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LIVRE TROISIÈME

pression produite sur les députations, sur les troupes, sur les invalides, et sur toutes les personnes présentes dans ce moment solennel.

Le Roi est alors rentré dans l'église, chaque cercueil a été lentement porté sur l'estrade qui lui était destinée, aux accents d'une musique funèbre et aux coups retentissants du tam-tam; et Ton y a vu au même instant apparaître les insignes de chaque victime, depuis la fleur virginale jusqu'à la couronne ducale qui s'élevait au-dessus du catafalque principal.

Le service a commencé : une grand'messe de Requiem a été chantée ; monseigneur l'archevêque de Paris a officié.

Après la messe , l'abbé Landrieux a été conduit à la chaire, et a prononcé l'oraison funèbre des victimes de l'attentat. Ce discours a été entendu avec un profond recueillement.

Monseigneur l'archevêque de Paris, accompagné de son clergé, est allé ensuite jeter l'eau bénite. Le Roi , accompagné des princes ses fils , est venu saluer le catafalque et s'est retiré ; la Reine l'a suivi quelques moments après , et l'assemblée s'est séparée, dans un profond silence, à quatre heures et demie.

Après la cérémonie, le Roi est monté à cheval, a traversé les rangs de la garde nationale et de la troupe de ligne, qui, pendant la cérémonie, s'étaient

rangées en colonnes serrées, partie sur l'esplanade des Invalides et partie dans le jardin des Tuileries, où le Roi et sa famille ont eu de nouveau à répondre à l'expression, toujours aussi vive, aussi animée, des sentiments de respect, de reconnaissance et de dévouement de la population et de l'armée.

Pendant toute la cérémonie, et à partir de l'arrivée du Roi aux Invalides, des décharges d'artillerie se sont fait entendre de cinq minutes en cinq minutes.

Le soir, à six heures, le Roi et la Reine, sans escorte aucune, en voiture de ville, se sont dérobés à l'empressement des nombreux visiteurs qui affluaient aux Tuileries, et sont allés porter des consolations à la duchesse de Trévise.

Le 4 août 1836, le roi de Naples, accompagné du prince de Salerne et d'un officier général de son état-major, a honoré de sa visite l'hôtel royal des Invalides.

Le 18 août, remise à l'Hôtel de sept drapeaux et étendards pris sur Abd-el-Kader au combat de la Sic-Hak.

Le 5 décembre 1837, l'église des Invalides dut retentir encore de chants funèbres, en l'honneur du lieutenant général comte de Damrémont, tué devant Constantine le 12 octobre 1837.

Les princes fils du Roi, jaloux de donner un témoignage public d'estime au héros enseveli dans

son triomphe, voulurent assister à cette cérémonie.

Le corps du général en chef de l'expédition de Constantine avait été placé, avec les insignes de son grade, sur un superbe catafalque, élevé sous le dôme de l'église. Aux quatre angles du catafalque flottaient les drapeaux pris sur les Arabes; là se tenaient MM. les lieutenants généraux de Mortemart, Colbert, Neigre et Fleury, et quatre sousofficiers décorés, représentant les quatre armes de l'infanterie, de la cavalerie, de l'artillerie et du génie.

La famille du général Damrémont était derrière le corps, ainsi que les personnes qui avaient été chargées de la translation.

MM. les pairs de France étaient à droite du catafalque, sur l'emplacement de la chapelle Yauban, ayant près d'eux, et à leur gauche, les membres de la Cour de cassation, du Conseil royal de l'instruction publique, de l'Institut de France et des diverses Facultés. Le préfet de la Seine, le préfet de police, les maires et le corps municipal de Paris étaient aussi de ce côté.

De l'autre côté, et à gauche, étaient les députés, les membres de la Cour des comptes, de la Cour royale, du tribunal de première instance, du tribunal de commerce, les juges de paix de Paris, le Conseil royal des ponts et chaussées et des mines.

En arrière du catafalque, on voyait un grand

nombre de lieutenants généraux, de maréchaux de camp et d'officiers généraux ou supérieurs de toutes armes.

Les membres du corps diplomatique occupaient une travée à droite près des marches du sanctuaire.

Dans la nef, la haie était bordée par la garde nationale et par la troupe de ligne; les côtés de la nef étaient occupés par le maréchal comte de Lobau et l'étal-major de la garde nationale , par les étatsmajors de la première division militaire et de la garnison de Paris, par des officiers de la garde nationale , par des officiers invalides et par des élèves des écoles militaires.

Un orchestre composé de trois cents musiciens était placé à droite et à gauche de la nef, près des marches du sanctuaire où s'élevait l'autel, en face du catafalque.

L'église était entièrement recouverte de tentures noires semées d'étoiles et de broderies d'argent; l'éclat resplendissant du luminaire en faisait ressortir la magnificence.

S. A. R. monseigneur le duc d'Orléans et les jeunes ducs d'Aumale et de Montpensier sont arrivés un peu avant midi à l'hôtel royal des Invalides. Ils ont été reçus à la grande grille par le maréchal Moncey, et à l'entrée de l'église par M. le curé des Invalides, accompagné de son clergé.

Le prince royal, ses aides de camp, les jeunes

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