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st gp individu normal!? Qui peut se flatter de posséder la formule qui doit le caractériser ? Outre qu’il est des lésions qui nous échappent et qui retentissent pourtant sur la vie mentale de chacun de nous, et que des causes d’intoxications, minimes dans le domaine cérébral, provoquent parfois des troubles disproportionnés dans le domaine psychique, la science moderne n'a pas trouvé le moyen d'exprimer les intelligences en valeurs numériques. Quels que soient les efforts tentés dans ce sens, les réactions physico-chimiques qui ont pour substratum anatomique la cellule nerveuse sont encore trop confuses : l’analyse n’en a pas été faite et les relations qui les unissent aux manifestations d'ordre psychique sont encore inconnues.
Il faut en science se défier des abstractions. L'homme sain, l’homme normal, sont des fictions. En apparence notions simples et comprises de tous, ces images ne sont destinées qu’à voiler notre ignorance. Un jour viendra peut-être ou bien des déficits psychiques trouveront un substratum anatomique défini’. C’est alors seulement qu’on pourra les évaluer et les classer.
« La classification anatomo-pathologique, disait « Mierzejewski, au Congrès de Paris en 1900, basée « sur l’étude de la structure délicate du tissu nerveux « et de ses éléments et sur des notions embryologiques
1 « Tout homme a en lui la virtualité de tous les actes vicieux, passionnés, criminels et même insensés qu'un individu puisse commettre ». Maudsley, Phys. et Path. de l'Esprit, Alcan, p. 344.
2 Les travaux d'Hammarberg n'ont encore rien donné de positif.
Liae is « précises s'imposera avec le progrés des connais- « Sances. »
Mais en attendant, il faut se bien pénétrer de r ex1stence de ces lésions encore pour la plupart ignorées. Ce n’est qu'en sachant qu’elles existent qu'on les recherchera systématiquement, et ce n’est qu'en les recherchant qu’on les trouvera. Et cela est d’une autre importance, au point de vue thérapeutique, que de connaître des lésions dont quelques-unes, comme on le verra plus loin, sont susceptibles de guérir ou de rétrocéder par un traitement approprié, plutôt que de se consacrer exclusivement à des analyses psychologiques, sans doute très fines, mais qui n’aboutissent trop souvent qu’à des méthodes pédagogiques AP quées, insuffisantes et peu rémunératrices.
Chez les enfants dont nous nous occupons il y a autre chose que des sensibilités exagérées ou obtuses, des volontés irréfléchies ou inhibées, des intelligences insuffisantes ou amoindries ; cet autre chose que nous allons essayer maintenant de caractériser, c'est au médecin de le découvrir.