‹ Les InvalidesChapitre 100 sur 322 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

tion de l'Egypte, étaient dans le château d'If lorsque Louis XVIII ordonna, en 1818, qu'ils fussent recueillis pour être déposés dans un monument élevé à sa gloire dans la ville de Strasbourg.

Aujourd'hui, 5 avril 1830, ont eu lieu les obsèques de M. le maréchal comte Gouvion Saint- Cyr; la cérémonie religieuse a été célébrée à l'Hôtel. Le convoi s'est ensuite dirigé vers le cimetière de l'Est dans l'ordre suivant : un détachement de gendarmerie à cheval, l'état-major de la division et de la place, un bataillon du 5e régiment, un bataillon du 50e; le char funèbre attelé de six chevaux; des sous - officiers vétérans marchant de chaque côté ; dix voitures de deuil et un très-grand nombre de voitures de maître dans lesquelles étaient les maréchaux de France présents à Paris, le grand référendaire, les pairs, les députés, les lieutenants généraux, les maréchaux de camp et les officiers supérieurs en uniforme. Suivaient un bataillon du 53e régiment et un du 1 5e. Une forte haie de spectateurs s'était formée sur toute la ligne du passage. Le cortège étant arrivé au lieu de la sépulture, les honneurs militaires ont été rendus à l'illustre défunt.

Le 25 juin, le roi de Naples a honoré de son auguste visite les pensionnaires de l'Hôtel ; ce souverain s'est montré plein de bienveillance et d'aménité.

N'ayant pas, comme la garnison, pris une part active à la révolution de Paris, les invalides l'acceptèrent comme un fait accompli. Toutefois ce ne fut pas sans une bien vive émotion qu'ils virent flotter de nouveau sur leur tête le drapeau aux couleurs nationales, sous lequel ils avaient si longtemps et si glorieusement combattu.

Quelques jours après , le général A^illelume écrivait au gouverneur que les invalides de la succursale d'Avignon avaient également arboré le drapeau tricolore, et que la tranquillité n'avait pas été troublée un seul instant.

Le canon de l'Hôtel venait d'annoncer à la capitale qu'Alger venait de tomber au pouvoir de notre armée, et que là, comme en France, le drapeau national flottait sur tous les points de notre nouvelle conquête.

Le vainqueur de Fleurus, le maréchal Jourdan, qui venait de succéder au marquis de Latour- Maubourg , fut reçu avec enthousiasme par les invalides , dont beaucoup se rappelaient avoir combattu sous ses ordres.

A peine installé dans son gouvernement , il eut à recevoir les trophées résultat de notre nouvelle conquête, c'est-à-dire soixante et onze drapeaux et étendards qui furent immédiatement appendus aux voûtes de l'église avec tout l'éclat et la pompe possibles.

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