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COMPARAISON DES DIVERSES FORMES CLINIQUES

Le hasard nous a permis d’étudier les formes les plus aiguës et celles plus lentes des intoxications du Havre (affaire Pastré-Beaussier) et d’IIyères (empoisonnement accidentel du vin, affaire de Villeneuve). Il nous a paru qu’entre les formes les plus aig'uës, celles où la mort survient en quelques heures et celles qui déterminent des accidents dont l'évolution ne s’accomplit qu’en quelques semaines ou quelques mois, il y a une presque similitude. Dans les formes les plus lentes, il ne paraît pas de nouveaux symptômes, mais la durée de quelques-uns d’entre eux permet de les étudier en détail, révèle en quelque sorte leur présence, qui passe inaperçue quand tout le drame s’accomplit en quelques jours.

Que l’on compare le tableau de l’empoisonnement rapide, tracé par Tardieu (1), et celui que dresserait un auteur qui ne connaîtrait que les intoxications d’Hyères ou du Havre, on verra que les mêmes organes sont atteints, les mêmes fonctions sont troublées; mais, dans le premier cas, l’analyse est difficile parce que les phénomènes se succèdent avec une extrême rapidité, tandis que dans le second leur lente évolution permet de préciser et d’étudier isolément chacun des symptômes. Malheureusement, parfois le médecin ne saisit pas le lien qui relie les phases successives par lesquelles a passé le malade.

Lorsque sont survenus les empoisonnements d’Hyères, jusqu’au moment où leur cause a été connue, les médecins ont cru d’abord à une épidémie de fièvre muqueuse, puis à une épidémie de g'rippe avec toux spasmodique, puis à une épidémie rappelant l’acrodynie; enfin, au moment où parurent les paralysies, toutes ces hypothèses disparurent, la cause était révélée par l’analyse chimique des vins.

Dans l’observation si remarquable du Dr Vidal (d’Hyères) (2), nous voyons les phénomènes se succéder aux dates

(1) Tardieu, Êtucle médico-légale et clinique sur l’empoisonnement ,

(2) Vidal, Bull, de V Acad, de méd., 17 juillet 1888.

INTOXICATION PAR l’aRSENIC.

suivantes : 8 février, embarras gastrique, diarrhée; 4 mars, éruptions cutanées semblables à l’urticaire, à la roug'eole, toux spasmodique, écoulement nasal, larmoiement; 31 mars, douleurs dans les membres inférieurs semblables à celles de l’acrodynie, hyperesthésie cutanée, puis, quelques jours plus tard, paresse des membres inférieurs et supérieurs. Enfin, un an plus tard, vers le commencement de mars, la guérison était presque complète.

Chez les malades du Havre, nous retrouvons les mêmes symptômes paraissant dans le même ordre ; la durée de leur évolution a seule différé, elle a été plus rapide, et la séparation des périodes a été moins distincte : elles empiétaient un peu les unes sur les autres, elles étaient subin- Irantes, mais les accidents étaient les mêmes.

Dans les intoxications aiguës, les mêmes phénomènes existent, ils ne durent que quelques jours, mais leur ordre n’est pas pour cela modifié.

Le mode d'administration, la dose, la répétition de l'ingestion des substances empoisonnées impriment toutefois aux accidents des caractères variés dans leur intensité, ou même en font disparaître quelques-uns, mais ils n’en créent pas de nouveaux.

Si l’on voulait faire un schéma, pour faciliter l’étude de l’empoisonnement arsenical, on pourrait théoriquement établir les phases suivantes, rappelant le moment de l’apparition des divers accidents :

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