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DU POISON

NATURE

df. la substance toxique.

ResrSraeTc;,OellîsUne.haUte . Poussiè‘-es M^voIatilisé et condensé par

eues émises à une haute température

>ses mercurielles. Vapeurs émises à basse température.

uits, éclaboussures et crasses toxiques

ises et poussières toxiques

ises, poussières et éclaboussures toxiques

absorpt. Suif, de merc. (cinabre)

Mercure volatilisé et condensé par absorption .

Idem.

Idem.

Idem .

Idem .

Idem.

Mercure très divisé.

C Nitrate de rrercure. Sublimé corro- ) Slf- lodure et sulfure. Chromale et bioxyde de mercure.

Cinabre et vermillon, etc.

Bichlorure de mercure.

Mercure extrêmement divisé. Mercure et nitrate acide de mercure.

ises et poussières Uxiques

Huies des mains par le bain de dissolution. Éclaboussures.) ipeurs toxiques. Absorption par plaies et érosions. Pous-^ ri ere toxique et poils. Brosses mercurielles ) idem.

surs et poussières toxiques ) Mercure. Fulminate et sulfocvanure

ij (de mercure.

., . «f I Sulfoeyanure et sulfate de mercure.

Jsieres toxiques dütftchces des canons par les errât* e-bossesi »r..

étalliques 1 * osses H, chlorure. Nitrate acide de mer-

cure.

ses. Poussières. Vapeurs émises à basse et h haute tem- Mercure très divisé ou volatilisé. rature J Amalgame de mercure.

scs et poussières S Bisulfure, biiodure, bichromate de

* ' mercure.

isières se détachant des animaux empai'lés Sublimé (bichlorure).

urs mercurielles. Solutions. Sels toxiques 1 Mercure métallique. Bichlorure

f biiodure.

Bichlorure.

ses et poussières toxiques

ses et poussé. es toxiques provenant de la manipulation. „ ,, ...

mercure > Mercure métallique.

urs mercurielles produites par ia déflagration répétée' .. , . „

in nombre considérable de capsules au fulminate... J fulminate. Sulfure d.

mercure.

PIÈCES ANNEXES

PIÈCE N° il.

Intoxication par une dose massive de sublimé.

Anurie de six jours. — Gangrène du pharynx. — Cachexie toxiquetardive. — Mort au seizième jour.

Observation prise par M. René Kauffmann.

L’observation que nous rapportons concerne un empoisonnement aigu par le sublimé, remarquable par son évolution en deux phases successives : l’une d'anurie sans symptômesgénéraux; l’autre de nécrose avec hémorragie et cachexie tardive,, et qui n’a débuté que le neuvième jour.

Le 12 juin, à 9 heures du matin, M. B... (Louis), étudiant, âgé de vingt-trois ans, absorbe par erreur un demi-verre d’une solution saturée de sublimé (13 grammes pour 7130 grammes d’eau) qui lui servait pour faire de la photographie, soit environ 0^r, 50. Il se précipite chez un pharmacien voisin, qui lui donne aussitôt de l’ipéca; et moins de dix minutes après l’accident il a un premier vomissement abondant. Le D1’ Toledano, appelé à la pharmacie,, constate une teinte syncopale; le pouls est petit. On continue à donner en quantité de l’eau albumineuse qui est vomie immédiatement au fur et à mesure; on fait une piqûre de 0t?r, 25 de caféine, puis une injection de sérum de 200 grammes. Les vomissements continuent et deviennent sanglants; le malade urine environ 200 grammes à 10 heures et demie.

A II heures, le malade est ramené chez lui, où il est vu par MM. du Castel, Richardière, puis Iludelo, Tournemelle et Legry y on lui fait aussitôt une injection de 300 grammes de sérum artiliciel. 11 a encore plusieurs vomissements sanguinolents peu abondants jusqu’à 3 heures et demie ; on fait une nouvelle injection de caféine de 0er,25; le pouls est bien meilleur. On donne d’heure en heure un verre d’une solution de magnésie, le malade ayant de nombreuses selles avec mélæna et glaires intestinaux. Le soir, le malade est agité; le pouls est bon; mais il n'y a pas eu d’urine depuis le matin, et à la sonde on vérifie la vacuité absolue de la vessie. A 9 heures du soir, nouvelle injection de 300 grammes de sérum.

