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et écrire ; elle est en troisième classe. Ce n’est pas pour la question travail que sa maîtresse se plaint d’ellé : bien que légèrement en retard sur ses camarades, elle apprend assez bien. Par contre, elle trouble la classe par ses mouvements incessants et intempestifs. Elle ne peut rester assise sur son banc. Il lui arrive plusieurs fois, durant la leçon, de se lever brusquement, de quitter sa place pour aller en un point opposé de la classe. IL est impossible de la faire retourner immédiatement à son banc : si l’on insiste, elle crie et pleure, dès qu’on ne fait plus attention à elle, elle y retourne spontanément. Malgré son âge, sa mère ne peut l’intéresser aux soins du ménage, elle fait tout à contre cœur et ne montre aucune aptitude. Sa mémoire est très insuffisante.
L'examen médical ne révèle rien de particulier. Pas d'asymétrie faciale, la voûte du palais est légèrement ogivale, la base du nez aplatie : elle ronfle et dort la bouche ouverte. Amygdales un peu grosses, végétations adénoïdes certaines.
En résumé : Arriérée légère, avec une instabilité physique très marquée. Enfant entétée et colère (la question de l’épilepsie est à discuter). Mémoire presque nulle. Pas d'antécédents. Il faut signaler les végélalions adénoïdes.
OgsErvATION JII
(Recueiliie à la consultation médico-pédagogique.)
S... Louise, sept ans. Une sœur morte en bas âge. Antécédents héréditaires. — Ni tuberculose, ni alcoolisme, ni syphilis. Mère morte de la fièvre typhoïde. Père vivant, bien portant. Milieu honnête et travailleur. Antécédents personnels. — Née à terme. Nourrie au sein A (4 9 , par sa mère. Pas de convulsions dans l'enfance. N'a com-
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mencé à parler correctement qu'à quatre ans : auparavant sons incompréhensibles; n’a pu marcher qu’à deux ans. Elle a été propre de bonne heure. Quoique toujours chétive, n’a pas été malade. Elle commence seulement à se développer. Elle va en classe depuis deux ans : elle ne sait lire que
quelques lettres, ne sait pas écrire. Un peu colère. Mouvements inconscients de la tête et des yeux, remue sans cesse sur sa chaise, Pourtant on est frappé par son air intelligent ; elle comprend et répond vivement quand on l'interroge. Mais blésité très marquée, rendant certains mots presque incompréhensibles : elle dit j pour s, ch pour r, etc.
L'examen médical permet de constater un retard évident dans la croissance de cette enfant, mais rien d’autre.
En résumé : Arriérée légère par troubles de la phonalion.
OBsERvVATION IV
(Recueillie à la classe spéciale de la rue Pierre-Corneille.)
S..., neuf ans, l'aîné de trois enfants.
Antécédents héréditaires. — Mère bien portante, vingtneuf ans, ménagère. Père, doreur sur bois, trente-deux ans, a eu une pleurésie à dix-neuf ans, qui a été ponctionnée deux fois et a duré un mois. Coliques de plomb soignées à l'Hôtel- Dieu il y a trois ans; malade depuis un an environ, en traitement en ce moment, salle Sainte-Elisabeth (service de M. le professeur Lépine) pour une tuberculose pulmonaire (marche rapide). Buvait à vingt ans deux à trois absinthes par jour. Il a fait de grands excès d'alcool et d'absinthe jusque vers trente ans. À cessé de boire depuis huit mois environ. Pas de syphilis.
Antécédents personnels. — Né à terme, mis en nourrice par sa mère. N'a pas eu de convulsions, mais n’a marché qu’à deux ans et demi. Il avait une grosse tête, il a gardé
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jusque vers quatre ou cinq ans du strabisme qui a disparu depuis. Pas de maladies.
C’est un enfant dissipé, instable, qui troublait une classe ordinaire. Inattentif, il apprend difficilement, bien qu’assez intelligent. D'après ses maîtres, il est absolument indiscipliné. C’est en plus un mauvais sujet. Il s'échappe de chez lui ou de l'école pour courir dans la rue, grimpant sur les tramways ou les marchepieds des voitures, ne cherchant qu’à briser et à détruire. Il est violent et frappe ceux qui sont moins forts que lui. Il a dévalisé un jour un de ses petits camarades après l'avoir battu ; un autre jour il s’est emparé d’un portemonnaie et l’a rendu après avoir volé une partie du contenu.
