III. — Ingestion. Absorption. Elimination
Je vous ai dit, Messieurs, que l’intoxication aiguë parle phosphore est due le plus souvent à l’ingestion d’une quantité variable de tètes d’allumettes phosphorées que l’on fait dissoudre ou que l’on gratte dans un liquide quelconque. Tous les auteurs sont d’avis que la saveur du phosphore est très désagréable. Les personnes qui en ont ingéré affirment que le goût d’une boisson phosphorée n’est pas insupportable, surtout si la saveur est dissimulée par du rhum, du café ou de la bière ; il y a un arrière-goût et des renvois alliacés qui sont, au contraire, assez pénibles. Certains malades comparent la saveur du phosphore à celle du soufre.
L’absorption du phosphore est très lente; je vous ai dit qu’Orfila et, plus tard, Réveil (1) avaient fait absorber à des chiens des morceaux de phosphore en nature, qui avaient parcouru tout l’intestin et avaient été rendus par l’anus, sans que ces animaux, dont, du reste, le tube digestif est très tolérant, en aient paru incommodés. Mais, même si le phos-
(1) Réveil, Sur l'empoisonnement par le phosphore [Annales d'hy rjiène publique et cle médecine légale, 1859, *2C série, t. XII, p. 870).