LIVRE PREMIER
en dotant d'une semblable institution la marine de son royaume.
Le 19 juin 1718, dimanche de l'octave de la Fête-Dieu, Louis XV vint assister au salut. Contrairement à leurs privilèges, les invalides ne fournirent pas la garde du jeune roi, qui fut composée de sa maison militaire.
Les invalides murmurèrent hautement des procédés suivis à leur égard par la police du château.
Une gratification accordée aux sergents, caporaux et soldats calma un peu cette effervescence.
Peu de temps après cette visite du Roi, l'Hôtel fut doté de la magnifique esplanade qui complète la grandeur et la beauté de ce monument.
Le 1er juillet 1722 parut l'ordonnance du Roi portant établissement de la charge de secrétaire et garde des archives de l'Hôtel.
Le 10 février mourut le gouverneur, M. de Boy veau. Il servait depuis 1 676 et s'était distingué, sous les yeux du Roi , au siège de Mons en 1 691 . Emporté par l'ardeur de son courage, il avait été criblé de blessures; l'une d'elles nécessita l'amputation du bras droit.
Il fut remplacé par M. de Beaujeu, maréchal de camp, le 22 mars suivant. Il servait également depuis 1 676 et avait été blessé aux sièges de Valenciennes, Douai et Bouchain, et avait combattu à Malplaquet et à Denain.
Il mourut à l'Hôtel le 2G mai 1730.
M. le chevalier de Ganges lui succéda et exerça les fonctions de gouverneur pendant huit années.
M. de Saint -André, maréchal de camp des armées, le remplaça le 11 janvier 1738. Sous son gouvernement il fut déjà question de décentraliser les invalides et de les disperser dans les dilférentes places de guerre, où, suivant l'opinion de M. de Breteuil, ministre de la guerre, leur entretien devrait être moins dispendieux. Ce projet ne £ut pas présenté à Louis XV, qui aimait les invalides et qui n'aurait jamais consenti à ce que l'on portât atteinte à la noble création de son aïeul.
M. de Saint-André mourut le 1er octobre 1742.
Il eut pour successeur M. de la Courneufve , qui, lui aussi, prit part à tout ce qui se fit d'avantageux pour l'Hôtel sous le ministère remarquable de Voyer-d'Argenson , successeur de M. de Breteuil.
La reprise des hostilités amena de nouveau un très-grand nombre de pensionnaires. Il fallait donc assurer le sort de tant de braves. La situation des otliciers attira tout d'abord l'attention du gouverneur. Confondus avec ceux qu'ils avaient commandes sur les champs de bataille, les officiers de l'armée ne demandaient qu'à la dernière extrémité leur admission à l'Hôtel.
C'est alors que fut décrétée la construction des bâtiments dits Pavillons des officiers.