Dans la nuit, le malade ne dort pas, s’agite, a de nombreuses; selles, sans mélæna.

Le 13 juin, l’état reste aussi grave; l’anurie persiste absolue ; le ventre est un peu ballonné et douloureux, il y a dans les vingt-quatre heures 25 selles diarrhéiques, liquides, sans mélæna. Aucun phénomène d’hydrargyrisme cutané. On prescrit un litre de sérum artificiel, un bain chaud à 38°, un cataplasme sinapisé sur la région lombaire. La nuit n’amène aucun changement, la diarrhée est toujours aussi abondante, excessivement •fétide.

Le 14 juin, le pouls se maintient fort et bien tendu, à 84; aucun phénomène nerveux ; la bouche est rouge et sèche, la langue •tuméfiée, les selles nombreuses. Le foie est rétracté de deux •travers de doigt au-dessus du rebord costal, l’anurie est toujours totale, le ventre est douloureux. On continue le sérum, on donne deux bains chauds; on fait une application de huit ventouses scarifiées sur les reins ; on essaye de 2 grammes de tannigène •contre la diarrhée. Le malade boit un litre de lait et de l’eau d'Evian sucrée avec du sirop de coings.

Dans la nuit du 14 au 15, 15 selles très fétides, à odeur •sphacélique, formées d’un liquide jaunâtre dans lequel sont des débris verdâtres, et des filets de sang. — Pas de vomissements.

Le 15 juin, la diarrhée diminue après absorption de 20 grammes de bismuth. L’aniirie reste absolue, mais aucun phénomène urémique, ni céphalée, ni tnyosis; le malade a conscience de tout ce qui se passe autour de lui; il est dans un état somnolent; on •note quelques accès de toux sèche, et le malade accuse une sensation de picotement au pharynx; — lavages fréquents de la bouche à l’eau de Vichy.

On continue un litre de sérum en injection sous-cutanée, on donne trois bains chauds à 40° et l’on fait ensuite transpirer le malade dans des couvertures pendant quarante minutes.

11 n’y a que trois selles dans l’après-midi. Le soir, le professeur iirouardel, appelé en consultation, conseille une injection de Osr,02 de pilocarpine. On constate que le foie a repris ses dimensions normales ; le ventre n’est pas douloureux spontanément, mais à la pression, surtout dans la fosse iliaque gauche.

Dans la nuit, le malade prend un peu de repos.

Le 16 juin, l’anurie persiste, toujours sans phénomènes * urémiques. Six selles dans la journée, avec glaires sanguinolentes. La bouche est mauvaise, sans que le malade ait de goût métallique. On continue les lavages de la houche, la pilocarpine, le sérum, les bains; on fait une nouvelle application de ventouses scarifiées ; la transpiration est abondante.

PIÈCES ANNEXES

Le 1 7 juin, à la face inférieure de la pointe de la langue, orr constate deux ulcérations allongées, de la dimension d'un petit haricot, recouvertes d’un enduit grisâtre. La toux sèche et quinteuse persiste; rien à l’auscultation. L’apyrexie est toujours complète (37°). Gargarisme au chlorate de potasse, tisane do queues de cerise, et sérum, hains avec sudation, pilocarpine comme la veille.

Il n y a pas eu de selle depuis la veille; on fai t un lavage d intestin. Le malade est fatigué surtout après les bains; il a un peu de céphalée et de myosis.

A 3 heures, on constate une zone de matité vésicale atteignant un travers de doigt au-dessus du pubis. La sonde ramène 'JO grammes d’une urine pâle.

La nuit est bonne ; il n’y a plus de céphalée.

Le 18 juin, à 8 heures du matin, 90 grammes d’urine sont ramenés par la sonde. Le malade reste abattu; c’est avec peino qu’il se retourne dans son lit. Il dit ne se souvenir que de deux faits au cours des premiers jours de son accident : la visite do son chef, et l’arrivée de sa mère; donc amnésie partielle, — pasde fièvre.

