LIVRE TROISIEME
commandant supérieur des gardes nationales, \ 830; maréchal de France, 1 831 ; pair de France, 1 81 5 et 1 835; grand-croix de la Légion d'honneur, \ 830. »
Le convoi s'est mis en marche à onze heures; il a suivi l'itinéraire que nous avons déjà fait connaître. Sur toute la route une foule immense, et pourtant recueillie , regardait défiler ce funèbre cortège et en admirait l'ordre parfait. Les sourds roulements des tambours voilés de crêpes, les gémissements entrecoupés d'une musique lugubre, interrompaient , seuls , le silence des larges et belles rues au milieu desquelles se déroulait toute celte triste pompe.
Un peloton de la gendarmerie de la Seine et un escadron de la garde municipale ouvraient la marche. Venait ensuite le général Darriule, commandant la place de Paris, avec tout son état-major. Un peu plus loin , tous les yeux se portaient sur le général Jacqueminot, grave et triste, à la tête de l' état-major de la garde nationale, et suivi de huit bataillons de ses frères d'armes, marchant le fusil baissé, en signe de deuil.
La partie du convoi qui précédait le char a mis près de trois quarts d'heure à défiler. Ce char était attelé de six chevaux noirs conduits par des valets de pied. Les coins du poêle étaient tenus par le maréchal Molitor, le duc de Cazes, le préfet de la Seine et le colonel Delarue , doyen d'âge des colo-
nels de la garde nationale. A droite et à gauche se tenaient deux chefs d'escadron, portant à cheval chacun un étendard, voilé, de la garde nationale. Toutes les dispositions du programme, autour du corps comme sur l'étendue du cortège, ont été exécutées avec un ensemble admirable, où il était facile de reconnaître le zèle et la sollicitude du général Jacqueminot.
Le deuil était conduit par le comte de Turgot, pair de France, gendre de l'illustre maréchal dont la France déplore la mort.
Derrière le char, on apercevait la famille du maréchal, ayant à sa droite le ministre de l'intérieur, conduisant le cortège d'honneur. Venaient ensuite une dépulation de la Chambre des pairs, le corps municipal, les aides de camp du Roi et des princes, un grand nombre d'officiers généraux, une députation de la première division militaire et de la place de Paris, les officiers supérieurs de la garde municipale, de la gendarmerie de la Seine et de^ sapeurs-pompiers.
A la suite du corps, le cheval de bataille du maréchal était mené par deux valets de pied en deuil. On remarquait aussi sa voiture, précédée des gens de sa maison.
Les voitures du Roi et des princes venaient immédiatement après. Enfin la marche était fermée par de très-nombreux détachements de la garde