CHAPITRE DEUXIÈME
De 1715 à 1774.
C'est au gouvernement du Régent et à son édit du 1 7 i'<-\ rier 1711 que le corps si savant et si recommandable de l'artillerie dut l'ouverture des portes de l'Hôtel à ses soldats invalides.
A la vérité, cette arme n'avait pas été exclue par Louis XIV, mais elle n'appartenait pas à proprement parler à l'armée; c'était une institution à part, ayant un grand maître, espèce de ministre et vivant de ses propres ressources.
Au commencement de ce règne l'Hôtel recevait fréquemment les visiteurs du plus haut rang.
En 1716 le czar Pierre I" visita l'Hôtel avec un soin minutieux; il s'enquit de tous les détails de L'administration; il entra dans l'un des réfectoires, où il goûta le vin en portant un toast aux compagnons de gloire de Turenne et de Condé.
La fondation des Invalides de la Neva fut le résultat de cette visite.
A peine monté sur le trône d'Angleterre, qu'il venait d'usurper sur le mari de sa fille, le stathouder de Hollande, Guillaume d'Orange, l'ennemi et rival de Louis XIV, s'empressa de suivre son exemple,