Les prières, les menaces, les encouragements, les corrections même administrées par ses parents n'ont aucune prise sur lui.
L'examen médical a montré les particularités suivantes : Grosse tête, hémimimie très nette qui frappe à première vue, oreille mal ourlée, voute ogivale. La taille et le développement sont normaux pour un enfant de son âge. Teint pâle, quelques ganglions au cou. Il se plaint par instant de soufirir de ses oreilles, particulièrement la gauche : on trouve de ce côté un point douloureux à la pression de la pointe de la mastoïde. Elles n’ont jamais coulé. L'examen du système nerveux montre des zones d’anesthésie variable, et une légère exagération des réflexes rotuliens. L'examen | des divers appareils est resté négatif.
En résumé : arriéré moyen. Perverti, à tendances anfisociales, à hérédité saturnine et tuberculeuse très
nette. Hydrocéphalie dans la première enfance.
OBsERVATION V (Recueillie à la consultation médico-pédagogique.)
G... Georgette, dix-sept ans, la cadette de ps enfants vivants et normalement développés.
Antécédents héréditaires. — Le père est mort à quarante et un ans. Il avait eu la syphilis et semble avoir succombé après une longue maladie: paralysie générale progressive et tabes, d’après les détails fournis par sa femme. Il avait fait des excès éthyliques. À la naissance de Georgette, il avait déjà ressenti les atteintes de la maladie qui devait l’emporter six ans après.
La mère est vivante, âgée de cinquante-huit ans. Elle a fait trois fausses couches.
Antécédents personnels. — Née à terme, a été nourrie au sein par sa mère.
Pas de convulsions dans l'enfance. Elle a marché à quatorze mois ; a commencé à dire papa et maman à huit ou dix mois, puis en est restée là jusque vers trois et quatre ans, époque à laquelle elle s’est mise à prononcer les mots à peu près correctement. Les oreilles ont coulé vers l’âge de six ans. À signaler un premier érysipèle à dix-huit mois et un second à huit ans. Réglée depuis cinq ans. L'établissement de la puberté semble avoir eu plutôt une influence néfaste sur son état mental. Rougeole à huit ans.
Elle donne l'impression d’une enfant de dix ans par son aspect et ses allures extérieures : la taille, l'éxpression de la physionomie, les gestes sont ceux d’une enfant de cet âge. Lorsqu'on l'interroge, elle répond machinalement, au hasard sans réfléchir le moins du monde. Elle ignore le nom de la ville où elle se trouve, mais peut dire le nom de la rue et le numéro de la maison où elle habite.
Elle lit et écrit très mal. En calcul, elle sait tout juste faire une addition très simple. Elle ne connaît pas la valeur de l'argent; quand on lui présente une pièce de 5 francs, elle répond 3 francs ou 4 francs. Elle répond « argent » qnand on lui montre une bague ou une montre en or.
Elle a bon caractère, dit sa mère, mais pourtant celle-ci avoue que parfois elle prend des colères très vives. Toute la journée, elle reste inoccupée, parlant et chantonnant toute seule.
Elle n’a pas de mémoire, mais peut faire quelques commissions. Elle est maladroite, mais sait s'habiller seule. Elle est propre, pas d’incontinence nocturne d'urine.
L'examen médical donne les renseignements suivants : aspect infantile, pas d'asymétrie faciale, ni d’hémimimie. Oreille mal ourlée, lobule complètement adhérent.Il y a six ans, ses deux oreilles ont coulé. Langue rugueuse crevassée (signe fréquent chez les anormaux). Voûte ogivale. Strabisme. Légère inégalité pupillaire, la pupille gauche est plus grande que la droite. Le thorax est assez mal développé pour l’âge, les seins ne le sont pas du tout. L'enfant a été d’abord très effrayée par l'examen médical, elle pleurait et se débattait lorsqu'on a voulu l’ausculter.
Rien aux différents appareils. Le corps thyroïde est un peu gros ; la mère prétend que le cou de son enfant grossit de temps en temps.
En résumé : Enfant très arriérée. Hérédité syphilifique et alcoolique. Érysipèle ef rougeole dans l’enfance.
OBsERVATION VI
(Recueillie à l’asile de Bron dans le service de M. le professeur Pierret.)
D... Adrien, quinze ans et demi.
