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hémorragie. Elle a terminé sa grossesse sous la menace constante d’un accouchement prématuré. On n’a pas de renseignements sur l'alcoolisme ou la syphilis.
Antécédents personnels. — Naît étonnée. Nourrie au sein par sa mère. Pas de convulsions dans l'enfance. Début de la marche : quatre ans. Elle commence à parler plus tard encore. Pas de maladies graves dans l’enfance. Réglée le 7 décembre 1907 une première fois, les règles ne réapparaissent qu’en février 1908, pour revenir une troisième fois, une quinzaine de jours après son entrée à l'asile. Elle a présenté à ce moment une période d’excitation très marquée.
Elle a été admise à l'institution de Villeurbanne (Sourds- Muets), comme arriérée en 1901. En mai 1908, elle rentre à l'asile de Bron. Le certificat médical s'exprime ainsi: « Cette enfant présente depuis quelques mois, des symptômes psychiques qui paraissent la conduire rapidement à l’aliénation mentale ». Le certificat du commissaire de police rapporte en ces termes les dépositions du directeur de l’Insütution de Villeurbanne : « Elle n’a jamais pu apprendre « quelque chose et elle m'a toujours paru n’avoir pas toute « sa raison, mais actuellement son état s’est aggravé... et « elle prend de véritables crises de fureur. Elle ne répond « pas aux questions et ne se rend point compte de ses actes. « Elle se promène à peu près nue dans le dortoir. Elle est « gâteuse, puis quand elle prend des crises, elle déchire
« ses vêtements et frappe les autres pensionnaires, surtout « les enfants, et ensuite s’arrache les cheveux et se mord « les mains. »
Examen physique. — Assez forte, bien constituée. Blonde, rougit facilement. Seins bien développés.
La physionomie est inexpressive. Pas d'asymétrie faciale. Figure un peu bouffie. Le maxillaire inférieur est en retrait sur la face. Scoliose gauche. Rien au cœur ni au poumon. L'abdomen est souple. Pas de troubles de la sensibilité. Les ovaires ne sont pas douloureux. Les réflexes rotuliens
mo ANR pe TEE TE 4 à A
sont brusques et légèrement exagérés. Un peu de trépidation épileptoïde.
L'appareil digestif fonctionne bien. Pas de constipation.
Urines, normales.
Onychophagie. Elle blèse un peu.
Examen physique. — Louise reste immobile sur un banc, parle peu, mais se conforme aux grandes règles du service. Elle ne sait pas son âge, ni les mois, ni l’année. Elle sait qu’elle est à Bron, et qu’on y met des fous. Elle se défend d'être folle.
Elle a été presque six ans à l’école. Elle sait épeler les mots mais ne peut lire et écrire correctement. Elle ne sait pas faire correctement une addition (2+2—6). Elle écrit mieux son prénom que son nom ; elle convient elle-même qu'elle écrit assez mal. Elle passe facilement d’une idée à l’autre. Obéissante, un peu craintive, elle a gardé quelques souvenirs de son institution ; elle dit souvent qu’on lui faisait des misères, qu'on la taquinait, les jeunes gens surtout (ce qui ne lui déplaisait pas), dont deux lui ont laissé un souvenir plein d'intérêt. Elle s'approche de vous et vous serre tout à coup la main et parle de la jalousie des autres malades à la voir causer avec vous. Elle se prête à l'examen somatique avec un visible plaisir.
Elle exécute très mal la reproduction de modèles très simples et fait spontanément des dessins irréguliers et sans valeur, mais elle trouve très bien ce qu’elle fait et paraît être très satisfaite de son talent. Elle attire l'attention sur ses bagues et ses bracelets de perle qu’elle fait admirer à tous ceux qui viennent lui adresser la parole.
En résumé : arriérée, coquetterie et puérilité sous l'influence des préoccupations génitales, C'est là l’écueil de la méthode du D' BourNevizre que nous avons déjà signalé; à la puberté, disait M. Prerrer dans une clinique, les garcons deviennent masturba-
JE: pare leurs, les filles également étant souvent en plus exhibitionnistes. 2
Les deux observations suivantes ont trait à deux malades du service de M. Prerrer, à l'asile de Bron, chacune nous montre la fin d’un anormal après une vie plus ou moins agitée.
OrsEeRvATION VIII
À... Joseph, trente ans, ébéniste, célibataire.
On ne connaît rien sur ses antécédents héréditaires.
