est rendu. Calonne, Bricnot; convocation des Etais généraux.
10< Question. — Atsemblèe nationale constituante. — Assemblée nationale constituante ; serment du jeu de Paume ; fQsion des trois ordres. Prise du la Bastille. Création de la garde mtionale ; drapeau tricolore. Abolition des droits féodaux; joiffnéci des 5 et C octobre; l'émigration; constilulioo civile ili clergé. Fuite de Louis XVI ; son arrestation ù Varenoes. U constitution de 1791.
Ile Question. — Assemblée législative.— Assemblée légtll^
tive ; guerre avec rAutriche et la Prusse. Puissance de la Commane de Paris. Journée du 20 juin 1792. Manifeste de BrunsTrick ; Journée du 10 août; le roi au Temple. Invasion delà France; massacres de Septembre. Victoires de Dumouriez à Yalmy et à Jemmapes .
12e Question. — La Convention, — La Convention; abolition de la royauté. Procès et mort de Louis XVI. Première coalition ; énergie des mesures de défense. La Terreur ; proscription des Girondins ; permanence de la guillotine. Le 9 thermidor; fin de la Terreur. Campagne de 1793 94; victoire de Jourdan à Fleurus. Constitution de Tan 111; le 13 vendémiaire.
13e Question. — Le Directoire. — Le Directoire. Campagne de Bonaparte en Italie; Arcole, Rivoli ; traité de Campo-Formio ; le Rhin nous est rendu pour frontière. Expédition d*Egypte; bataille des Pyramides. Revers en Europe. Le 18 fructidor; le 30 prairial. Retour de Bonaparte; journée du 18 brumaire.
14e Question. — Le Consulat. — Le Consulat. Conslilution de Tan VIII. Réorganisation de la France. Victoire de Bonaparte à Marengo, Paix de Lunéville. Concordat avec le pape Pie VII; Paix d*Amiens. Création de la Légion-d*honneur. La machine infernale. Le Consulat à vie.
15c Question. — Napoléon Ut jusqu'à la paùc de Tilsitt. — Napoléon, empereur des Français et roi d'Italie, médiateur de la Sui.'^'se. Campagne de 1805 ; victoire d*Austerlitz ; paix de Presbourg. Campagnes de 1806 et 1807 ; victoires d'Iéna, d'Eylau et de Friediand ; paix de Tilsitt. Napoléon protecteur de la Confédération du Rhin ; royaumes feudataires de TEmpire.
16» Quetiion. — Napoléon 1er depuis la paix de Tilsitt jusqu'à l'époque de son mariage. — Napoléon 1", Blocus continental. Guerre d'Espagne. Campagne de 1809 ; victoires d'Essliug et de Wagram; paix de Vienne. Apogée de la grandeur de Napoléon 1»; son mariage avec Tarchiduchesse Marie-Louise.
17e Qtiestion. — Napoléon U^ depuis son mariage jusqu'à son abdication. — Napoléon l«r. Revers en Espagne. Campagne de
Russie ; victoire de la Moskowa ; retraite de Moscou ; passage de la Bérésina, Campagne d'Allemagne; victoires de Luizen, de Baulzen, de Dresde; balaillede Leipzig. Campagne de France; Champaubert, Montmirail, Château-Thierry, Montereau. Capilolation de Paris; abdication de Napoléon 1«^
18« Question. — Première restauration] Cent jours. — b première restauration ; rétablissement des Bourbons; Louis XYin. Retour de rile-d*Elbe. Les Cent jours ; bataille de Ligny ; bataille de Waterloo. Napoléon envoyé à Sainte-Hélène; sa mort.
19« Question. — Louis XVI IL — Louis XVIIL Les traités de 1815. Réaction royaliste . Assassinat du duc de Berry; sociétés secrètes; les sergents de la Rochelle. Expédition d^Espagoe; le duc d'Angoulëme; prise du Trocadéro. Mort de Louis XYIII.
20« Question. — Charles X. — Charles X. Lois impopulaires; M. de Yillële. Délivrance de la Grèce; bataille de Navarin; eipédition de Horée. Ministère Martignac. Ministère Polignac. Expédition et prise d*Alger. La Révolution de 1830; journées des 26, 27 et 28 juillet 1830 ; exil de Charles X.
21® Question. — Louis-Philippe. — Le roi Louis-Philippe. Ministère Lafitte. Ministère Casimir Périer ; occupation d'Ancône; une flotte force les passes de Tage; insurrection à Lyon; le choléra. Ministère Broglie, Guizot et Thiers ; arrestation de la duchesse de Berry ; insurrection des 5 et 6 juin 1832, à Paris; mort du duc de Reichstadt; prise d'Anvers; indépendance de la Belgique. La quadruple alliance. Mariage du duc d'Orléans. Prise de Constantine. Bombardement de Sl-Jean d'Ulloa. La question d'Orient ; traité de Londres. Mort du duc d'Orléans. Bataille d'Isly; bombardement de Tanger et de Mogador. Reddition d'Abd-el-Kader. Mariage du duc de Montpensier. Révolution des 23 et 24 février 1848. Exil de Louis-Philippe.
22® Question. — République de 1848. — La République de 1848. Le gouvernement provisoire. Manifestation des 16 et 17
mars. Assemblée nationale. Journée du 15 mai. Journées de ju«n (23, 24, 25 et 26} ; dictature du général Cavaignac. Présidence de Louis-Napoléon Bonaparte. Assemblée législative ; la présidence pour dix ans; rétablissement de TEmpire.
23^ Question. — Napoléon III jusqu'au traité d^ Zurich^ — Napoléon III empereur; son mariage. Expédition delà Baltique ; guerre de Crimée ; victoires de l*Alma ; siège de Sébastopol ; victoires d*Inkermann, de Traktir; prise de Sébastopol. Ti*aité de Paris. Guerre d'Italie ; victoires de Mon tebello, Magenta, Solférino ; préliminaires de Yillafranca et traité de Zurich.
24« Question. — Napoléon III depuis le traité de Zurich jus^ qu'en 1870. — Napoléon III. Expédition de Syrie. Expédition de Chine; bataille de Palikao; entrée à Péking. Expédition de Cochinchine; fondation d*une nouvelle colonie à Tembouchurq du Cambodge. Expédition du Mexique; prise de Pueblaet de Mexico.
25« Quesiion. -— Souverains d'Europe. — Faire connaître les noms des souverains régnant en Europe, la date de leur avènement, et la famille à laquelle ils appartiennent.
PR06RA1U1E D'ARITimiTlQUE
!'« Question. — Définition du nombre. Nombres entiers; nombres décimaux ; nombres fractionnaires ; définition de Tarilhmélique. Numération; formation des nombres; numération parlée; numération écrite.
