‹ Les Invalides CérébrauxChapitre 10 sur 35 · PAU AU · texte numérisé non relu

PAU AU

1° L’Ecolier mentalement arriéré qui est un trait

d'union entre l'imbécile léger et l’anormal propre-

ment dit. Très souvent on le trouve entaché d’instabi-

lité très marquée et il faut, dans l'examen médical,

séparer nettement ces deux facteurs psychologiques : l’arriération et l'instabilité;

2° L’Instable proprement dit. L'instabilité se manifeste aussi bien au point de vue physique qu'au point de vue mental, et très souvent en même temps chez le même sujet. L'instabilité mentale se révèle surtout par l’inattention, mais on la rencontre, à des degrés divers, dans d’autres domaines de l’activité mentale : perception, volition, etc.

30 L’Asthénique. Pour MM. Paizzrpre et Boncour, il faut se garder de le confondre avec le neurasthénique. Ce dernier est également incapable d’un travail soutenu, mais pour des motifs différents. Le neurasthénique, généralement après la puberté, a fourni une dose de travail exagéré, d’où résulte une incapacité transitoire ou permanente d'activité ; l'asthénique, généralement avant la puberté, n’a pas fourni encore la dose normale de travail, et s’en montre même incapable, car c’est dans cette incapacité primitive que réside son infirmité mentale. On prend longtemps pour de « la sagesse et de la réflexion », chez de jeunes enfants ce qui n’est qu’une lenteur pathologique à fixer l'attention sur un sujet déterminé, à comprendre et à répondre.

4° À la catégorie des enfants mentalement anormaux appartiennent aussi pour MM. Paxwpe et Boncour les enfants atteints (héréditairement généralement), d’hys-

agen térie et d’épilepsie!, et ceux que l'on appelle dans le public excentriques, originaux, ete. Dans l'esprit de ces auteurs, cette classe de subnormaux ne paraît pas nettement définie et l’on doit se demander si cette dénomination est bien scientifique ?

L'anormalité ne peut être définie.— Ce chapitre est déjà bien long, mais il faut encore le reprendre et le résumer pour voir si nous pouvons en tirer quelques conclusions positives.

Nous avons tout d’abord montré l'impossibilité qu’il y avait de définir clairement ce qu’on entend par anormal, puis, l'examen rapide des diverses classifications nous a permis de voir qu'elles étaient toutes arbitraires, contingentes, imparfaites. Nous n'avons pas été plus heureux en essayant de reprendre par des énumérations et des exemples l’étude des diverses manifestations de l’anormalité : c'est à peine si nous avons pu isoler dans une classe à part l’Idiotie et l’Imbécilité,.

Au delà rien de définitif, n1 de précis.

« Qu'arrive-t-il, dit Lucien Descaves, dans le Jour- « nal du 5 décembre 1907 ; c'est que le même malade examiné par des médecins différents sera qualifié « d’imbécile, d’idiot de débile, de dégénéré. Il n'y à

« que les familles et les établissements hospitaliers

4 La colère, sous ses diverses formes, est à rapprocher de l’épilepsie, dont elle est souvent une manifestation larvée. « La colère est affaire de dispositions préalables du système nerveux » dit M. de Fleury et ailleurs il appelle les crises de colère de « petites convulsions mentales ». — Maudsley disait des « convulsions psychiques ».

« qui simplifient. Les unes disent arriérés par euphé- « misme, et les autres idiots par amplification. »

A notre tour proposerons-nous une définition et une classification nouvelles? L'’élimination de notre sujet des idiots et des imbéciles irrémédiables nous suffit et voici pourquoi. Entre l’idiot profond, réduit à la vie végétative, et cet enfant, dit mentalement anormal, paresseux, inattentif, menteur, colère, agité, quelquefois travailleur en excès (on en trouve parmi les têtes de classes), mais « original », que d’intermédiaires | L'on va de l’un à l’autre, sans secousses, comme en suivant une constante et régulière évolution. Le D' Tauzré. dans son livre, sur le Dressage des Jeunes Dégénérés, s'exprime ainsi : « Il y a, en effet, depuis l'idiot le plus dégradé, jusqu'au dégénéré supérieur une graduation insensible, en passant par l’imbécilité et la débilité mentale, qui indique clairement que les procédés de traitement doivent suivre des méthodes analogues, mais de plus en plus affinées. Il n’y a pas de doute à cet égard quand on se rappelle que ce sont les mêmes causes qui engendrent les mêmes défectuosités mentales, depuis les plus profondes jusqu'aux moins apparentes, depuis l’idiot le plus bestial jusqu’au déséquilibré le plus subtil. »

Conclusions. — L'on trouve toujours des transitions dans le domaine des sciences biologiques.

La question de l’anormalité pour être résolue supposerait celle de la normalité définie. Or, qu'est-ce qu’un

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