Antécédents héréditaires. — Père, trente-cinq ans, employé de bureau, bien portant, ni alcoolisme, ni syphilis. Mère trente-quatre ans, bien portante, un peu nerveuse.
Antécédents personnels. — Né à terme. Pas de convulsions dans l'enfance. Hydrocéphalie. À marché et parlé comme les autres enfants, malaises fréquents jusqu'à neuf ou dix ans ; a fréquenté l’école jusqu’à quatorze ans, sans grands progrès. Crises épileptiques ayant débuté en 1904. Depuis ce moment, son intelligence s’est beaucoup affaiblie,
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au dire de son père, qui l'amène à l'asile. Quelques jours avant son entrée, il a présenté une excitation voisine de la fureur ; au cours d’un de ces accès, il a donné un coup de poing dans une vitre et s’est coupé un tendon extenseur de la main. Il ne veut plus coucher dans son lit.
Examen somatique. — Taille : 1 m. 65.
Bon état général. Pas de ganglions. Voûte ogivale. Dentition assez régulière. Pouls 76. Son visage accuse un peu son infériorité psychique. Il rit et fait sans cesse des grimaces. Adhérence du lobule de l'oreille. Front bas, aplatissement de l’occiput. Asymétrie faciale. Implantation très basse et irrégulière des cheveux.
Sensibilité générale normale,
La vue est bonne. Inégalité pupillaire. Pupille droite plus grande que la gauche.
Il reconnaît les objets usuels. Sens chromatique peu développé (il prend du jaune pour du blanc et il hésite pour le vert). Il entend bien (il perçoit la montre des 2 côtés à 90 centimètres).
Sens tactile peu développé. Il ne reconnaît pas au toucher, les yeux fermés, des objets usuels qu’il nomme, les yeux ouverts. La parole est distincte, mais monotone.
Démarche un peu traînante ; il ne sait pas courir. Instabilité des membres supérieurs et inférieurs, surtout marquée du côté droit. Réflexes tendineux exagérés à droite. Il est droitier, mais la force musculaire est plus développée à gauche.
Masturbation effrénée. Verge en battant de cloche.
Il a pris quelques crises épileptiques à l’asile : l’une particulièrement forte à la suite d’un embarras gastrique fébrile.
Examen psychique. — Distraction facile, pourtant il s’intéresse à ce que l'on écrit de son interrogatoire. 1l regarde en dessous lorsqu'on lui parle ou qu’il répond.
Instruction rudimentaire. Il sait lire et écrire, mais ne connaît pas toutes les lettres de l'alphabet. Il ne sait pas
lire l'heure à une montre. Il peut compter, mais ne peut faire une opération simple. Il reproduit très mal un dessin et dessine très mal spontanément.
La mémoire est très faible. Test de chiffres proposés 24.790, chiffres reproduits 24.891 (les chiffres avaient été regardés trente secondes et reproduits aussitôt après).
L'association des idées est insuffisante, la perception incomplète. Le jugement et le raisonnement sont presque nuls. Il ne peut arriver à compléter des phrases simples comme celles-ci : Le charbon est ..... Le papier est... en indiquant les couleurs de chaque objet désigné. Lorsqu'on lui propose de répondre à une question facile et de faire attention, il répond sans réfléchir et immédiatement : « Je ne peux pas ou je ne sais pas. » Tout en écrivant il parle seul et à haute voix, se corrigeant quelquefois.
Il semble aimer ses parents; mais sa situation à l'asile lui paraît supportable, sinon indifférente. Il lui est arrivé de battre sa mère dans des crises de fureur. Il taquine ses camarades jusqu'à ce qu'il en reçoive une correction. Il sent ce qui est bien et mal et n'est pas tout à fait dénué de sens moral. Sa famille le fait sortir tous les mois pendant quelques jours. Il prend goût à ces distractions et les raconte avec satisfaction. Signalons enfin chez lui une suggestibilité extrême qui permet de lui faire répondre à quelques minutes d'intervalle le contraire de ce qu'il a dit un instant auparavant.
En résumé : Arriéré, épileplique, impulsif el méchant.
OBservATION VII
B... Louise, seize ans. L’ainée, deux frères et une sœur bien portants et normaux.
Antécédents héréditaires. — Père et mère vivants, bien portants. Etant enceinte de Louise (sept mois), la mère a fait une chute à la suite de laquelle elle a eu une violente
J, Le 5