2« Question. — Addition des nombres entiers. Soustraction des nombres entiers. Preuves de Taddition : 1* par Taddition; 2o par la soustraction. Preuves de la soustraction : loparTaddition; 2» par la soustraction.
3c Question. — Multiplication des nombres entiers. Multiplicande; multiplicateur; facteurs; produit. Table de Pythagore; son usage. Le prçduit de deux facteurs ne change pas, quand on
intervertit Tordre de ces facteurs. Qu'appelle-t-on multiple et sous-multiple d*ua nombre? Preuves de la multiplication : lo par la multiplication; 2<» par la division; 3^ par 9.
4'' Question, — Division des nombres entiers. Dividende ; diviseur; quotient; reste. Le quotient d'une division ne change pas quand on multiplie ou quand on divise le dividende et le diviseur par un même nombre; mais le reste est multiplié on divisé par ce nombre . Preuve de la division par la multiplication.
5« Question. — Fractions décimales ; nombre décimal ; chiffres décimaux . Numération des nombres décimaux ; formation des fractions décimales; écriture et lecture des nombres décimaux. La valeur d*une fraction décimale ne change pas quand on écrit ou qu*on supprime des zéros à sa droite. Que faut-il faire pour rendre un nombre décimal 10, 100 fois plus grand ou plus petit? Que faut-il faire pour rendre un nombre entier 10, 100 fois plus petit?
6"* Question. — Addition des nombres décimaux. Soustraction des nombres décimaux.
7« Question. — Multiplication des nombres décimaux. Division des nombres décimaux. Preuve de ces deux opérations.
8* Qtief^ton. — Fractions ordinaires; numération; formation des fractions ordinaires; dénominateur; numérateur; termes; écriture et lecture des fractions ordinaires. Extraire les unités d'une fraction plus grande que Tunilé. Convertir un nombre fractionnaire en fraction. Si Ton multiplie ou si Ton divise le numérateur seul d'une fraction par un certain nombre, la fraction devient ce nombre de fois plus grande ou plus petite. Si Ton multiplie ou si Ton divise le dénominateur seul d'une fraction par un certain nombre, on rend la fraction ce même nombre de fois plus petite ou plus grande. Une fraction ne change pas de valeur quand ou multiplie ou divise ses deux termes par le même nombre .
g» Question. — Réduction des fractions au même dénominateur. Tout multiple commun des dénominateurs des fractions
données peut leur être donné pour dénominateur commun. Lorsque le plus grand dénominateur des fractions données est un multiple de tous les autres^ on le prend pour dénominateur commun.
iOe Question. •- Simpllflcalion des fractions ordinaires. Réduction d'une fraction à sa plus simple expression.
Il* Question. — Addition des fractions ordinaires. Soustraction des fractions ordinaires. Multiplication des fractions ordinaires: i<>run des facteurs est un nombre entier; 2» multiplication d'une fraction par une fraction ; 3» multiplication des nombres fractionnaires.
12*' Question. ^ Division des fractions ordinaires: 1* division d'une fraction par un nombre entier; 2« division d'un nombre entier par une fraction; 3» division d'une fraction par une fraction ; 4* division des nombres fractionnaires.
ii^ Question, — Conversion des fractions décimales en franctions ordinaires. Conversion des fractions ordinaires en fractions décimales. Fractions périodiques simples ; fractions périodiques continues; fractions périodiques mixtes.
14« Question. — Qu'appelle-t-on mesurer une grandeur ou quantité ? Unité de mesure. Système métrique. Mesures de longueur ; unité de longueur ; détermination du mètre. Unités secondaires de longueur.
15« Question. — Mesures de surface ou de superficie ; unité de surface; mètre carré; unités secondaires de surface. Chaque unité métrique de surface vaut 100 fois l'unité immédiatement inférieure. Mesures agraires; l'are, l'hectare, le centiare. Mesures topographiques; le kilomètre carré, le myriamètre carré.
16« Question, — Mesures de volume pour les solides; le mètre cube et ses sous multiples. Chacune des unités de volume est 1,000 fois plus grande que l'unité immédiatement inférieure. Mesures de volume pour le bois de chauflTage ; lé stère, son mul-
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17« Que$iion. *- Hesares de poids. Unité de poids; le gramme, son poids, unités secondaires.
Monnaies; unité monétaire ; le franc, son poids. Unités secondaires. Monnaie d*or; monnaie d'argent ; monnaie de cuivre. Qu*appeUe>t*on titre d*un alliage ? Titre légal des monnaies françaises. Tolérance sur le poids des pièces de monnaie. Tolérance de titre.
18e Question. ^ Qa*appelle-t-on rappori ou raison? rapport par différence ; rapport par quotient; termes ; antécédent; conséquent. Proportion par différence. Proportion par quotient; dans toute proportion le produit des extrêmes est égal au pro* doit des moyens. Connaissant trois termes d*une proportion, trouver le quatrième terme.
19^ Question. — Problèmes sur la règle de trcùs simple.
20e Question. — Capital; intérêt; taux; intérêt simple ; intérêts composés. Problèmes sur les intérêts simples.
21' Question. — Escompte. Escompte en dehors; escompte en dedans. Problèmes sur Tescompte en dehors.
22^ Question. — Problèmes sur la rente, les actions et les obligations,
23' Question. — Problèmes sur la règle de société ou de partage .
24» Question. — Problèmes sur la régie de mélanges.
25e Question. — Problèmes sur les échanges.
GBAMHMRE FBANQAISE
11 n*esl pas établi de programme pour cetfa^ branche de cm-
naissances exigées. L*e\amen oral est remplacé par un rapport sur un sujet quelconque, ou une dictée sur les principales difficultés de la langue, et par un exercice d'analyse (t) .
Appprouvé :
Versailles, le 17 avril 1874.
Le ministre de la guerre^ Signé: Général Du Barail.
(i) Les questions sont tirées au sort par chaque interprète. Le numéro sortant indique la série de questions auxquelles il doit répondre.
ni
Iflll
DE l'interprétation
Réflexions d'un Magistrat Algérien
Interprète^ interpres (du mot latin inter, entre, et du grec préttô, je parle), homme dont la langue ou la plume s'interpose entre deux ou plusieurs individus^ qui^ ne s' entendant pas entr'eux^ sont forcés de recourir à la langue ou à la plume d'un tiers parlant ou écrivant leurs langues respectives^ suivant qu'il s'agit de choses parlées ou de choses écrites.
L'interprète, c'est donc l'intermédiaire vocal ou scriptural, transvocaleur ou transcripteur de la pensée d'autrui^ le pont^ le trait-d'union intellectuel entre deux pensées séparées l'une de Tautre par l'abîme du néant.
