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LIVRE TROISIÈME

Une cérémonie imposante a eu lieu aujourd'hui, 2 septembre 1844, à l'hôtel royal des Invalides, où ont été déposés les drapeaux conquis à Mogador par l'escadre aux ordres de S. A. R. Mgr le prince de Joinville.

M. le colonel Dumas, aide de camp du Roi, accompagné de M. le capitaine Brouet, chargé par Son Altesse Royale d'apporter à Paris ces glorieux trophées, les a remis, en l'absence de M. le maréchal gouverneur, entre les mains du général baron Petit, commandant de l'Hôtel, qui les a reçus en présence des militaires invalides, rangés sous les armes par divisions.

M. le colonel Dumas, en faisant cette remise, s'est exprimé ainsi :

« GÉjNÉRAL,

» Je viens par ordre du Roi vous remettre les drapeaux enlevés à Mogador par l'escadre aux ordres de S. A. R. Mgr le prince de Joinville.

» Vive le Roi, vive 3Igr le prince de Joinville, vivent nos braves marins ! »

M. le général Petit a répondu :

« Je reçois avec reconnaissance et comme un dépôt sacré ce nouveau témoignage de la valeur de notre brave marine, digne émule de notre brave

armée de terre, toutes deux héritières de notre vieille gloire! »

Hussein-Bey, fils du pacha d'Egypte, et Ahmed- Bey, petit-fils de Son Altesse, autorisés par M. le maréchal, ministre de la guerre, à visiter l'hôtel royal des Invalides, s'y sont présentés, avec leur suite, mercredi 19 du courant. Ils ont visité et parcouru l'Hôtel dans toutes ses parties. Les soins qui environnent le militaire français dans cet asile de la valeur ont particulièrement fixé l'attention de ces nobles étrangers; et ils en ont souvent témoigné leur admiration à M. le lieutenant général baron Petit, commandant de l'Hôtel, qui les a accompagnés pendant tout le temps qu'a duré leur visite.

Le 29 septembre, sur l'avis donné par M. le maréchal duc de Dalmatie, président du conseil, secrétaire d'État au département de la guerre, à M. le maréchal duc de Reggio, gouverneur des Invalides, que, par ordre du Roi, il ferait remettre, ce jourd'hui, entre ses mains, pour être appendus aux voûtes de l'église de l'Hôtel, les drapeaux, étendards et pavillons pris tant à la bataille d'Isly, le 1 4 août 1844, par l'armée que commandait M. le maréchal Bugeaud, qu'à l'attaque de Mogador, les 15 et 16 du même mois, par l'escadre aux ordres de S. A. R. Mgr le prince de Joinville , et que ces glorieux trophées seraient remis à M. le gouverneur, d'après les ordres de Sa Majesté, par M. le lieute-

nant général Séhastiani, commandant !a première division militaire, accompagné de M. le colonel Dumas, aide de camp du Roi, et de MM. Eynard, colonel, aide de camp de M. le maréchal Bugeaud, et Bouet, capitaine de corvette, qui ont l'un et l'autre pris part à ces beaux faits d'armes ;

M. le lieutenant général baron Petit, commandant de l'Hôtel, a ordonné, en l'absence de M. le maréchal gouverneur :

\ ° Que toutes les divisions seraient réunies pour deux heures après midi dans la cour Royale et placées sur plusieurs lignes faisant face au côté nord;

2° Que deux pelotons de vingt-cinq hommes et quatre officiers (composés autant que possible de légionnaires) commandés par un adjudant -major attendraient à la grande grille l'arrivée du cortège et, précédés des tambours, marcheraient en tête jusqu'à l'entrée de ladite cour d'honneur, et que de là ils se porteraient sur leur droite , jusqu'auprès des divisions;

3° Et que les compagnies de la ligne , grenadiers et voltigeurs , chargées d'escorter les trophées des Tuileries à l'hôtel des Invalides, se formeraient en bataille sur les côtés est et ouest de l'Hôtel, qui, à cet effet , auront été laissés libres.

M. le général Petit, accompagné de l' état-major de l'Hôtel, s'est porté jusqu'à la grande grille pour

y attendre les troupes escortant les drapeaux et trophées.

Le cortège arrivé au milieu de la cour d'honneur, M. le lieutenant général Sébastiani, s'adressant à M. le lieutenant général baron Petit, s'est exprimé en ces termes :

a Général,

» Je viens au nom du Roi déposer entre les mains de M. le maréchal gouverneur les trophées conquis par nos braves soldats de l'armée d'Afrique et par nos intrépides marins aux journées d'Isly et de Mogador. »

M. le lieutenant général baron Petit reçoit ces drapeaux, au nom de M. le gouverneur, et prononce le discours suivant :

« Messieurs, »

» Votre présence en ces lieux, la pompe de cette solennité , reportent nos pensées vers les temps de nos succès divers alors que nous apparaissions sur vingt champs de bataille et remplissions le monde du bruit de nos exploits ; car nous aussi nous avons contribué aux grandes destinées de la France ainsi (fu'à ses triomphes.

» Mais le sort des armes est incertain!

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