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II. — Élimination

A. Voies d’élimination. — Messieurs, si l’absorption des composés mercuriels est encore discutée, leur élimination est au contraire très bien connue. Toutes les g-landes de l’économie y participent.

a. Voie rénale. — L’élimination par les reins tient le premier rang*; elle est de beaucoup la plus abondante, et, ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire, elle est la seule qui élimine le poison de façon définitive. Cependant, cette élimination détermine une fatig'ue considérable de l’org-ane, qui est profondément altéré par le passag-e du toxique; j ajouterai que l’altération du rein est plus grande encore quand la grande présentait, avant l'intoxication, des lésions de néphrite.

Bouchard, alors qu’il remplaçait Bouillaud à la clinique de la Charité, eut l’occasion do soigner une femme syphilitique, à laquelle il ordonna deux pilules de protoiodure de mercure par jour. Dès le premier jour, la malade eut de la salivation et de graves accidents d’intoxication, qui durèrent pendant trois semaines, bien que la médication eût été immédiatement supprimée. L’analyse des urines permit de constater la présence d’une notable quantité d’albumine.

J’eus autrefois l’occasion de donner mes soins à un officier qui était atteint d’une furonculose généralisée dont il g'uérit rapidement ; à cette occasion, l'analyse des urines fut faite; elles étaient absolument normales. Le mois suivant ce malade revint me voir; il avait un chancre induré, pour lequel j’instituai la médication mercurielle. Or, à la suite de la première pilule, il eut de la stomatite ; les urines, exami-

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nées de nouveau, contenaient de l’albumine. Le traitement fut suspendu et je demandai une consultation à M. Fournier; un peu à contre-cœur, nous décidâmes de renouveler la tentative de traitement mercuriel. Messieurs, le résultat fut déplorable; ù la suite de l’ingestion d’une seule pilule éclatèrent des accidents très graves d’intoxication, dont le malade eut grand’peine à se remettre. L’analyse des urines, pratiquée par M. Descoust, donna 80 grammes d’albumine par litre (1). Ce malade guérit, mais il succomba quelques années plus tard à la fièvre typhoïde; son rein profondément altéré n’avait pu éliminer les toxines typhiques.

b. Voie hépatique. — Le foie élimine une grande partie du mercure absorbé, mais c’est une voie d’élimination très défavorable : la bile charg'ée de toxique se déverse dans l’intestin, où le mercure est réabsorbé sous forme de sulfure de mercure, formé au contact des gaz sulfureux contenus dans l’intestin.

c. Voie intestinale. — La colite dysentériforme qui accompagne l’intoxication mercurielle, quelle que soit la voie d’introduction, est également en relation avec l’élimination du toxique par les glandes intestinales ; le mercure serait éliminé par le gros intestin à l’état de chloralbuminate. Il semble que l’action irritante de ce sel ne serait pas uniquement due au mercure, car l’élimination du chloralbuminate de platine, d’or ou d’arsenic donne lieu aux mêmes lésions intestinales (Vibert).

d. Glandes salivaires. — Elles éliminent environ le quart du mercure ingéré.

Dans les notes ajoutées au Traité de Lewin, M. Pouchet dit :

« J'ai eu l'occasion d’attirer l’attention sur la présence

(1) Descoust, De l’albuminurie survenant dans le cours des accidents secondaires de la syphilis. Thèse de Paris, 1878.

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