U est l'oreille de qui n'entend pas, l'œil de qui ne voit pas, le verbe qui parle pour le muet, qui se fait entendre du sourd et se montre à l'aveugle, la plume qui ne
sait ni écrire ni traduire une langue qui n'est pas la sienne.
Par la parole de l'interprète — (s'il est permis de coin-
parer le verbe humain au Verbe divin,) — de même que par la parole du Christ
Le muet parle au sourd étonné de Pentendre, Et Faveugle-né voit ce qu'il ne peut apprendre !
Par l'écriture de l'interprète, le papier, jusque-là muet, prend en quelque sorte la parole : expression inintelligible et incomprise de la pensée d'autrui, il en devient tout-à-coup le signe palpable, Timage visible, Tinstrumeot efficace. 11 n'était rien, et la traduction en fait la pensée vivante et parlante d'une âme.
Qu'est-ce donc un interprète parlant ou écrivant, traduisant la parole ou l'écriture ?
C'est le médiateur, le médium des intelligences, le nœud vital rapprochant et réunissant leurô manifestations, confiées, soit aux sons de la voix, soit aux caractères de l'écriture .
Mais spécialement en Algérie, qu' est-il ?
Tour-à-tour interprète verbal et interprète scriptural : quelquefois les deux tout ensemble, — interprète des autorités civiles et militaires, — interprète des services publics et des intérêts privés, — langue et plume de Tadministrateur, du magistrat, de l'officier, des auxiliaires de la justice et des justiciables, — obligé de tout entendre, de tout comprendre, de tout lire, de tout écrire, de tout exprimer, j'allais dire de tout savoir^ — en un mot, de tout traduire, — ici littéralement, là librement, ici sans gloses, là avec commentaires I
' Tantôt cet aii'ain sonnant et oette Cymbale ret^iitissanté des Livres- Saints, ~ simple écho passivement atteint des coups (1) de la parole humaine, — Id réperctitant r.son par son, — vraie statue dé Memnon de ses rayons sonores ; : Tantôt un creuset intelligent et toansformàteur du ver- L be de la pensée d'un autre, les faisant jaillir de son sein, £ BOUS une forme nouvelle, plus nette^ plus saisissante, plus r. accentuée;
. Phare brillant, aux mille aspects, se mouvant en vertu : d'une force propre et, pour ainsi parler, personnelle, — réfléchissant, comme un caméléon mental, sur tous les points de l'horizon, et avec un surcroît de lumière et de rayonnement, les feux aux couleurs infinies qu'y allument alternativement la parole qui frappe son oreille et l'écriture qui fp^pe ses yeux ; Est-ce assez ? Non I Qu' est-il encore ? Apôtre, messager, sémaphore d'idées qui lui sont étrangères et qu'il s'identifie, les envoyant et les disséminant dans tous les sens, mais fécondées, mais transformées, — semblable à ces premiers disciples du Christ, dont la voix résonna à tous les coins de l'univers ;
Harpe éolienne, lyre chiliacorde, qui vibre et retentit au contact du plus léger zéphir de la parole ou de la pensée; Photographe stéréoscopique, peintre reproduisant fidèlement, avec ses reliefs, ses angles et ses mille facettes, l'expression orale d'un interlocuteur ou l'expression graphique d'un écrivain ;
(l) Vêrhum^ parole, verberare^ frapper.
Kaléidoscope mystérieux^ en même temps que nourel anneau de Gygès^ découvrant ou dérobant à tous ks yeux les traits^ la physionomie^ les mouvements de la pensés livrée^ sous n^importe quelle forme^ à son appréciation souveraine et presque toujours sans contrôle.
Est ce tout ? Non ! Mais^ encore une fois^ qu'est-il donc?
Comme Moïse descendant des sommets du Sinai, — s'il n'a pas fait les Tables de la Loi. s'il n'y a pas gravé Mmême les préeepl«, divm,, .'U Ja p» re/duS^ la mission d'Aaron contre leurs transgresseurs^ — tout au moins a-t-il été investi de les lire^ de les traduire, de les interpréter^ et, à son exemple, faut-il qu^un double rayon orne et illumine son front : — rayon de la sd^ce pratique, qui comprend, qui parle, qui écrit la lettre, qui commente, qui vivifie l'esprit caché sous l'enveloppe littérale.
Mais pourquoi, ô poète^ t' élever ainsi, sur les ailes de l'imagination et de l'enthousiasme, jusqu^au troisième ciel de l'idéal ?
— Parce que l'expérience m'a cent fois démontré que nul ne monta jamais jusqu'au premier, qui, avant tout^ ne se flit efforcé d'atteindre le troisième !
Puisqu'il le faut, commençons par raser la terre, et, pour atteindre plus sûrement notre point d'arrivée, après
ravoir^ en passant^ touché du bout de notre aile^ marquons-y^ avec autant de précision que possible^ notre point de départ.
A peu de chose près^ la genèse de Plnterprétation algérienne est celle de toutes les institutions algériennes^ de même que la genèse de celle-ci est^ en général^ analogue et^ quelquefois même^ identique à la genèse de toutes les institutions coloniales .
Pourquoi^ d'ailleurs^ Tlnterprétation en Algérie n'aurait-elle pas subi le sort de la plupart de ces institutionSi de celles surtout dont le germe^ le modèle et le moule y furent importés de la métropole ?
Nébuleuse^ étoile^ soleil^ — nuit, crépuscule, jour, — gland, chêne, forêt, — fœtus, enfant, adulte, — tout, dans la création divine, tout, dans la création humaine, n'est-il pas soumis à la même loi de germination ou d'éclosion, de développement ou de progrès, et enfin de maturité ou de perfectionnement?
L'histoire de l'Interprétation en Algérie le démontre.
L'histoire? — Puisque j'ai prononcé ce mot, esquissons à grands traits les diverses phases historiques de l'Interprétation algérienne. — L'histoire d'une institution encore debout, c'est plus que la connaissance de son passé : c'est une lumière, qui, en même temps qu'elle révèle ce que fiit cette institution, nous montre ce qu'elle est, et nous dé* couvre ce qu'elle doit être. — Fils du passé, le présent est père de l'avenir.
Mais qu'on ne se méprenne pas sur le sens et la portée de ce préambule historique! Je raconte plutôt que je ne critique .
