AVERTISSEMENT
instructifs que tout ce qu'on pourrait dire. Apprécier, Louer, blâmer (ici nous ne voy.ons pas place an blâme , à quoi bon quand il s'agit de l'armée française ci de l'hôtel dv> Invalides? Louer Louis XIV, louer Napoléon Ier! Phrases superflues , rhétorique inutile ! La postérité la plus reculée*, pleine d'admiration, ne les louera-t-elle pas assez quand fous deux se présenteront devant elle tenant à la mawi, l'un son ordonnance qui fonde l'hôtel des Invalides. l'autre son décret qui institue la Légion d'honneur?
C'est à l'hôtel des Invalides, dans 1,'église Saint- Louis, que ce décret a reçu sa première sanction; que celte grande institution de la Légion d'honneur a été inaugurée; création du grand Empereur complétant celle du grand Roi, avec cet avantage qu'elle honore et récompense tous les talents, tous les mérites et toutes les vertus, tandis que la première ne récompense que la vertu et le malheur guerriers.
Lejeune de Bellancourt, Félicien des Avaux, Joseph Granet, l'abbé Perau , M. Gentil de Ikissy. ont, à diverses époques, publié des descriptions historiques de l'hôtel des Invalides. Mais ces publications, dit M. Solard en tête de son remarquable livre, ont été presque exclusivement consacrées à la partit; artistique et architecturale.
Ce dernier, comme il le dit lui-même, a traité ce sujet au point de vue militaire, historique et social. Son livre a paru en 18io.
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En ISoi, M. de Chamberet a publié sous ce titre : De l 'institution et de l'hôtel des Invalides, leur origine^ leur histoire, un travail très-recommandable qui a le double mérite de l'exactitude et de la brièveté. Aussi nous serions-nous abstenu de refaire après eux cet ouvrage si nous n'avions eu plusieurs pages importantes à y ajouter.
En 1845, en 1854, l'hôtel des Invalides, comme monument, n'était pas achevé ; il ne l'a été que du jour où , après vingt ans d'attente dans la chapelle Saint-Jérôme, la dépouille mortelle de Napoléon Fr a été pour toujours et irrévocablement scellée dans le gigantesque sarcophage qui depuis si longtemps l'attendait sous le dôme.
Aujourd'hui le sort du monument , le sort de l'institution est fixé; 1670 et 1861 seront toujours les deux grandes époques de l'histoire des Invalides qu'on peut considérer comme achevée aussi. Sans doute l'avenir y ajoutera encore de nombreuses et glorieuses pages, mais ce ne seront que des faits particuliers qui n'en changeront point le caractère général. Les murailles et la voûte du temple s'enrichiront encore de nouveaux trophées. Autour de- Turenne, de Yauban , de Bertrand et de Duroc ; autour de Napoléon et de ses plus illustres compagnons d'armes, viendront reposer les plus dignes héritiers de leur gloire ; mais reliques de la gloire et reliques de la mort, accumulées dans l'église et
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dans la nécropole, n'en altéreront ni la physionomie ni la structure. L'Hôtel restera ce qu'il est, et ainsi, après tant de vicissitudes et d'orages qui ont failli la faire disparaître, la plus belle institution de Louis XIV, à jamais protégée par l'ombre de Napoléon, vivra aussi longtemps que la France gardera nom et rang dans le monde.