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LIVRE TROISIÈME

Après avoir reçu ces trophées des mains du général Favier, commandant la place de Paris, le maréchal prononça le discours suivant :

« Messieurs,

» Cent victoires remportées dans le cours de vingt campagnes avaient aggloméré dans cette enceinte quinze cents drapeaux pris aux ennemis.

» A cette longue carrière de gloire ont succédé quelques journées malheureuses, les trophées ont disparu.

» Ceux nouvellement conquis par l'armée d'Afrique les remplaceront aux voûtes de ce temple. Ils sont d'un heureux présage; ils attestent que la valeur française n'a pas dégénéré; que notre nouvelle armée est animée du feu sacré de la patrie , et que, marchant sur les traces de nos vieilles phalanges, elle saura faire respecter nos libertés et notre indépendance, et repousserait au loin l'ennemi imprudent qui tenterait d'envahir le territoire français. »

Par ordonnance du 1 3 août , le lieutenant général baron Dalesme est appelé au commandement de l'Hôtel, en remplacement de M. le comte de Lussac, qui occupait cet emploi depuis 1 821 .

Latour - Maubourg ( Marie - Victor - Nicolas - Fay , marquis de) naquit à Lamotte de Galande le

22 mai 17G8. Il entra en 1782 comme sous-lieutenant dans le régiment de Beaujolais, infanterie, et devint en 1 786 capitaine dans le régiment d'Orléans, cavalerie. Il passa en 1 789 dans les gardes du corps, et se trouvait à Versailles lors des journées des 5 et 6 octobre; il donna alors au roi des preuves de fidélité et de dévouement. Il suivit son frère lorsque celui-ci accompagna la Fayette clans sa fuite, et ne rentra en France qu'avec lui en 1797. Il reprit alors son grade dans l'armée et se rendit en Egypte, où il fut attaché comme aide de camp à la personne de Kléber. Il fut grièvement blessé en défendant la place d'Alexandrie contre les Anglais. Revenu en France, il fut nommé, par le gouvernement consulaire, colonel du 22e de chasseurs à cheval, et se distingua à la bataille d'Austerlitz, à la suite de laquelle l'Empereur le fit général de brigade. Sa conduile brillante lui valut, à la suite de la bataille d'Eidelberg, le grade de général de division : il fut encore blessé à Friedland. En 1808, il passa à l'armée d'Espagne et reçut le commandement du corps du Midi. Il prit une grande part aux affaires de Cuença , de Santa-Martha et de Villalba , au siège de Badajoz, à la bataille de Gebora. La modération, la prudence dont il fit preuve durant cette campagne lui attirèrent l'estime des Espagnols, qui lui en donnèrent les marques les plus flatteuses, notamment, lors de la retraite de Cordoue. Il quitta

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