JPlus de dettx fois déjà^ depUiA Ift piiM^ par les Françaig^ de rimpi'eafible Alger^ s'est écoulé ce lapd dé qninae ans^ que Tacite nomme mélancoliquement line grande puriie de ce petit tout qui est la vie humaine. L'expérience a parlé. J'ai sous léâ yeux l'œuvre du temps^ ce ministiiêde Dieu au département des affaires de ce monde et spécialement ded Colonies é J'ai assisté à la posé de la pretoière pierre de notre édifice algérien ; j'en ai Vu jeter tes premiers fondements^ et élever les premières constractioûs. Je B^rais^ certes^ mal-veûu à méconnaitrô leè inoertitudeË, led difficultés^ les embarras^ les obdtàclée sans nombre, qui précédèrent^ accompagnèrent^ suivirent la gl<»ieiye tâche des fondateurs de l'Algérie. — Si donc il m^arrivait de blâmer certains procédés, de ne pas approuver c^taim actes^ de signaler certaines lacunes ou même eertaios vices dans leur conduite^ qu'il soit bien entendu qne c'est sans orgueil et sans morgue^ comme sans irrévérence et sans ingratitude^ et avec la conviction profonde que œ qu'ils firent^ d'autres^ peutrêtre^ et moi plus que personne, ou ne l'eussent pas fait, ou^ tout au moins^ ne l'eussent pas mieux fait.
Dès son berceau, l'Interprétation revêtit, en Algérie, un caractère indéfini et incertain. On savait d'où elle venait, mais on ignorait où elle allait^ et tout en affirmant son existence^ il était plus facile de dire ce qu'elle n'était pas que de préciser ce qu'elle était. Bref, elle était un fiût, mais non une institution .
Plus tard, quand elle eut dépouillé ses langes, elle se dessina avec des traits peu prononcés encore, et accusant^
dans presque chacun d'eux^ une frappante ressemblwce avec rinterprétation de la France . Elle tendait à qudque chose de plus qu'un fait : — à une institution •
Plus tard encore^ quand eUe fut arrivée à Tâge d'un libre déyeloppement et d'une progressive autonomie^ elle grandit et s'éleva à la taille d'un fait qui veut être organisé et se transformer en une institution .
Bientôt aprës^ grâce aux progrès de la Colonie algérienne^ à Ténergie vitale dont elle était douée, au milieu favorable où la plaçaient^ d'une part, des circonstances exceptionnelles, de l'autre^ la force irrésistible des choses^ ell^ devait dépasser de beaucoup le niveau normal d'un fait ou d'une institution co/Ti/^te en France. Elle devenait une institution propre à l'Algérie, gouvernée par des règles particulières, et soumise à des loii? spéciales.
Ces trois éti4>es de l'Interprétation algérienne, — étape d'incubation, de 1830 à 1835, — étape de développement initial de 1832 à 1840, — étape de virilité de 1848 à 1858, — en appelaient une quatrième : — l'étape de développement final ou de perfectionnement, à laquelle je consacre ces pages.
Quelques lignes sur les trois premières :
Impossible de douter que, dès le lendemain de la conquête et à partir même de la victoire de Staouéli, la né* cessité d'entrer en relations avec les vaincus n'ait forcé les vainqueurs à s'occuper de ces indispensables intermédiaires, de ces commissionnaires de la pensée, que la France appelle interprètes y les Orientaux drognians, les Arabes de l'Afrique tordjemans.
Impossible^ surtout^ de penser qu'immédiatement après l'installation, dans la ville d'Alger, d'un service judiciaire français, les tribunaux algériens n'aient pas recouru, pour en être assistés, toutes les fois que des Indigènes ou des Étrangers seraient en cause, au ministère d'hommes plus ou moins capables de traduire fidèlement les paroles ou les titres échangés entre justiciables de langue et de pays divers.
De ce double fait commandé par une situation impérieuse, nuUe preuve écrite, il est vrai, dans les textes de la législation algérienne. Ni l'arrêté du 9 septembre, ni celui du 22 octobre 1830 n'en disent un seul mot. Mais mes souvenirs valent mieux pour moi que tous les textes : 11 fallait des interprètes, et il y en eut !
Quels furent-ils ? Quelle leur capacité, quelle leur intelligence, quelle leur moralité ? Il est facile de Timaginer.
« On faisait ce qu'on pouvait. » C'est ainsi que mon ami Genty de Bussy, un des premiers Intendants civils de nos Possessions françaises au nord de V Afrique, a caractérisé l'œuvre de l'Administration dans les cinq premières années de notre occupation militaire de l'Algérie. — Ces paroles s'appliquent plus spécialement à l'Interprétation.
« Faisons ce que nous pouvons », me disait-il souvent, quand il était sur le point d'enfanter laborieusement ces arrêtés auxquels on n'a pas assez rendu justice, et qui sont comme les assises de TAdministration civile en Algérie. <c Faisons ce que nous pouvons. Plus tard, nous ferons ce que nous voudrons. Qui fait ce qu'il peut, fait ce qu'il doit.! »
Or, en matière d'interprétation, fit-on ce qu'on pouvait?
J'en doute . On parut oublier que, sur une terre étrangère, — étrangère par le langage autant que par les mœurs, — les choses ne pouvaient ni ne devaient se passer comme sur le sol de la patrie . Au lieu de songer tout d'abord à former, avec les éléments restreints qu'on avait sous la main, un corps tel quel, mais un corps spécial et permanent d'interprètes destinés à être les agents obligés, les intermédiaires naturels des intérêts privés de même que des intérêts publics, des transactions civiles de même que des opérations militaires, on s'en tint à un texte jeté, comme par distraction et par parenthèse, dans un des Codes de la Métropole. Sur la foi de je ne sais quels renseignements, on s'adressa d'aventure au premier venu, et Dieu sait ce qui en advint, dans une foule de circonstances, tant aux particuliers qu'à l'Administration, pour s'être imprudemment confiés à de pareils organes de leurs pensées et de leurs volontés.
Il est vrai que, le 16 août 1832, dans un arrêté qui eut pour objet, « vu l'urgence, de pourvoir à des besoins immédiats, sans attendre l'organisation générale et définitive de la justice à Alger, » on parla, pour la première fois, et moins pour les créer en droit que pour rappeler leur existence en fait, des interprètes de la cour de justice et du tribunal correctionnel, qui seraient attachés, en la même qualité, à la cour criminelle.
Oui! mai j'ai beau chercher dans l'arsenal de la légis-* lation algérienne : je n'y trouve nulle part la preuve d'une organisation proprement dite d'un corps quelconque d'interprètes.
Il est yrai encore qu'un arrêté du 9 juin 1831 ordoaniiit que toute convention quelconque^ sous seing-privé^ ratre des Européens et des Indigènes, ne serait valable qu'autant qu'elle aurait été écrite dans les langues des contractants, placées en regard Tune de Tautre. — Sans doute! Mais où étaient les traducteurs assermentés de ces actes ? Ce n'est que le 12 septembre de Tannée suivante, après la création d'une cour de justice, d'un tribunal correctionnel, d'une cour criminelle, de conseils de guerre, et quand les transactions entre Indigènes et Étrangers avaient déjà pris un développement inespéré, qu'on songeait enfin à créer, près les tribunaux d'Alger, une place de traducteurjuré pour les langues arabe et anglaise .
