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V. — Formes anormales

Depuis les études de Tardieu, on a décrit trois symptômes principaux : les troubles gastro-intestinaux, l’ictère et les phénomènes nerveux. Suivant la prédominance des symptômes que nous venons d’exposer, Jaksch a un peu modifié ces divisions symptomatologiques ; il a décrit particulièrement deux formes qu’on ne rencontre qu’ébauchées dans les études antérieures.

a. Forme nerveuse. — Ce n'est pas, à proprement parler, une forme spéciale, mais, dans les cas que l’on range sous

(1) Tardieu, Étude médico-légale sur l'empoisonnement, 1873, p. 464.

INTOXICATION PAR LE PHOSPHORE

cette rubrique, il y a une prédominance telle des symptômes nerveux que tous les autres n’ont pas le temps de se produire, ou passent au second plan. On constate des douleurs dans les membres, des crampes, du trismus; il existe de l’anesthésie, et il n’y a aucune excitation vénérienne. Les malades sont souvent aphones, ils tombent dans le collapsus, et la mort survient soit dans le coma, soit au milieu du délire, des cris et de l’agitation.

Quand, dans cette forme qui est extrêmement rapide, la guérison survient, on a constaté des paralysies partielles; dans un cas de Caussé (d’Albi), il y eut une paralysie incurable des mains.

b. Forme hé77io7'ragique. — Tardieu, qui la signale, la considère comme une forme lente; Lesser, au contraire, la regarde comme une forme rapide. Quoi qu’il en soit, on constate des hémorragies de toute nature : hématémèses, mélæna, épistaxis, hématuries, hémorragies gingivales, ecchymoses sous-cutanées, conjonctivales, rétropharyngiennes, péri-œsophagiennes, péri-aortiques (Jaksch). Chez les femmes, on a noté des hémorragies utérines, et l’avortement peut se produire. Dans celle forme, la convalescence est assez rapide; cependant Tardieu a vu la mort survenir par cachexie, après un mois d’hémorragie par toutes les voies, et, dans un autre cas, la mort survint au bout de huit mois.

D’après Lewin, la mortalité des diverses formes de l’intoxication phosphorique serait de 55 p. 100 environ.

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