LIVRE TROISIEME
grande armée. Il combattit à Dresde, à Lutzen, à Leipzig.
• Gouverneur de la seizième division militaire à l'époque des Cent- Jours, il arriva à Lille un peu avant Louis XVIII, et accompagna ce monarque, qui se rendait à Gand, jusqu'au bas des glacis de cette forteresse.
Le Roi, ayant décidé, le 30, que le service funèbre de M. le maréchal Mortier duc de Trévise, et des autres victimes de l'attentat du 28 juillet serait célébré le lundi i août à l'hôtel des Invalides, et que les corps seraient inhumés dans le caveau de l'église, a ordonné en même temps :
•1° Que la veille au soir les restes mortels des victimes seraient déposés dans une chapelle ardente préparée à cet effet dans l'église Saint-Paul, pour être conduits le lendemain, 4 août, aux Invalides, où , arrivés à la grande grille , ils seraient reçus par le clergé de l'établissement, et conduits aussitôt à l'église ;
2° Que les cours, les passages, les façades et l'église seraient décorés avec une grande magnificence.
Des ordres ayant été donnés en conséquence, le 4 août celte mémorable cérémonie eut lieu comme il suit :
Une magnifique température a secondé l'élan religieux de la capitale. La garde nationale, l'ar-
mée, la population entière de Paris, à laquelle s'était joint un nombre considérable d'habitants de la banlieue et des départements, étaient accourues pour acclamer le Roi et les princes, échappés si miraculeusement au plus grand péril, et rendre en même temps un pieux hommage aux victimes tombées sous les coups des régicides.
Dès six heures du matin, le rappel s'était fait entendre, et bientôt les légions, réunies au plus grand complet, ont pris, ainsi que les troupes de ligne de toutes armes, le rang qui leur était assigné, depuis l'arsenal et la place de la Colonne de Juillet jusqu'à l'hôtel royal des Invalides. Les drapeaux des régiments et des légions étaient garnis de crêpe; tous les officiers portaient ce signe de deuil; les tambours étaient voilés. Une foule étroitement serrée garnissait les boulevards , les quais et les ponts que le cortège devait traverser; toutes les fenêtres des maisons étaient encombrées, et jusqu'aux toits, tout était occupé. C'est en silence, dans un profond recueillement, c'est sous l'empire des souvenirs si cruels de l'attentat du 28 juillet, sous l'inspiration religieuse et consolatrice de la solennité du jour, qu'un demi-million d'âmes attendait l'imposant et salutaire spectacle qui allait lui être offert.
Vers onze heures , la reine , madame Adélaïde , les princes et les princesses du sang sont sortis du