Mais en 1834, alors qu'on organisa la Justice, que la la Colonie, après quatre ans d'hésitations et d'épreuves, s'affermit et marcha résolument vers un avenir assuré, on se souvint, sans doute, des lacunes de la législation dans ses rapports avec les interprètes ! Nullement ! On se contenta, dans l'article 19 de l'ordonnance du 10 août sur Yorganisation du service judiciaire, de déclarer que des interprètes assermentés seraient spécialement attachés au service des tribunaux, et répartis, selon les besoins, par arrêté du Gouverneur ; et on ajouta, dans l'article 58 de la même ordonnance, que toute citation ou notification à un indigène, au civil comme au criminel, serait accompagnée de la traduction en langue arabe, faite et certifiée par un interprète assermenté. — Mais, sur leur organisation, sur les conditions de leur nomination, sur le mode de leur recrutement, etc., etc., — silence, silence absolu!
En résumé donc, de 1830 à 1835, dans la première
phase de Tinterprétation algérienne^ on ne fit rien ou presque rien pour elle^ et^ soyons juste, rien n^est plus facile à comprendre.
Mais dans la seconde^ à dater de 1835^ alors que, de guerre lasse, on rendit son arrêté organique^ fit-on ce que Ton devait Mre, et fit-on bien ce que l'on fit?
Avant de répondre à cette question, constatons, pour prouver une fois encore combien peu la législation algérienne se soucia, dès l'origine, de Torganisation de l'Interprétation, que Part. 62 de Tordonnance déjà citée du 10 août 1834, non-seulement se tait à son égard, mais encore qu'elle ne porte pas de traces sensibles d'une préoccupation, d'une pensée sérieuse sur un point qui touchait pourtant de si près à la bonne administration de la Justice. Elle n'y songea même pas, et, ce qui le prouve sans réplique, c'est, d'un côté, la <liscussion qui précéda sa publication, où il semble qu'on ne parle d'interprètes que pour n'en pas parler, et, d'un autre côté, le texte, on ne peut plus éloquent par son silence> de Part. 62 de cette même ordonnance.
« Un règlement du Gouverneur, y est-il dit, déterminera les conditions d'admission aux professions ou fonctions de défenseurs près les tribunaux, notaires, huissiers, commissaires-priseurs. » — Et les interprètes? — C'était
bien ou jamais le cas, le moment et le lieu de s'en occuper,
comme on le fit plus tard , en 1846. — Mais mmli
il était écrit queFInterprétation^ en Algérie, inût, un u encore, à vau-reau, sans règle, sans organisation, abaadonnée à elle-même, à Tétat de fait accidentel^ adrentioe, et non d'institution permanente, enracinée dans la colonie.
Heureusement, le 2 février 1835, on se ravisa, et (m institua des interprètes-traducteurs assermentés, prifés et publics, pour la langue arabe et les langnes étrange nommés et commissionnés par le Gouverneur, sur le rapport du Procureur-général .
Ce fut là, je me hâte de le proclamer, un notable progrès. — L'interprétation algérienne cessait enfin d'être confondue avec l'Interprétation métropolitaine. Elle avait, de par la loi, et non pas seulement de par les mœurs, la charte constitutive de son existence, de ses devoirs et de ses droits. Je dis charte constitutive, je pourrais dire charte constitutionnelle, — dont les ordonnances, arrêtés ou décrets, qui l'ont suivie, ne sont guère qne la modification, le développement ou le commentaire législatif, et qui en est tout à la fois l'alvéole et le germe.
Je renvoie mes lecteurs à la lecture de cet important document. Plus et mieux que je ne pourrais le faire, il les convaincra, j'en suis sûr, que pour n'être point encore tout ce qu'il aurait dû être, il n'en était pas moins ud éclatant et irrécusable témoignage de la sollicitude de l'Autorité pour l'Interprétation .
Notons cependant quelques-unes de ses dispositions: Aux termes de cet arrêté, les interprètes-traducteurs peuvent seuls intervenir entre les parties, dans toutes les conventions écrites (sous-seing-privé) ou authentiques. En
général, nul acte de notaires, cadis ou autres officiers public^; concernant des individus qui ne parlent pas la même langue^ n^est valable sans leur entremise et leur signature comme assistant. — Tout acte écrit en langue arabe ou étrangère ne peut être produit en justice française ou indigène^ cité dans un autre acte ou y annexé^ reçu par un officier public français ou indigène^ si la traduction n'en a été préalablement faite et certifiée par •eux.
Avant d'entrer en fonctions, ils prêtent serment, devant le tribunal du lieu de leur résidence, de remplir avec exactitude et probité les devoirs de leur profession .
Ëntr'autres conditions exigées des candidats à Plnterprétation, figure la justification, par examen subi devant une Commission spéciale, qu'ils savent parler et écrire correctement la langue française, — traduire, d'après le langage parlé, l'écriture usuelle, les langues pour lesquelles ils demandent à être commissionnés, — et parler familièrement les mêmes langues et les écrire en caractères usuels .
Tant est grande la pénurie des aspirants pouvant braver cette épreuve, qu'on dispense de ces conditions, et cela jusqu'au 1''' juillet 1836, (pendant un an et demi environ ! ) les interprètes-traducteurs actuellement en exercice.
Quant aux interprètes ou traducteurs déjà attache 3 à un service public, le respect irréfléchi, et, dans tous les cas, peu rationnel du principe de non-rétroactivité, les fait affiranchir de la nécessité d'une commission spéciale, — la décision qui les avait nommés leur en tenant lieu, mais,
il est vrai^ exclasivement dans leurs rapports avec les autorités dont ils dépendent.
Les Interprètes judiciaires ne peuvent exercer aucune autre profession. Seuls, ils ont qualité pour faire et certifier la traduction des notifications en matière criminelle ou correctionnelle, — Parrêté a oublié d'ajouter civile, — et généralement de tous actes ordonnés par la justice.
Les traductions faites ou dûment certifiées par les interprètes-traducteurs font foi de leur contenu juqu'à preuve du contraire .
Tout interprète et tout traducteur assermenté est placé sous la surveillance du Procureur-général et sous l'autorité du Gouverneur .
Et, pour couronner et sanctionner son œuvre, Parrêté, dans son article 16, punit des peines de Part. 258 du Code pénal, c'est-à-dire d'un emprisonnement de 2 à 5 ans, sans préjudice de la peine de faux, s'il y a lieu, P usurpation des fonctions d'interprète-traducteur .
Telle est P économie générale de Parrêté de 1835.