L après-midi, il se plaint, se désespère pour les moindres détails; cet état de dépression mentale ne persiste pas. On lui fait prendre 0er,i0 de macération de feuilles de digitale. 11 y a 3 selles abondantes, liquides; le ventre est douloureux; on fait des applications de compresses chaudes qui calment la douleur. L anus présente une ulcération très petite, mais amenant du ténesme; on applique une pommade cocaïnisée.

Les ulcérations de la bouche sont plus étendues en superficiequ’en profondeur; le malade a une toux sèche et opiniâtre. On ne donne qu’un bain, mais on continue le sérum à la dose d'un litre.

La soirée se passe bien ; le malade cause, même avec unegaieté excessive et bizarre qui contraste avec l’état psychique antérieur. Ces troubles passagers, très légers d'ailleurs, ont disparu.

Dans la nuit, a 3 heures du matin, une selle avec émission d’environ 300 grammes d’urine. La toux empêche le malade de dormir.

Le 19 juin, l’état général est bon relativement. On constate une ulcération pharyngée, occupant tout le pilier antérieur et la lace antérieure de l’amygdale droite, ulcération profonde, recouverte d une membrane grisâtre, et qui explique la toux quinteuse d origine pharyngée des jours précédents. Gargarismes, pulvéri-

sations phéniquées, et le soir rejet d'une fausse membrane fétide, longue de 10 centimètres. Le ventre est un peu ballonné; le malade a trois selles peu abondantes, et émet, jusqu’à 9 heures du soir, 2300 grammes d'urine. On se borne à donner 300 grammes de sérum, et des tisanes diurétiques. La nuit est bonne, avecdeux selles; seule la toux persiste encore et empêche le malade de dormir; en outre il a, plus que les jours précédents, de la gingivite autour des molaires, et une saveur métallique accentuée.

En vingt-quatre heures (de 7 heures du matin le 19 au 20), il a uriné 2630 grammes.

Le 20 juin, le malade est d’abord assez bien pour être mis sur une chaise longue ; mais il n’y reste que quelques minutes, se sentant très faible. El de fait, l’asthénie est très grande toute la journée. La toux quinteuse persiste. Au milieu de l’après-midi, le malade est pris d’hémorragie, et rend par la bouche une certaine quantité de sang rouge. Pas de selle dans la journée. En vingt-quatre heures, 3 150 grammes d’urine.

Dans la nuit, il reste extrêmement abattu avec de nombreuses selles noires.

Le 21 juin, l’état est grave. Les gencives sont saignantes; on constate du mélæna abondant, et quelques vomissements sanglants.

La peau a une teinte jaunâtre en même temps qu anémique; les conjonctives sont légèrement teintées, mais non franchement ictériques. L’amaigrissement en deux jours a fait des progrès rapides; le faciès exprime une fatigue, une prostration profonde qui va en s accentuant et qui paraît duc bien moins aux perles de sang survenues les jours précédents qu’à 1 intoxication ellemême. Dans la journée, 3 430 grammes d’urine.

Le 22 juin, les selles sont noires comme de la suie et du goudron, et extrêmement nombreuses; le malade est très affaibli, la langue est sèche, rôtie; localement, l’amygdale droite, toute la face antérieure du voile sont nécrosées.

Le malade s’alimente peu, par du lait et des boissons aqueuses. En vingt-quatre heures, 2800 grammes d’urine.

Dans la nuit, le malade est agité, les selles nombreuses avec peu de mélæna. La respiration est rapide, le pouls plus faible, à 90.

Le 23 juin, la cachexie semble encore s’être accentuée ; le malade tient à être seul ; la température est à 36°, le pouls à 96, les selles sont peu abondantes et redeviennent normales, aucun vomissement.

Dans les vingt-quatre heures, 2950 grammes d mine.

