‹ Les InvalidesChapitre 126 sur 322 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

nationale de Paris, de la garde nationale de la banlieue et de la ligne.

Une demi-heure à peu près avant l'arrivée du convoi aux Invalides, messeigneurs les ducs d'Orléans, de Nemours et d'Aumale s'étaient rendus à l'église. Ils ont été reçus par l'aumônier des Invalides , qui a prononcé un discours auquel monseigneur le duc d'Orléans a répondu quelques mots où respiraient tous les graves sentiments que cette cérémonie était de nature à faire naître dans les aines.

L'entrée du corps dans l'église a été annoncée par une salve d'artillerie. Peu de temps après, l'office a commencé. Les élèves du Conservatoire et les chœurs de l'Opéra ont chanté le Requiem de Ghérubini. Tous les exécutants étaient cachés derrière l'autel, ce qui permettait de jouir de ces magnifiques accords sans être distrait par les mouvements de l'orchestre.

Les princes occupaient le milieu du sanctuaire; derrière eux étaient leurs aides de camp ainsi que ceux de Sa Majesté.

A la droite des princes se trouvaient les ministres; derrière eux les membres du Conseil d'État.

Vis-à-vis , le vénérable maréchal Moncey , à la tête de l'état-major des Invalides.

Enfin l'on remarquait les maréchaux de France ,

les amiraux, et quelques membres du corps diplomatique.

Le comte de Montalivet a exprimé, en quelques mots profondément sentis, tous les regrets qu'éprouvait la garde nationale d'être séparée du brave chef qu'elle avait vu à sa tète dans les jours de danger, et qui avait su se concilier des droits si ineffaçables à son affection, à sa confiance.

Ces paroles, inspirées au ministre de l'intérieur par sa vénération pour la mémoire de l'illustre défunt et par l'amitié qu'il lui avait toujours portée , ont vivement ému madame la comtesse de Lobau. Elle y a fait une réponse touchante et pleine de noblesse. La démarche des représentants de la garde nationale parisienne adoucissait l'amertume de sa douleur, et elle les a priés d'en témoigner toute sa reconnaissance à la brave milice dont ils s'étaient rendus les organes.

Lobau (Georges-Mouton, comte de), né à Phalsbourg le 21 février 1 770, d'une famille de commerçants, n'avait point encore embrassé d'état lorsque la révolution survint. Il en adopta les principes avec un grand enthousiasme, et s'enrôla dès le commencement dans un bataillon de volontaires nationaux du département de la Meurthe, où il fut d'abord simple soldat, et où il devint capitaine. Il fit avec ce corps les premières campagnes aux armées du Nord, et passa en I796 à celle d'Italie, où il devint

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