Grâce à lui, P Interprétation devient une institution, institution sui generis, avec ses conditions et ses caractères particuliers. — L'Literprète est un fonctionnaire soumis à des règlements disciplinaires : il est un officier public jouissant des immunités et des prérogatives attachées à cette qualité ; il a un titre, un office garanti, protégé, sanctionné, tant vis-à-vis de lui que vis-à-vis de tous, non plus seulement par la nécessité de circonstances variables ou éphémères, non plus seulement par la nature des choses et la force de l'usage, de la coutume ou des mœurs, ni même par la seule autorité d'un arrêté créateur, mais
bien encore par ce qui remporte sur tout cela : par Tautorite d'un décret organisateur et sanctionnateur, et, en d'autres termes, par celle de la loi.
Et pourtant, je le mantiens et je le prouverai bientôt, et pourtant, tel qu'il est, cet arrêté, qui resta en vigueur, dans toutes ses dispositions, jusqu'au 15 mai 1846, époque où une ordonnance, bientôt suivie d'un arrêté ministériel qui en réglementa les prescriptions, régularisa et compléta l'institution des interprètes judiciaires et des interprètes traducteurs assermentés, cet arrêté ne fut que le jalon indicatif d'un développement, sans doute, mais d'un développement initial de cette institution. Et ce que je dis de lui, avant l'ordonnance de 1846, je le dis également et avec non moins de raison depuis cette ordonnance. Que fut, en eflfet, cette ordonnance ? En quoi régularisa-t-elle, en quoi, surtout, complcta-t-elle l'Interprétation ? — Je l'ai lue et relue , et je n'y ai vu qu'une chose — ( car je ne compte pour rien ou presque rien l'article qui veut qu'un arrêté ministériel fixe la résidence des interprètes), — et cette chose, est celle-ci : « Notre ministre de la guerre nomme les interprètes attachés aux tribunaux et les interprètes-traducteurs assermentés, en fixe le nombre, détermine leur traitement et règle l'exercice de leurs fonctions! »
Mais — n'était-ce donc rien que de confier la nomination des interprètes au " Ministre , et non plus au Gouverneur, et de l'entourer ainsi d'une dignité et d'une considération qu'elle n'avait pas connu jusqu'alors? — Qui pourrait en douter? — Mais, à cette disposition et à plusieurs autres de l'ordonnance, j'appliquerais volon-
tiers ces paroles de TÉvangile : « Il fallait fidre ced ! > oui^ sans doute^ mais « il ne &llait pa3 omettre cela! >
Mais je n'ai encore rien dit des Interprètes militaires.
Leur situation; pendant les deux premières phases de l'Interprétation, fut à peu près la même que celle des interprètes civils ou judiciaires et des traducteurs assermentés, et, en fait comme en droit, le sort de Tlnterprétion en général ne diflTéra que sur quelques points de détails dellnterprétion civile en particulier.
C'est ainsi qu'en 1845, quinze ans après le jour où forcément, plus forcément encore que des interprètes civils, il y avait eu des interprètes militaires, parut eofio un arrêté, qui fut à ceux-ci ce qu'avait jété à ceux-là l'arrêté de 1835, et réorganisa, mais provisoirement et sur des bases peu régulières, le corps des interprètes de l'armée.
Cet arrêté porte l'empreinte de la précipitation la plus malheureuse et de la plus étrange légèreté. On y parle d'examen; mais on ne dit pas quelle en sera la matière. Bien plus, à en juger par une disposition incidente, il semblerait que c'est à peine si on y exige, des interprètes titulaires, qu'ils sachent lire et écrire la langue arabe et la langue française .
Mais, en revanche, il y a le principe d'une sage hiérarchie. Le cadre des interprètes titulaires comprend un interprète en chef, deux interprètes principaux, trois classes d'interprètes ordinaires, deux classes d'interprètes auxiliaires, des interprètes indigènes temporaires.
Ajoutez îi cela qu'il contient l'embryon de trois excellentes idées : — la création d'un corps d'interprètes, —
des conditions de temps pour passer d'une égalité à une autre^ la possibilité^ sous des conditions de même nature^ pour un interprète titulaire, d'être nommé à un emploi dans l'Administration civile, — certaines garanties organiques en faveur des interprètes titulaires .
Vient ensuite un arrêté ministériel du 30 mai 1846, qui modifie les articles de l'arrêté de 1845, concernant la composition des jurys d'examen des interprètes militaires.
Inutile de rappeler quelques autres documents, aussi peu importants pour l'interprétation civile que pour Pinterprétatiôn militaire. — J'aime mieux glisser sur la période de son développement initial, pour traverser plus tôt et à pleines voiles sa troisième période, — celle de sa virilité.
11 me tarde d'aborder aux fortunes rivages de son dernier et final développement.
Ici encore, mon sujet se bifurque : j'ai à parler en même temps et des interprètes civils et des interprètes militaires. Je commence cette fois par ces derniers. Ainsi le veut Tordre chronologique.
Chose singulière ! A l'inverse de ce qui a eu lieu pour la plupart des institutions tant métropolitaines que coloniales, l'Interprétation, militaire quî, aux termes de l'arrêté du 3 novembre 1845, avait été dotée d'un interprète en chef, devait le perdre sans retour, en vertu de l'arrêté du 17 février 1848. En décrétant la suppression de cet
emploi^ eet arrêté déoipitût rînrthirtîoii; mais^ en revanche, il portait à cinq k nombre des interprètes principaiii, qae Tarreté de 18(2 n avait porté qu'à quatre. — Quant an surplus des diqK«tions de œ même arrêté^ il les maintenait en entier, sauf quelques Itères modifications dans le personnel de la commission d'examen.
Constatons, en passant et à Tlionneur des interprètes de Tarmée, un fiût qui a sa signification. L^article 4 de Tarrcté de 1845 avait admis, en principe, la création ultérieure d'une école d'Interprétation, création que rAIgérie attend encore ; et cependant, soit parce qu'ils formaient déjà un corps, soit parce que les épreuves, auxquelles ils étaient soumis, avaient animé ce corps d'un principe de vie organique et d'incessants progrès, Tlnterprétation militaire n'en acquit pas moins un développpement et, par suite, une distinction, un édat qui devait plus d'une fois éclipser l'Interprétation civile.
Celle-ci, dans les cinq années qui séparent Tordonnance de 1846 du décret présidentiel de 1851 dont je vais parler, parut végéter au hasard, plutôt que vivre d'une existence normale et complète. C'est que le législateur ne Tavait {>as, à beaucoup près, entourée de la même sollicitude que rintorprétetion militaire. Pour elle, en effet, ni interprète en chef, ni interprètes principaux, ni interprètes auxiliaires, ni interprètes temporaires, ni même, avant 1851, hiérarchie parmi ses membres. Là oii l'Interprétation militaire jouait, dans le mécanisme de l'Administration algérienne, le rôle d'un rouage important, vous eus- «doi dit qxi'elle n'était, elle, qu'une pièce inutile, et, en qut^Ique sorte, oubliée.
