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INDUSTRIES EXPOSANT AU PHOSPHORISME

les maladies professionnelles ont toutes diminué dans de grandes proportions ; le phosphorisme, comme les autres intoxications professionnelles, était, de par l’hygiène des ateliers qui sont aujourd’hui maintenus plus propres, mieux éclairés et surtout munis d’une ventilation appropriée, appelé à diminuer en dehors de toute autre mesure prophylactique.

2° Industries exposant au phosphorisme.

Dans la fabrication du phosphore, on ne trouve pour ainsi dire pas d’accidents de phosphorisme.

D’après le D1' Riche, à l’usine Goignet (de Lyon), qui fabrique chaque année de 150000 à 200000 kilogrammes de phosphore, on n’a signalé que 0 cas de nécrose de 1808 à 1897.

A l’usine Jacquand (de Givors), qui fabrique annuellement de 75000à 100000 kilogrammes, depuis 1882 il n’y a jamais eu de nécrose.

En Angleterre, toute l’industrie du phosphore est concentrée dans une seule usine, dans laquelle, depuis plus de cinquante ans, on a constaté 17 cas de nécrose, dont 9 très légers, 4 sérieux et 4 graves; cependant, aucun n’a entraîné la mort.

L 'industrie des allumettes était extrêmement meurtrière. Depuis 1890, date à laquelle l’État avait repris les usines, grâce aux améliorations apportées aux ateliers et à l’organisation du travail, i! y avait eu une sérieuse amélioration.

Cependant, la situation était toujours défavorable et la Commission de 1 Académie de médecine, composée de MM. Théophile Roussel, Magitot, Charles Monod, Ilanriot et Vallin, conclut dans son rapport que « la suppression du phosphore blanc était le seul moyen capable d’assurer l’assainissement définitif des manufactures d’allumettes ».

Ce desideratum n’était pas neuf et des vœux semblables avaient déjà été émis par le Comité consultatif d’hygiène de

222 INTOXICATION PAR LE PHOSPHORE

France, en 1850 et en 1800 ; en 1875 par le Congrès d’hygiène de Bruxelles ; en 1860 et en 1888 par l’Académie de médecine; en 1888 et en 1889 par le Conseil d’hygiène de la Seine; enfin en 1889 par la Société de médecine publique.

Cette même année, le Dr David avait demandé à la Chambre des députés de voter « J 'interdiction absolue pour l’État et les particuliers de fabriquer les allumettes autrement qu'avec du phosphore amorphe ». Cette proposition ne fut pas admise, mais la question fut ouverte et l’on lit de sérieux efforts pour remplacer le phosphore blanc dans la fabrication des allumettes.

En 1897, on mit en vente des allumettes dites Triomphe , dont la fabrication n’était pas exempte de dangers; elles ne contenaient plus de phosphore : celui-ci était remplacé par un sel de plomb, et l’ouvrier n’échappait aux dangers de l’intoxication phosphorée que pour retomber dans ceux de l’intoxication saturnine. D’autre part, ces allumettes ne donnèrent que peu de satisfaction au public; on comptait de nombreux échecs, parce que la friction pour les allumer devait être trop forte.

Depuis le 1er octobre 1898, de nouvelles allumettes, exemptes de phosphore blanc et sémillant offrir toutes les garanties, sont fabriquées par toutes les manufactures de l’État. La tête de l’allumette est trempée dans une pâte dont la composition est due à MM. Sévène et Cahen, ingénieurs des manufactures de l’État. Cette pâte contient pour 100 parties :

Sesquisulfure de phosphore 6 parties.

Chlorate de potasse 24 —

Blanc de zinc 6 —

Ocre rouge 6 —

Poudre de verre 6 —

Colle 18 —

Eau 34 —

Le sesquisulfure de phosphore ne fond qu’à 142" et n’émet pas de vapeurs à la température ordinaire ; il est inaltérable et l’on a pu en conserver un échantillon pen-

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