Voici son histoire : il ne se rappelle rien sur son enfance. Il a fréquenté très régulièrement l’école, cependant il sait lire, écrire et compter ; il a quelques notions rudimentaires d'histoire et de géographie. Vers dix-huit ans, il quitte la maison paternelle où il travaillait et se rend en Suisse, séjournant six à huit mois dans chaque ville (Genève, Lucerne, etc.). Là il exerçait sa profession, mais très irrégulièrement, changeant de patron tous les mois, ne se trouvant bien nulle part. Il ne pouvait travailler plusieurs jours de suite, et préférait rester inoccupé une partie de la semaine. Il commence à boire du vin et de l’absinthe. Il rentre pourtant en France pour faire son service militaire. Alors, commence une histoire invraisemblable, qui aboutit à la désertion. Au régiment, il ne pouvait s’aligner sur le même rang que ses camarades ; il ne pouvait supporter le bruit des pas durant les marches : « cela lui faisait mal aux oreilles ». « Le mouvement se reproduisait, dit-il, dans ses yeux et lui était insupportable. » Plusieurs fois il restait immobile dans un coin de la chambrée sans vouloir en sortir, malgré les ordres donnés. Vers la même époque, il s'aperçut également que le roulement des voitures, la nuit surtout, lui devenait insupportable. Il reproduisait inconsciemment les gestes ou l'expression de physionomie de ceux qui lui parlaient, et se fit plusieurs fois punir pour s'être moqué de ses supérieurs. Après avoir
CPERSTPCT ET Er
purgé plusieurs mois de prison et de nombreux jours de salle de police pour les motifs les plus divers, il reprit ses occupations et rentra dans la vie civile. Son existence errante recommence avec mille péripéties, dont certaines l’amènent devant le juge d'instruction. Voici son casier judiciaire jusqu’à son entrée à l’asile, motivée par sa dernière inculpation :
Juin 1897 : coups et blessures. . . 8 jours de prison. Juin 1904 : vagabondage . , , . 1 — Janvier 1905 : vol . . . . . . 1 mois de prison. Juillet 1905 : vagabondage. . . . 2 jours de prison. Mars 1906 : rébellion, outrages et
violence aux agents. . . . . . . 2 mois de prison, Mars 1907 : inculpation d’outrage pu-
bhelæ pudeur 7%. RENE —
C’est un malade calme depuis son entrée, Il se promène tête et pieds nus. (Il a quitté ses souliers sous prétexte qu'ils le faisaient souffrir, de même le port d’une coiffure lui donne mal à la tête.) Il cause seul par instants, et ses paroles sont accompagnées ou suivies d’une certaine mimique. Il répond lentement à toutes les interrogations d’une voix entrecoupée de soupirs. Il hésite par moments dans sa prononciation.
Il croit que son père l’a amené pour chercher du travail ; cependant, depuis quelques mois, 1l se croit persécuté par les gardiens et les fous, et demande instamment de sortir. Ce qui frappe le plus chez lui, c'est son attitude. Il se ferme la bouche de la main gauche, et de la main droite s’obstrue l'oreille avec le pouce, tandis que les autres doigts entoure l’occipital. Interrogé à ce sujet, il répond qu'il se tient la mâchoire de peur qu’elle ne tombe, car elle est détraquée, et qu'il se bouche l'oreille pour ne pas entendre le bruit, car il lui semble qu’en parlant «tout ce qu'il a dans la tête va s'effondrer ». Parfois, il se roule par terre, la tête entre les mains, en poussant des cris perçants. Il devient égale ment agressif vis-à-vis de quelques-uns de ses camarades
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moins forts que lui, et les frappe à coups de poings et de pieds-0 0
Examen médical. — Asymétrie faciale, voûte ogivale, oreilles non ourlées. Lobules adhérents, implantation irrégulière des cheveux. Réflexes pupillaires normaux. Pupille droite plus grande que la gauche. Celle-ci réagit plus paresseusement à la lumière et à l’accomodation. L'examen des divers appareils ne donne rien de particulier. Quelques traces d’indican dans les urines. Son état va s’aggravant depuis quelques mois. Il se plaint de ne pouvoir manger à cause des mauvaises odeurs qu'on répand dans ses aliments. Il se promène complètement débraillé (veste et chemise ouverte, pantalon déboutonné). Il a conservé la même attitude qu’à son entrée, mais sa démence s’accentue. Son regard devient irrité par moments.
Résumé : Propre à rien. Alcoolique. Auditif. Exhibitionniste. Déserteur. (Pas trace de syphilis.)