‹ Les InvalidesChapitre 140 sur 322 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

ministres, des maréchaux de France, des pairs, des députés, des officiers généraux des armées de terre et de mer, des officiers supérieurs et autres, des militaires invalides de tous grades, et l'état-major de la première division et de la place de Paris , des députations des écoles militaires, etc., et un grand concours d'assistants.

Immédiatement après la messe, monseigneur l'archevêque de Chalcédoine a fait l'absoute. Le cercueil a été ensuite retiré du catafalque et placé sur le char funèbre, qui est sorti par la cour Royale et la grande grille pour faire le tour extérieur de l'Hôtel en prenant par la droite.

Le char, précédé de trois divisions de militaires invalides , de tout le clergé , du lieutenant général baron Petit, du sous-intendant militaire, du lieutenant-colonel major et de l'état-major de l'Hôtel , a parcouru les boulevards entre deux haies formées des corps d'infanterie, de cavalerie, de gendarmerie et d'artillerie de la garnison de Paris.

Lorsque le cortège est rentré dans l'intérieur de l'Hôtel, le cercueil a été déposé à l'entrée de l'église, où ont été dites les prières de l'inhumation.

Après l'eau bénite, le maréchal duc de Dalmatie a prononcé le discours suivant :

Discours du duc de Dalmatie, ministre de la guerre. « C'est un dernier adieu que je veux donner à

l'homme de bien, au soldat illustre que la mort nous a enlevé. Lié avec lui depuis quarante ans de la plus étroite amitié, j'ai connu toutes ses vertus guerrières, toutes ses qualités de citoyen; j'ai vu tout le bien qu'il a fait ; je l'ai suivi dans la longue carrière qu'il a parcourue, au milieu des combats où sa gloire s'est fondée. Partout je l'ai trouvé égal à lui-même , modeste , redoutant presque qu'on s'occupât de lui, qu'on le jugeât capable des actions d'éclat qu'il venait d'accomplir. Ainsi lorsqu'en 1794, aux Pyrénées, il fut élevé au grade de général de division, et que le comité de salut public le nomma général en chef, il refusa en disant qu'il ne se connaissait point la capacité de remplir cette tâche ; et pourtant il conduisit à la victoire les braves qui étaient sous ses ordres. AVillanova, il fait deux mille cinq cents prisonniers, prend cinquante pièces de canon et des drapeaux, s'empare de toutes les manufactures d'armes de la Biscaye, et dicte la paix à l'Espagne.

» En Italie, sur le Rhin, en Helvétie, partout où il fit la guerre, il soutint l'honneur du premier rang. La sagacité de Napoléon ne tarda pas à le distinguer parmi tant de soldats d'élite qui se pressaient dans les rangs de nos armées. Nommé en 1801 premier inspecteur général de gendarmerie, il était maréchal de France en 1804. En 1809 il commandait en Espagne le corps d'observation des

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