Je sais bien que rarrêté du 29 mai 1846^ qui avait abrogé celui du 2 février 1845, avait eu la prétention d'élever à son apogée l'organisation de T Interprétation civile, à peine conçue par l'ordonnance du 15 mai 1845. — Mais ce ne fat qu'une prétention, ni plus ni moins. Le degré de perfection d'un acte législatif ne se mesure ni sur le nombre ni sur l'étendue de ses dispositions. Je ne nie pourtant pas que cet arrêté n'ait été un bienfait pour elle. Lisez certaines de ses prescriptions, celles, notamment, qui ont un caractère disciplinaire, exigent un cautionnement, ou établissent un tarif; vous en aurez la preuve. — Toujours est-il que^ mis en face de l'arrêté de 1835, concernant les interprètes militaires, il promettait, ébauchait même une organisation véritablement digne de ce nom, mais ne la donnait pas.
D était temps qu'elle fût au moins assimilée à l'Interprétation militaire, sa sœur ; et c'est ce que fit, à certains égards, le décret présidentiel du 25 avril 1851, confirmatif et ampliatif d'un autre décret du 4 décembre 1849. Le décret de 1851 s'occupe tout à la fois des interprètes judiciaires et des interprètes traducteurs-assermentés . Il divise les premiers en trois classes : interprètes près la Cour d'Appel d'Alger ; interprètes près les tribunaux de 1" instance et de commerce ; interprètes près les justices de paix. — Les interprètes de 2'°* et 3"* classe sont soumis à un examen annuel. — Avant le 1" juillet 1851, tous les interprètes actuellement en exercice devront se présenter devant le jury d'examen ; il en sera de même des interprètes traducteurs assermentés pour la langue arabe, qui devront subir les mêmes épreuves que les in-
terprètes judiciaires de l'* classe^ et seront prindpalement examinés sous le rapport de Finterprétation écrite.
Tout cela est fort bien^ et ce qui ne Test pas moins^ c'est que les conditions d'admission k chaque dasse de Tinterprétation judiciaire ne diflfërent en rien des conditioitt imposées aux classes correspondantes de rinterprétatioo militaire.
Mais voici qui n'est nullement bien ; voici même qui accuse une inadvertance^ une incurie^ une inconséquence flagrante de la part du législateur ! — Vous croyez, n'estce pas, que ces conditions d'admission étaient écrites^ précisées^ exigées^ pratiquées dès avant 1851 ! £h bien ! uodI EUes ne devaient l'être que trois ans plus tard^ lors de la nouvelle et définitive organisation du corps des interprètes militaires^ par le décret impérial du 10 mars 1854!
Ce décret, inspiré— par le souvenir des services rendus « par ces auxiliaires intelligents et dévoués de l'Armée d'Algérie et du Gouvernement des Arabes, » — par le pressentiment de ceux qu'ils étaient appelés à rendre encore, — et enfin par le désir d'accorder aux iaterprètes militaires des garanties qu'il convient d'assurer aux serviteurs de l'État, — ce décret s'eflfbrça de combler une lacune préjudiciable à leurs corps, et de substituer un état de choses, fixe et permanent, à une situation jusques là variable et provisoire. Aussi s' appropria- t-il tout ce qu'avait édicté de bon et de viable la législation antérieure, et s'il ne répondit pas à tous les besoins, s'il ne réalisa pas toutes les améliorations, s'il ne consacra pas tous les progrès déjà réalisés par l'Interprétation, est-il juste de
proclamer que^ plus heureux que le décret de 1851 sur jes interprètes judiciaires et traducteurs-assermentés, il marqua d'une empreinte profonde et caractéristique la phase de maturité de Tlnterprétation militaire en Algérie .
Je ne veux pas le résumer : il mérite d'être étudié à fond, et je dois déclarer qu'à lui revient, pour une large part, l'honneur (pardonnez-moi, lecteurs, cette expression), de m' avoir inspiré plusieurs de ces pensées.
Signalons cependant celle de ses dispositions qn il me suffira d'indiquer pour que tout le monde en sente la portée !
Désormais, les interprètes titulaires ne seront nommés ni par le Gouverneur général, ni par le Ministre de la guerre, mais par l'Empereur lui-même. — Tardif, mais juste hommage, dû aux membres d'un cx)rps trop longtemps négligé !
L'avancement a lieu au choix. — Nul ne peut être nommé à une classe supérieure, s'il n'a servi, au moins deux ans, dans la classe immédiatement inférieure. — Nul ne peut être nommé interprète principal, s'il n'a servi, pendant trois ans, comme interprète de T" classe. — Cependant^ comme il n'est pas de règle sans exception, comme l'exception doit remplacer la règle, toutes les fois que la raison et la justice le commandent; ce temps de stage ne sera pas obligatoire dans le cas d'une proposition spéciale du Gouverneur général, basée sur des serviceis extraordinaires, constatés dans un rapport circonstancié.
Encore une disposition que je ne saurais trop approuver, et que je regrette de ne voir pas identiquement
reproduite pour les interprètes civils ! Nul interprète titulaire ne peut être révoqué que d'après l'avis de la Commission d'examen des interprètes de l'armée, convoquée par le Gouverneur général et constituée en Conseil d'enquête. Mais pourquoi les interprètes civils ne jouissent-ils pas de la même garantie? Pourquoi celle qu'on leur a accordée, les abaisse-t-elle au rang de simples interprètes auxiliaires de l'armée ?
L'article 5 du décret avait chargé le ministre de k guerre de composer la Commission d'examen . — Le tair vail du ministre ne se fît pas attendre : un arrêté ministériel du même jour désigna le personnel de la Conunission et le programme d'examen.
Ce programme, qui prescrit des exercices d'interprétation orale sur les points du service en général, d'écriture et traduction orale et écrite, et exige des notions générales de géographie et d'histoire de l'Afrique septentaionale; exige, en outre, les éléments de la jurisprudence mutiulmane . Il y a là toute une échappée de cet ensemble de vérités dont une main avare ou inhabile n'avait encore saisi et distribué que de rares rayons .
Remarquons encore que la Commission d'examen détermine à l'avance, mais ad libitum les pièces servant aui épreuves, et gradue les difficultés en raison de la différence des classes .
