LIVRE TROISIÈME
Les marins de la frégate placent le cercueil dans l'intérieur du magnifique catafalque destiné à le recevoir. Monseigneur l'archevêque de Paris monte à l'autel avec son clergé, il célèbre la messe; le Requiem de Mozart est chanté. Vingt et un coups de canon annoncent que les cinq absoutes vont commencer. A la fin de la dernière , le Roi et les princes viennent jeter l'eau bénite sur le corps , et à la suite d'un De profundis, le Roi et la famille royale se retirent.
Immédiatement après la cérémonie, l'épée est remise entre les mains du gouverneur, à qui la garde en est confiée. En la recevant, le maréchal la presse sur ses lèvres avec la plus vive émotion.
En même temps qu'une copie de ce procèsverbal a été déposée aux archives de l'Hôtel , dont il est la page la plus glorieuse , ampliation en a été adressée au maréchal président du conseil, ainsi qu'aux ministres de l'intérieur et de la guerre.
Un fier et juste sentiment d'orgueil avait rassemblé sur ce point, avec des myriades [de provinciaux, la population entière de la capitale et des environs , tous avides de rendre un solennel et dernier hommage au géant des batailles. A cette foule s'était joint un nombre considérable d'étrangers qui venaient saluer les cendres du guerrier fameux qui leur avait imposé des rois de sa race, et dont le nom, pendant quinze années, avait fait trembler
l'Europe. Des salves tirées par la batterie triomphale avaient annoncé l'arrivée du cortège à l'église, où déjà étaient réunis, comme il vient d'être dit, le Roi , la Reine , les princes et les princesses de la famille royale, tous les grands dignitaires de la cour, tous les grands corps de l'État , les autorités religieuses, civiles et militaires et la municipalité de Paris.
A la magnificence de ces funérailles illustres il ne manquait que l'auguste famille du nouveau
César Mais la Providence, dans ses desseins
impénétrables , avait décidé qu'elle ne reverrait le sol natal que le jour où le digne héritier de sa gloire devait, à son exemple, sauver la France de l'abîme.
Le 1 5 décembre , concession à l'Hôtel de cinquante-quatre drapeaux et étendards conquis par la grande armée pendant la campagne de 1805, donnés par l'Empereur au Sénat , par décret daté de son camp d'Elchingen , le 1 8 octobre 1 805 , pour, conformément à la loi du 10 juin 1840, orner le tombeau de Napoléon.
Le même jour , concession à l'Hôtel du chapeau que portait Napoléon à la bataille d'Eylau , le 8 février 1 807 , destiné à orner le tombeau.