‹ Les InvalidesChapitre 157 sur 322 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

de Dalmatie, est venu le 16 juin I8i2 visiter l'Hôtel, accompagné du duc de Saxe-YVehnar.

Arrivée à la grille d'entrée, Son Altesse Royale a été reçue par le lieutenant général Petit, pair de France, remplissant par intérim les fonctions de gouverneur, les officiers de l'état-major et les fonctionnaires de l'Hôtel.

Le prince s'est ensuite rendu dans la cour d'honneur, où il a trouvé les invalides rangés en bataille , sur les quatre côtés de la cour; après en avoir parcouru le front, Son Altesse Royale s'étant placée en face du portail de l'église, le défilé a commencé.

Après le défilé, Son Altesse a parcouru les diverses parties de l'Hôtel, en commençant par l'église, le dôme, la chapelle Saint-Jérôme, où est déposé le cercueil de l'empereur Napoléon, l'infirmerie, la salle du conseil, la bibliothèque, et enfin plusieurs chambres et dortoirs, et le dépôt des plans en relief des places fortes du royaume.

Dans tout le cours de celte visite, le prince a témoigné plus d'une fois du vif intérêt que lui inspiraient ces vieux militaires, nobles débris de nos anciennes et glorieuses armées. Il avait exprimé le désir que la décoration de la Légion d'honneur fût accordée à leur doyen; que des hommes en punition pour des fautes légères fussent immédiatement relevés des peines qu'ils avaient encourues.

Enfin il s'est montré envers tous plein de

bienveillance et d'aménité; sa visite a laissé aux invalides une impression de satisfaction et de bonheur.

Un mois s'était à peine écoulé que ce prince, l'espoir de la France, expirait non loin du château de jNeuilly, où sa famille résidait.

Le lendemain parut l'ordre du jour suivant :

« Le Roi et la France sont plongés dans la douleur. S. A. R. Mgr le duc d'Orléans, prince royal, est mort hier par suite d'une chute de voiture.

» L'armée partagera cette douleur. Elle déplorera d'autant plus amèrement la perte d'un prince, espoir de la patrie, comme il en était la gloire, qui prit part aux fatigues et aux périls du soldat qu'il aimait, et à qui il donna des marques de sa sollicitude, ainsi que l'exemple de toutes les vertus militaires, même du commandement et de la bravoure la plus éclatante.

» Le deuil sera pris immédiatement dans l'armée, et porté jusqu'à nouvel ordre. Il sera mis des crêpes aux drapeaux, étendards ou guidons; les tambours seront couverts de serge noire; il sera mis des sourdines et des crêpes aux trompettes : les officiers porteront le crêpe à l'épée.

» Le cruel événement que la France déplore excitera le dévouement de l'armée et resserrera les liens qui l'unissent au Roi et à son auguste famille. »

Cet événement, qui mit toute la France en deuil,

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