PIÈCES ANNEXES

Le 24 juin, à l’auscultation, on constate quelques râles souscrépitants aux hases et en avant. Le malade est agité, se tourne à droite et à gauche, rejette ses couvertures; il a une sensation de chaleur générale, et cependant on conslate le refroidissement, 1 algidité des mains et des pieds. L’haleine du malade est fétide. Pas de selles pendant vingt-quatre heures. — 2 575 grammes d’urine.

Dans la nuit, la faiblesse progresse, la respiration est irrégulière, suspirieuse. De temps à autre, il se produit une courte phase d’apnée, puis la respiration recommence doucement, redevient suspirieuse, jusqu’à une nouvelle suspension ; le pouls est à 90.

Le 25 juin, on reprend les injections de sérum artificiel (500 grammes dans les vingt-quatre heures), la tension artérielle étant abaissée. Les selles sont toujours peu abondantes, les urines restent à 2600 grammes environ. La cachexie progresse de plus en plus. Le malade a des alternatives de dépression et d’agitation; il reconnaît encore son entourage, demande à écrire, mais n’en a plus la force.

11 refuse de boire le lait et l’eau.

Le 26 juin, l’état général, le matin, est très mauvais, le faciès terreux, les lèvres et les narines fuligineuses, la langue sèche; par instants, on note du strabisme divergent, du ténesme vésical. — On fait une injection de 500 grammes de sérum, qui remonte un peu le malade.

Le soir, l'affaiblissement a encore augmenté, le malade a du subdélire, prononce d’une voix faible des mots inintelligibles. — On note du mâchonnement, des mouvements de diduction incessants. Il semble que quelque chose le gène à la gorge. La soif est moins grande, le pouls un peu meilleur, le malade a des sensations alternatives de froid et de chaud; on lui donne 0^r,25 de caféine en injection sous-cutanée.

Dans la nuit, deux selles inconscientes avec urines involontaires sans mélæna. Les phénomènes nerveux sont notables : secousses des muscles de la moitié droite du visage, contractions du frontal et des orbiculaires, secousses des muscles de la face interne des cuisses, et par moments tremblement des mains et des jambes. Par instants, le pouls faiblit, la respiration se ralentit et se suspend pendant quelques instants, les pupilles se dilatent. Le malade se plaint et gémit, a de l’angoisse et de l’oppression. La respiration est moins suspirieuse, mais avec un effort constant dans l’expiration, qui est bruyante, irrégulière. On note 26, 32, 40 respirations par minute. Le malade refuse de s’alimenter.

les liquides versés en Ire les lèvres ne provoquent aucun etlort ni réflexe de déglutition.

On continue le sérum, la caféine, l’huile camphrée.

Le 27 juin, le matin, l’inconscience est totale ou à peu près. Le malade ne répond presque plus aux questions et ne reconnaît pas immédiatement les personnes ; le regard est d’une fixité absolue. Les réflexes rotuliens sont abolis; la face est animée de secousses lentes, le mâchonnement est incessant ; il y a des secousses musculaires dans le bras droit. De plus, on conslate un certain degré de raideur musculaire dans les muscles des avant-bras et des bras ; le malade perd ses matières et ses urines, mais par intermittences il a encore la sensation d’envie.

Il se plaint, il gémit de temps en temps, il dit souffrir de «partout»; le foie est normal, le ventre est ballonné, mais douloureux seulement au niveau des piqûres.

À l’auscultation des poumons, on retrouve toujours quelques

râles crépitants.

Peu à peu l’agitation fait place à un calme progressif.

L’ haleine du malade est tellement fétide qu’on ne peut rester dans la chambre et que la fenêtre doit être grande ouverte.

L'algidilé des extrémités augmente, le pouls a quelques défaillances qui nécessitent l’emploi de caféine, huile camphrée, éther , à 9 heures du soir on lui fait une injection intraveineuse de oOO centimètres cubes de sérum. Le malade fait entendre de sourds gémissements.

Enfin, dans la nuit du 27 au 28, à 3 heures du matin, il s’éteint brusquement, sans convulsions, sans hoquets.

11 n’y a pas eu d’autopsie.

PIÈCES ANNEXES

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