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LIVRE TROISIÈME

fut surtout vivement senti par les invalides, qui, en l'apprenant, prièrent le général Petit de porter au Roi l'expression de leurs regrets.

Adresse à Sa Majesté.

« Sire,

» La France, paisible et confiante dans les destinées que lui assure le gouvernement de Votre Majesté, voyait avec orgueil sur les marches du trône, un prince doué par la nature des qualités les plus éminentes. La brillante valeur, les glorieux faits d'armes qu'il avait accomplis, en avaient déjà fait l'idole de l'armée, et la pairie se plaisait à placer en lui ses plus chères espérances.

» Heureuse du présent, confiante dans l'avenir, la France croyait n'avoir plus que des actions de grâces à rendre à la Providence , lorsqu'elle se sent tout à coup frappée au cœur.

» Sire, votre douleur n'admet pas de consolation , et nous nous associons avec la France entière aux larmes de votre famille royale. Permettez-nous cependant de placer à côté de l'amertume de nos regrets un mot d'espérance. Ce royal enfant dont la naissance fut une joie publique héritera des vertus de son père, il recueillera de vous ces leçons de sagesse dont la France parle avec amour et l'Europe avec respect.

» Sire , vous êtes accoutumé à compter sur l'appui de la Providence, le concours du pays ne vous manque pas, Dieu protège la France. »

Par ordonnance royale du 21 octobre 1842, M. le maréchal Oudinot, duc de Reggio, est nommé gouverneur de l'hôtel royal des Invalides, en remplacement du maréchal Moncey.

Ce choix comble de joie les invalides, qui, tous, connaissent les hauts faits d'armes et le mâle courage de cet intrépide guerrier.

Ce jour-là parut l'ordre du jour suivant :

« Officiers, sous-officiers et soldats,

» Le Roi vient de me confier le gouvernement des Invalides.

» J'apprécie comme je le dois cette récompense. C'est pour moi un honneur signalé d'être appelé à commander les vieux compagnons d'armes qui, depuis près de soixante ans, ont mes sympathies, et que j'ai rencontrés sur tant de champs de bataille.

» Je suis fier de succéder à l'illustre maréchal Moncey, à ce guerrier, type de patriotisme, dont les vertus militaires seront toujours présentes à votre souvenir ainsi qu'au mien.

» Je m'applaudis enfin de penser que je terminerai ma carrière avec vous et auprès du grand

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