Disons enfin qu'^à la différence des candidats de tonte? classes à l'Interprétation judiciaire, les candidats aux fonctions d'interprètes traducteurs assermentés pour les langues autre que l'arabe, continuent, aux termes de Tart. 6 du décret du 25 avril 1851, d'être soumis aux condi-
lions d'aptitude exigées par l'art. ôdeTarrêté du 29 mai
Assez sur l'histoire de F Interprétation. J'ai prouvé que, loin de ressembler au César infatigable, qui. ne croyait avoir rien fait, tant qu'il lui restait quelque chose à faire, le législateur de l'Interprétation algérienne n'a que trop imité cet indolent César, qui renvoyait toujours au lendemain les choses sérieuses, — agissant par boutades et par soubresauts, au lieu de procéder avec ordre et méthode, s' attachant au côté militaire plutôt qu'au côté civil de l'Interprétation, sans avoir même Pair de se douter que l'Interprétation civile pourrait bien, un jour, non-seulement marcher de conserve avec l'Interprétation militaire, mais encore la devancer, l'attirer vers elle, et peut-être même l'absorber dans son sein.
Deux choses avaient empêché, paralysé ou retardé le progrès de l'Interprétation : l'insouciance de son présent, l'imprévoyance de son avenir. De là, malgré l'énergie de sa nature et les eflforts de sa volonté, la faiblesse de son enfance, les hésitations de sa jeunesse, les défaillances de sa virilité .
Telle nous l'a montrée cette trop rapide esquisse du fait. Que V Idéal souflBie sur lui, et réunissant tout ce qu'elle possède de force, tout ce qu'à travers une route parsemée d'écueils elle a heureusement développé d'habileté et de vigueur, elle pourra aspirer à sa phase suprême, à la phase de sa réformation, de son perfectionnement et de sa transfiguration.
Adieu donc, étroit et subalterne domaine du fait, de l'histoire et de l'expérience, adieu 1 Et vous, région supé-
rieure de Tldée^ champs-élyséens de la Raison pare^ vaste ciel de la Théorie, vous dont je pressens^ sans les découvrir encore, les ineffables horizons, salut! Je touche enfin à vos confins sacrés !
Comme la femme de T Evangile, j'ai <c balayé » et fouillé, balayé et fouillé encore <c la maison, » je veux dire, les champs de l'histoire de rinterprétation, pour y trouver la drachme précieuse de son plus haut degré de perfectionnement. Le passé me Ta refusée, le présent s'est contenté de me la promettre, Tavenir me la donnera.
Fait et droit, l'Interprétation algérienne est une institution organisée, vivante. Que manque-t-il donc aux interprètes ? Le titre de magistrat, les honneurs, les prérogatives d'une magistrature.
a EUo vir! Sois homme I » Que tout interprète algérien se dise cette royale parole, et, tout en restant, à certains égards, ce qu'elle a été et ce qu'elle est, rinterprétation deviendra tout ce qu'elle doit être, tout ce qu'elle n'a pas été encore.
A l'œuvre donc, ô interprètes! Votre sort est entre vos mains !
Connaissez-vous vous-même, et faites-vous connaître aux autres !
Indifférence, précipitation, lacunes, incohérence, — triste résumé de votre histoire !
A qui la faute? Au législateur de llnterprétation ? — Oui ! — mais aussi aux interprètes eux-mêmes.
Larve obscure d'abord, puis chenille solitaire, puis en* core chrysalide captive, il ne tient qtf à vous, troupe émancipée de légers papillons, de déployer enfin vos ailes brillantes, au soleil de la liberté !
Ayez foi en vous ! et de ce que vous pourrez être, jugez par ce que vous avez été .
Successivement apprentis, manœuvres, maçons, il faut que vous deveniez architectes !
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Comparez 1830 à 1863, les art. 332 du Code d'instruction criminelle et 80 du Code de commerce à vos décrets des 21 avril 1851 et 4 février 1854.
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A elle seule, la force des choses, véritable vis divina de rhommeet de l'humanité, a créé à Paris, des interprètes juréSy ailleurs, des interprètes agréés, à Alger, des interprètes incorporés et fonctionnaires. — Que la force des lois, s' unissant à la force des choses, enfante des interprètes, qui, au titre de fonctionnaires officieux et même officiels, joignent celui de magistrats I
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Qu'est- w cfn'im iinerpre» çn: Df préaerxiarKr pts ttctes ces îraraniie* T — Ul tnjhçiïs^ dfczirer, im niaQKr tfiiitkCitplas radoizmltk qi»* rân C'.rôînùre fianom ce ne peut avertir ni de sa jTdseDcie. si màne de â«» eàh teoce !
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i'Ius enc-ore que le Lotaîre. Tiiiierprète, dc4iî le minfetêre Wi f>eut être coDtrMê, ccmioe o^ni da laigistnt, ni \rtir d(t» collègues^ ni par des ji2s:Sâi.Vle&^ ni par leurs pa* tron», ni i>ar le public, a be&cin de ûtsSer toat contrôle^ — et; imr suite, d'une conscience delicaie, d^un caractère farme, d'une probité incorruptible.
Honte et malheur à Finterprète d'Algérie^ qui, à tort on
k raison, autoriserait contre lui l'accusation fulmiitf-e par un proverlie de l'éra contre les interprètes de Turquie! — Il ne doit être un /k'au yMic, ui par l'ignorance, ni par riiiintelligeiice, ni par la vénalité !
" Je retourne nu mot, aussi vrai (jue profond, de Vinet, snr la parole divine : U a été donné ii la l'urole de créer le monde, — à la volonté de le modifier .
Magistrat : parole de la loi, — interprète : parole du magistrat. Celui-ci, interprète delà Loi; celui-liv, Uit«rprête de la Magistrature : tons deux interprètes de la Justice.
Magistrat, bouche de la Loi, — Interprète, langue du magistrat.
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La Justice, entre justicial)les de langues différentes, est nn navire dont le magistrat est le pilote, et l'interprète le gouvernail.
XVIU Veuillez, et, de simples officiers hybrides de eecond ordre, peu on point considérés, peu ou point respectés, vous monterez au rang élevé de cette magistrature qu'entourent la considération, l'estime et le respect publics.
Veuillez, vous dis-je, et ce que vous êtes depuis longtemps en ftût et en droit, vous le serez dans l'opinion.
La volonté féconde ce qui n'est pas encore : ponrqnrn pas ce qui est déjà?
Génie, — patience? — Non! mais volonté, volonté îdtelligente, permanente, active, créatrice I
Courage donc, et haut le cœur ! Commencez par secoaff la chaîne de Thabitude. Elle rive le présent au passé, et vous retient, impuissants et immobiles, sur le seuil de l'avenir . Votre émancipation est à ce prix.
L'Interprétation n'est ni une routine aveugle, ni une vaine théorie. Art et science d'application, comme le Droit, elle a, comme lui, ses principes, ses règles^ sa métliode, son but.
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Interpréter, ce n'est pas seulement connaître les mots d'une laïigue et le sens vulgaire de ses mots ; c'est encore, et surtout, en savoir les différents dialectes, en compreodre les diverses acceptions, en apprécier les inflexions, les tons, — deviner les subtilités, les finesses, les secrets de ceux qui la parlent, en un mot, posséder son corps et son âme.